Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > 2è Partie : La bioeéthique

Quand il s’agit de des êtres vivants

2è Partie : La bioeéthique

Quand il s’agit de l’homme

mardi 24 janvier 2012, par Picospin

À l’inverse, cela peut-il me permettre d’acquérir de nouvelles propriétés tout à fait extraordinaires ? Ce sont pour toutes ces raisons que les questions bioéthiques sont d’actualité.
L’éthique c’est aussi une morale de l’action. Elle doit conduire à faire un choix, à décider d’une action.
La bioéthique se penche sur des grandes questions de société : l’euthanasie, les mères porteuses, les conditions de la naissance, le diagnostic prénatal. C’est également les conditions dans lesquelles on peut soigner ou prendre un greffon à une personne vivante etc.
La révision des lois sur la bioéthique est actuellement en cours à l’Assemblée nationale, quel est votre avis sur le sujet ?
Effectivement, ce sont vraiment des questions de tous les instants et particulièrement d’actualité. Le projet de loi, dans l’ensemble, paraît équilibré. Si les amendements de la commission parlementaire sont adoptés ce sera un projet encore amélioré par rapport aux propositions du gouvernement.
Axel Kahn a répondu aux questions du public lors de la conférence-débat De l’éthique à la loi, vendredi 4 février, au TAP

Lois de bioéthique
(d’après Axel Kahn)

Quels sont les lieux de l’éthique et de la loi ?

Des conventions déterminent les conditions du vivre ensemble pour que chacun puisse développer ses activités, traiter les problèmes de la famille, de ses liens sociaux, de ses relations avec les institutions publiques et privées. L’éthique est une norme, une réflexion sur ce qu’il est correct de faire en précisant les modes de l’action, les valeurs selon lesquelles on choisit telle ou telle action. C’est une interrogation entre deux réponses, convient-il d’appliquer telle convention à l’homme ou est-elle menaçante ? Dans quelle mesure la destruction d’un embryon destiné à la recherche est-elle justifiée ou permise en regard de la loi, de la conscience, de son attachement à l’humain ? On pourrait le considérer comme le début d’une personne ce qui incite à en faire le lieu d’une action de recherche que seule cette entité permet de réaliser au risque de la détruire et de réaliser ainsi un acte scientifique proche de l’humanisme ? Ce questionnement est propice à la création d’une tension, d’une interrogation sur la morale de l’action, quelque chose qui indique ce qu’il faut faire. La morale de l’action impose une décision. La pièce de monnaie lancée et retombée sur le sol au hasard n’est pas une éthique. Le champ de l’éthique, de la bioéthique est similaire aux droits de l’homme par rapport aux innovations, aux nouvelles techniques, aux droits de l’homme qu’ils puissent être préservés ou non ? Quelles sont les valeurs sur lesquelles on peut se baser pour faire ou ne pas faire de recherche, selon que l’on croie au ciel ou on n’y croit pas. Nous sommes placés devant une incohérence, une incommensurabilité susceptible de fonder l’action bonne. Lois dans l’éthique sont une absolue nécessité pour un état démocratique. Si l’action est faisable et ne doit pas être dangereuse, on n’a pas besoin de députés pour l’approuver ou l’interdire. Si l’on se pose la question de la rentabilité d’une recherche, surtout dans le cadre de la bioéthique on n’a besoin de le demander ni aux spécialistes du business ni aux députés. Ces derniers ne servent à rien, s’ils sont prêts à accepter dans notre société tout ce qui est faisable et rentable cas auquel il n’est pas nécessaire de réfléchir avec eux sur des questions de cet ordre. Seul le peuple peut en décider ce qui assure la légitimité de la démocratie, à condition d’y introduire la pensée éthique devenue indispensable dans cette conjecture. Répondre au questionnement sur le sort à réserver à l’embryon ou à résoudre les contradictions concernant l’euthanasie, est-ce encore soulever La morale, les règles du bien et du mal, sont relatives, dépendent de l’époque, de la culture, de la religion.

Les moeurs

Les mœurs évoluent, surtout dans les domaines des considérations sur le corps, de la mort de l’ennemi ou de réduire sa tête, ce qui est moral dans certaines cultures, alors que ces coutumes ne le sont pas chez nous. Il n’y a pas d’universalité de la pensée morale, qui rende possible la discussion des règles d’éthique ou la refonte de la notion de bien et de mal ? Les conditions du dialogue méritent d’être redéfinies lorsqu’on parle de génomes de l’homme ou du chimpanzé. Nous avons un génome humain par lequel il faut accéder à l’humanité. Il convient de nous rapprocher pour faire jaillir l’humain, nous dépendons l’un de l’autres ce qui fait fructifier les potentialités pour faire jaillir l’humain. Elles sont irréductibles l’un à l’autre avec la réciprocité de nos droits, privilèges, dans lesquelles sont incluses les capacités pour que je vous humanise. Il existe un récit ancien dans lequel on doit s’attendre à ce que chez Gilgamesh dans la Sumer ancienne, tout commence par le roi tyrannique, qui use et abuse du droit de cuissage, si bien que toutes les vierges sont dépucelées par ce roi qui décide pourtant de mettre un terme à ces manières. Il en surgit la fabrication d’un être d’argile confié à des humanisants qui permettent à cet être fruste de rivaliser avec Gilgamesh qui se prend d’amitié avec son sosie, Gilgamesh qui reste à côté de lui même à cause de sa fidélité en amitié qui est bonne. C’est la valeur de l’autre, son mérite que de disposer de cette amitié qui reste depuis longtemps inchangée. La seule référence est celle-là. Il y a là une conception de la réciprocité du fait de l’utilisation des conditions d’épanouissement de l’autre qui relèvent de la catégorie des actions bonnes.

Autonomie

Quand je m’enfonce dans le fleuve, il n’est pas illégitime de penser qu’on veuille respecter mon autonomie, la solidarité, la bienveillance, le fait d’éviter de nuire, de refuser la malfaisance, même si je me crois investi de tous les droits, il y a une injustice flagrante car tout principe de justice demande réciprocité. Cette règle est applicable à toutes les situations. Il faut classer à part l’augmentation des capacités de la réflexion, avec des drogues qui permettent de prendre l’ascendant sur les autres. Ces méthodes sont précieuses pour libérer des personnes soumises à des obsessions morbides ce qui incite à poser la question de savoir jusqu’où aller ? Augmenter l’autonomie de la personne libérée en la débarrassant des troubles compulsifs, est une bonne opération à condition de considérer l’inverse comme dangereux.

Pourquoi la loi ?

Pour résoudre des problèmes comme ceux de l’IVG ou de l’euthanasie la loi induit le droit laissé à la disposition des familles, de prévoir des gardes fous, pour prendre position. Il convient de respecter le droit des femmes à disposer de leur corps comme elles l’entendent. Entre avorter en raison de la mise en danger de la vie ou se refuser à prendre cette décision l’entremise de la loi était indispensable. L’embryon peut être à vendre à un prix dépendant des qualités physiques, somatiques, cognitives des vendeurs dans cette éventualité, la seule façon de s’opposer aux excès de tous ordres et de toute décision inopportune est la Loi. Il faut créer des centres de diagnostic pour évaluer les conditions de vie du foetus. En ce qui concerne les soins palliatifs, le conférencier dit : « je ne me vois pas donner la mort à quelqu’un ». On est seul en face d’une décision à prendre sur l’acte de l’euthanasie. IVG et l’euthanasie relèvent de circonstances très différentes : la loi Veil est une loi de liberté de la femme, un eugénisme républicain. La personne la plus touchée dans cette affaire serait la femme à laquelle personne ne peut se substituer. Les gens disent moins que « la vie m’est insupportable qu’ils n’affirment que ce qu’ils désirent réellement c’est le « je veux mourir ». En revanche pour les gens qui demandent à mourir, la vie est intolérable, pour plusieurs raisons dont en priorité le fait de devoir supporter une douleur épouvantable. D’où la nécessité de rétablir les conditions d’un vrai choix.

Un vrai choix nécessaire

Cette situation ne peut être réalisée qu’à la condition expresse de calmer la douleur, d’aider les vieillards, ce qui permet aux patients de répondre à nouveau dans un état normalisé au sein duquel leur décision redevient libre de toute pression comme la souffrance susceptible de les conduire à préférer un choix opposé à leur véritable intérêt. Quand les gens veulent se suicider, ils y mettent le paquet, contrairement aux amoureux de la vie. La liberté du choix et de changer d’avis mérite d’être respectée jusqu’au bout, c’est ce qui exige qu’on ne soit pas déjà mort et la réalisation d’un contexte de vie pour l’être vivant et pensant. Soulager la personne est prioritaire par rapport au fait de prolonger la vie et d’éviter la terreur de la mort. Dans le cadre de la philosophie stoïcienne, on doit se demander si c’est le devoir de l’état de créditer cette façon de penser ? En pratique, personne depuis 50 ans n’a été condamné pour euthanasie. Aucun médecin n’a demandé un quelconque avis à une personne en fin de vie sur l’opportunité d’un quelconque acharnement procédural ou thérapeutique. C’est ce que réalise la loi Leonetti qui interprète l’interdiction de refuser l’acharnement thérapeutique. La finalité des soins consiste moins à prolonger la vie qu’à restaurer les conditions du rétablissement de relations personnelles. La situation de la « mort végétative » signifie que plus jamais la vie relationnelle ne sera rétablie, cas auquel il faut « sédater » puis interrompre la vie par des actes où intervient une interprétation large de suspendre l’acharnement thérapeutique. Depuis la loi, la question ne se pose pratiquement plus. Le cas du handicapé suite à une grossesse mal conduite incite à ne pas revenir en arrière, en donnant droit aux femmes dans les institutions, si l’enfant n’est pas le modèle souhaité, de participer à la décision du que faire ? La loi Perruche pour erreur de diagnostic médical, où la cause du handicap avait été la rubéole avait ordonné l’indemnisation des parents pour assurer à l’enfant handicapé la sécurité financière. Il en est de même de ceux nés à la suite d’une erreur médicale de diagnostic plus que des suites de l’aléas médical. Le problème de l’éthique est celui de la raison, de l’universalisable, après une prise de décision de manière collégiale. L’éthique n’est pas seulement une discussion sur le bien fondé de ne pas s’égarer dans des conditions techniques, fruit d’un kantisme modéré impératif catégorique, dans lequel l’homme doit toujours être une fin et non un moyen. L’autonomie est à la base de l’éthique, où l’espèce, la génétique, la médecine contribuent à faire vivre des êtres qui vont se reproduire et transmettre des caractères dans une situation affaiblie du génome et une diminution de l’autonomie de l’espèce.

Exemple de la mucoviscidose

La mucoviscidose, ne dissémine pas un gène morbide. L’affaiblissement de la résistance contre le fléau qui menace est compensé par le fait de soigner les gens et non l’espèce ce qui n’est pas loin du totalitarisme. Un éthique téléologique hippocratique, porteuse du « primum non nocere » était autrefois de rigueur à cause de l’impuissance de la médecine à l’époque ancienne qui rendait les décisions plus faciles eu égard à l’absence de conséquences pour l’institution d’un traitement inopérant. Cette attitude rendait la priorité à l’équilibre de la bonne nature. Les grands scandales de la médecine dominatrice, surhumaine, déontologique, définie dans le code de déontologie, plus nombreux et plus graves aujourd’hui sont le fruit de l’avancée des techniques prométhéennes encore insuffisamment freinées par une Loi discutée par les parlementaires, les experts réglementaires, les comités éthiques qui indiquent si telle décision est compatible avec la loi, si elle devrait être renforcée ou au contraire infirmée, abrogée, amendée ou retirée.