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Groupe de réflexion BLF.- L’UE : quelle suite ?

3)– Pour une politique d’immigration de l’UE, arrêtée et mise en œuvre en commun.

Réflexions sur la Question de l’Union Européenne. par Jean Claude Cusset

mardi 23 décembre 2008, par Picospin

L’évolution de la population européenne dans son ensemble est encore moins encourageante, car certains pays verront leur population baisser dans les décennies qui viennent, mais il faut bien reconnaître que les chiffres globaux, même s’ils doivent passer de 8,3% à 5,5% de la population mondiale, ont encore un sens, un poids. D’autant qu’ils s’appliquent à une zone qui est, sans doute pour quelque temps encore, la zone économiquement la plus riche du monde.

Un marais démographique

Oui, et c’est là que le problème naît : un marais démographique qui est en même temps une zone de richesse, objectivement et plus encore perçue comme telle, ne peut qu’être une tentation pour les populations de plus en plus nombreuses sur le reste de la terre, au moins celles des pays où l’évolution économique a pris ou accentué son retard. l’Europe non seulement attire, mais elle est aussi en manque de travailleurs. Car si la population doit dans les décennies à venir rester à peu près stable, ou très peu diminuer en valeur absolue, cette apparente stabilité cache en fait une modification profonde, que résume un mot : le vieillissement. Partout en Europe le nombre et plus encore le pourcentage des personnes âgées de plus de 60 ans s’accroît (également aussi la longévité) ; en contrepartie la tranche des 20-60 ans , celle des « actifs », diminue sensiblement. Il y aura donc de plus en plus un besoin, que l’on peut qualifier de nécessité impérieuse, de recourir à de la main d’œuvre extérieure.
Pour y répondre la mise au point d’une politique d’immigration, et l’application suivie de cette politique, s’imposent. Compte tenu des liens économiques étroits entre les pays de l’UE, et de la liberté de mouvement à l’intérieur de cet espace économique, cette politique d’immigration, pour être efficace doit être, ne peut être, que européenne.

Ouverture des frontières ?

La question est : que peut-elle être ? Aucun pays européen n’admet, semble-t-il, d’ouvrir grand ses frontières à tout immigrant potentiel ; c’est heureux car ce choix d’une « non politique » serait fort risqué pour celui qui s’y hasarderait, et pour l’Europe dans son ensemble. Mais alors quoi ? une politique de quotas, où seul le nombre des admis jouerait ? une politique sélective, en fonction de l’origine géographique ou ethnique des immigrants, ou en fonction de la « qualité » des candidats ? Les deux paraissent difficilement admissibles : la première à cause de son caractère racial, pour ne pas dire raciste ; la deuxième parce que les expériences faites par les pays qui y ont eu recours montrent que ça ne marche pas. Disons simplement que les critères de choix appliqués par les organismes chargés de cette immigration et ceux des employeurs potentiels des « élus » coïncident rarement. Limitons nos ambitions à proposer quelques critères négatifs de cette politique commune à définir. Le premier, celui qui condamne la politique qualitative, est qu’il ne faut pas que les critères retenus pour la sélection, en gros le degré de formation et de culture des candidats, aboutisse à priver les pays d’émigration des éléments de qualité dont, d’une part, ils auront supporté le coût de formation, et dont, d’autre part, ils ont le plus grand besoin pour assurer leur propre développement. Le deuxième est que les émigrés sont une source de revenus primordiale pour les pays d’émigration, et qu’une politique d’immigration restrictive – j’entends par là quantitativement inférieure, par ignorance ou pour tout autre raison, aux besoins du pays récepteur – prive le pays d’émigration de tout ou partie de cette source de revenus.

Une véritable politique

Cela signifie qu’une politique d’immigration ne peut – globalement – être efficace que si elle résulte d’un accord entre pays d’immigration et pays d’émigration. Accords à l’occasion desquels pourraient être déterminés les besoins d’investissement des pays d’émigration et le concours que les pays d’immigration pourraient, parallèlement, leur apporter. Cela pourrait peut-être aussi éviter toutes ces morts scandaleuses des victimes des organisateurs d’émigration clandestine ; qui font payer très cher leur concours, que le transport aboutisse ou non.
Je crois pour ma part que toute politique d’immigration doit s’accompagner d’une politique d’intégration ; ce qui ne veut pas dire assimilation. Il paraît difficilement admissible qu’un immigrant qui veut rester, ou qui reste de fait, longtemps dans le pays d’accueil n’ait pas envie, ne soit pas intéressé par l’intégration dans la société dans laquelle il vit ; et que le pays d’accueil ne lui facilite pas cette intégration. L’existence de communautés séparées, non fondues dans la communauté nationale, est difficilement supportable. L’Angleterre en fait une assez douloureuse expérience. Les récentes déclarations du « président élu » des USA nous donnent sinon une démonstration, au moins un ferme espoir que les citoyens électeurs forment non pas des communautés distinctes, fonction de la couleur de la peau ou de tout autre critère, mais une nation, les Etats-Unis d’Amérique. Puissions nous avoir la même façon de voir.