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Si vous voulez en savoir plus : Une opinion BLF par Jean-Claude Cusset

4)– L’Europe ne pourra se maintenir dans le monde globalisé que par l’esprit

Une prophétie ou une probabilité ?

mardi 23 décembre 2008, par Picospin

Au XIXème siècle c’est bien l’avance scientifique et technique (peut-être faudrait-il dire technique et scientifique…), le développement industriel qu’elles ont permis, qui ont donné à l’Europe sa prééminence dans le monde. Puis ce fut le tour des Etats-Unis, et si la Russie soviétique a pu un temps être son rival c’est bien parce qu’elle avait su combler son retard en la matière.

L’URSS en tête ?

Que le premier engin dans l’espace ait été russe, cela a bien surpris le monde…(et le mérite n’en revient pas aux seuls services secrets, à supposer même qu’ils y aient quelque mérite)
Si l’Europe (et peut-être aussi les Etats-Unis) veut défendre et maintenir sa place dans le monde, ce sera en conservant une avance scientifique et technologique ; car il lui est plus que difficile, pour bien des raisons de demeurer compétitive dans tous les domaines de la production devenus, si je puis dire, « classiques ». Le nucléaire, qui s’exporte, en est une illustration frappante, et l’on ne peut que s’étonner d’entendre certains demander que leur pays renonce à ses usines productrices d’énergie nucléaire, technique qui intéresse fort le reste du monde.
Mais cela suppose que nos pays conservent leur capacité d’invention. A cela deux conditions :que nous accordions à la recherche, nationale ou européenne, les moyens matériels et financiers de son bon fonctionnement ; qu’une concertation, une coordination étroites soient maintenues entre les équipes de chercheurs à l’intérieur de l’Europe, soit spontanément (il semble que cela existe), soit par le jeu des institutions communautaires que le système d’éducation permette l’éclosion de ces esprits inventifs dont la recherche a besoin, et aussi assure le maintien d’un niveau de culture élevé sans lequel ces objectifs ne seront pas atteints.

Un niveau d’enseignement mal classé

C’est ce dernier point qui fait problème, en France à tout le moins (nous ne nous prononçons pas pour le reste de l’Europe) où la place du système d’enseignement, de la base jusqu’aux universités, tend à baisser dans le classement mondial. On constate une baisse inquiétante du niveau culturel moyen, à laquelle les réformes successives de notre enseignement ne paraissent pas porter remède. L’enseignement n’est pas notre spécialité, et nous ne nous sentons nullement qualifiés pour suggérer des remèdes. Il semble toutefois que le désir de donner à tous un « bon » niveau d’éducation : l’objectif de 80% de bacheliers et l’accès libre à l’enseignement supérieur aboutit à un résultat inverse, à un nivellement par le bas. Ne peut on concevoir un solide enseignement des disciplines de base – le fameux certificat d’études primaires, qui fut une des gloires de la IIIème République, en est un bon modèle ; il sortait de cet enseignement primaire plus (en %) de jeunes sachant lire que du primaire actuel – ensuite un enseignement spécialisé, et de niveau adapté aux professions et carrières envisagées, enfin un enseignement conduisant aux études véritablement supérieures qui produiraient les élites (oh, quel vilain mot !) capables de répondre aux défis scientifiques et techniques que nous pose la compétition mondiale, capables aussi d’assurer la transmission de ces connaissances.

Un enseignement pour les actifs ?

Ajoutons que l’enseignement spécialisé devrait, compte tenu de la rapidité de l’évolution des sciences et des techniques, être ouvert aux personnes déjà dans la vie active, afin qu’elles puissent périodiquement (d’aucuns disent que ce devrait être tous les dix ans environ ) remettre leurs connaissances à jour, en sorte qu’elles ne soient pas déclassées dans leurs entreprises . Une telle formation non pas continue mais épisodique (cela suppose que les ressources des « renouvelants » leur soient assurées pendant ces phases de « retour à l’école ») aurait d’autant plus d’importance que la durée de la vie au travail ne peut qu’aller en s’accroissant, et qu’il faut donc donner à tous le moyen de continuer à exercer efficacement leurs tâches, et le sentiment qu’ils sont capables de le faire. Là dessus vient se greffer le problème de la langue. Peut-il y avoir une langue européenne de la culture ? faut-il distinguer une langue de la science et de la technique et une langue de la culture générale ? si tel doit être le cas, les enseignements en Europe pourront-ils ajouter à leur langue nationale ces deux langues supplémentaires qui, si l’on veut qu’elles soient efficaces devront bien évidemment être les mêmes pour tous ? l’enseignement des langues étrangères se généralisant, la question est de savoir s’il pourrait y en avoir deux communes à tous.

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