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L’Europe a-t-elle un avenir ?

5)– La nécessité d’un « développement durable »

Une opinion : celle de BLF par Jean-Claude Cusset

mercredi 24 décembre 2008, par Picospin

Sans parler du réchauffement climatique qui, semble-t-il, s’opère plus vite que prévu. Prévenir cette évolution, remédier aux dégâts déjà causés, tout cela devient maintenant un impératif catégorique. Et il nous faut non moins impérativement surmonter les égoïsmes individuels et nationaux.

Complexité

Compte tenu de la complexité de ces problèmes nous ferons seulement deux remarques, qui expriment notre conviction en la matière : il ne faut pas que les considérations écologiques (dont la base scientifique est souvent contestable, mais moins souvent contestée par crainte d’être taxé d’hérésie) nous conduisent à faire n’importe quoi. Prenons l’exemple des agro-carburants : en dehors du fait que leur production, pour la plupart d’entre eux, n’est économiquement concevable que lorsque le prix du pétrole est élevé, très élevé, cette production présente de nombreux et graves inconvénients. Le recours aux agro-carburants vise à réduire la pollution résultant de l’utilisation des moteurs à explosion ; rien ne permet d’affirmer que ce résultat serait acquis si, au lieu de la réduction du seul CO2 on prenait en compte tous les autres facteurs de pollution. De plus les végétaux utilisés pour cette production sont en général gros consommateurs d’eau, dont on sait maintenant que c’est une ressource rare, et viennent prendre la place des forêts, dont le rôle dans l’équilibre de la nature n’est pas contesté. Enfin ils viennent consommer des terres cultivables, dont il n’y a pas d’excédents.

Faim ?

Or - et c’est la deuxième remarque - une des menaces les plus graves et les plus immédiates qui pèsent sur le monde est la faim, la faim à laquelle sont exposées plus d’un tiers des populations du monde. Dans ces conditions, réduire les surfaces cultivables en produits alimentaires au profit de carburants de substitution nous paraît un crime, un crime contre l’humanité. Au contraire, consacrons toutes les surfaces disponibles du monde développé, utilisons les techniques évoluées de production agricole pour nourrir autant que faire se peut le monde sous développé. Que les moyens financiers de la PAC, dans l’espace de l’UE, soient consacrées à cela plutôt qu’a payer les agriculteurs pour garder des terres en jachère. Apprenons aussi aux pays sous développés les moyens de tirer le meilleur parti des terres insuffisantes dont ils disposent, et de leurs ressources en eau ; nous avons des techniciens pour cela ; l’objectif étant de les mener, si possible, à la suffisance alimentaire.
Accessoirement – mais est ce vraiment accessoire ? – nous trouvons fondamentalement contraire à l’éthique que les pays développés puissent, en payant les pays sous développés et en compromettant ainsi leurs chances de développement , acquérir le droit de continuer à émettre des gaz à effet de serre en excédent de leurs quotas.

Conclusion

En guise de conclusion, provisoire, sur ce que peut être l’avenir de l’Europe, et sans vouloir être pessimiste – mais les récentes déclarations du conseiller économique du FMI conduiraient à l’être – nous dirons simplement que plus il y aura de difficultés à affronter par les pays européens, plus s’imposera la nécessité d’une union étroite entre eux.

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