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Travail, culture ou vacances ?

A quoi rêvent les Français pour leurs enfants ?

Des générations sacrifiées au profit de leurs parents ?

lundi 7 juin 2010, par Picospin

C’est plutôt l’inverse qui s’est produit jusqu’ici dans les écoles de la République et partant les autres aussi. De même que la priorité de la pensée gouvernementale et républicaine n’a pas été donnée aux membres les plus importants de la communauté française, c’est-à-dire aux plus jeunes générations, avenir de la nation, lorsqu’on décide unilatéralement de supprimer des postes d’enseignants, de même pour l’organisation des emplois du temps de l’année scolaire tient-on compte essentiellement des intérêts des plus âgés, de ceux qui n’ont plus rien à apprendre de la vie, mais encore tout sur la gestion de leur portefeuille et la durée et la qualité de leurs journées de repos, autrement dit de leurs vacances.

Ruptures et vacances

On s’aperçoit, à l’orée de la nouvelle année scolaire, qu’il serait intéressant de se pencher sur les rythmes scolaires, les moments favorables à l’éveil et à l’assimilation des connaissances, la fatigue, la durée des interruptions de l’enseignement et de celles des (trop) longues vacances d’été. J’y ajouterai une autre réflexion. C’est celle qui concerne la fréquence des ruptures survenant en cours d’année scolaire. La semaine de 4 jours ne semble guère constituer l’arrangement idéal du temps passé à l’enseignement. Cet aménagement des horaires qui arrange peut-être les parents mais est contraire à l’intérêt des enfants crée une sorte de soubresaut « chaotique » dans le rythme de travail, des cours, pour de jeunes esprits encore trop malléables pour accepter et s’adapter à des arrêts trop fréquents et des interruptions trop courtes dans l’horaire des enseignements. A peine ont-ils eu le temps de s’adapter à un mode de vie d’une certaine permanence et régularité qu’ils sont obligés de le quitter pour d’illusoires périodes de repos qui les désarticulent de la régularité indispensable à une habituation d’un type d’organisation des rythmes d’activité.

Tourisme et restauration plus que l’école

C’est en cela aussi que les longues vacances d’été qui bénéficient à la restauration, au tourisme, aux voyagistes et à l’hôtellerie sont surtout néfastes pour l’éducation des enfants et catastrophiques pour les difficiles moments qu’ils ont à surmonter au moment de la reprise des cours, d’une nouvelle acclimatation aux horaires de travail et à un rigoureux ajustement aux exigences imposées par la société des plus âgés au bénéfice ou au détriment des plus jeunes. Les longues journées et les trop longs épisodes de travail pourraient s’avérer particulièrement néfastes pour les enfants en raison de la tension d’esprit nécessaire et à l’attention indispensable à l’écoute et aux recommandations des enseignants. Ce qui se passe le plus souvent dans l’aménagement actuel des tranches horaires c’est la difficulté de concilier l’extrême durée d’une journée trop longue pour les élèves, compensée par une prolongation excessive des périodes de repos, aptes à démobiliser les volontés les plus robustes et les plus enthousiastes.

Discipline ou évasion ?

Les écarts de discipline de plus en plus souvent observés chez les jeunes ont induit de la part du corps enseignant l’obligation d’occuper la totalité du temps disponible des enfants pour éviter l’allongement du temps de présence en classe qui ressortit à la responsabilité des professeurs de conserver un apprentissage serein, calme, sans soubresauts pour éviter tout conflit au sein des établissements d’enseignement. Dans ces conditions, on préfère rendre aux parents en général et au privé en particulier la mission de maintenir calme et discipline à l’école pour ne susciter ni révolte, ni critique, ni protestation de la part des parents et de l’entourage de l’enfant, toutes conditions susceptibles de dégénérer en troubles, désordres, incivisme dans la population. Le travail si sérieux soit-il ne s’oppose guère ni au repos, ni à la détente, ni surtout à l’intérêt pour d’autres activités d’autant plus qu’elles paraissent dissonantes et intriguent la réception de l’inaccoutumé au milieu de l’extrême régularité, voire monotonie. L’art, le sport et la culture ne résolvent pas toutes les difficultés. Du moins peuvent-ils aider à les colorer d’imprévu et de fascination à condition d’être judicieusement utilisés.

Fleury A. Un an pour tout changer. JDD 6 juin 2010.

Questionnement éthique :

1. Pour quelle raison l’aménagement des horaires et de l’organisation des emplois du temps pour les écoliers est-il si différent en France de ceux observés dans les autres pays d’Europe ?

2. Est-ce que la prolongation excessive des vacances ne peut être considérée comme préjudiciable à l’enseignement en France ?

3. Est-ce que la surcharge de travail et des longues journées de travail n’est pas un facteur à prendre en compte dans les résultats moyens à médiocres obtenus par les jeunes élèves au cours de leur scolarité ?

4. Ne pourrait-on alléger la durée des journées de travail et la surcharge des programmes pour permettre de la part des étudiants de disposer d’un temps plus long à consacrer à la réflexion et à l’approfondissement des connaissances ?