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Quelles questions, pourquoi, comment ?

Actes d’un nouveau Ministère

Raisons d’un sondage

mercredi 4 novembre 2009, par Picospin

Pour connaitre le sens sinon la définition que le les Français se donnent ou se donneraient à eux-mêmes pose plus de problèmes que cette interrogation ne résout. La première n’étant pas la plus futile qui serait de connaître les raisons d’une telle interrogation, les réponses attendues et les éventuelles conséquences susceptibles d’être tirées d’un tel questionnaire.

Est-ce à des fins politiques qu’une telle série de questions sur les définitions est posée ou seulement à des éclaircissements recherchés par les pouvoirs publics pour mieux s’ajuster aux désirs, propos, réflexions que ne manqueront pas de se poser tous ceux qui ont cherché en France un havre de paix, un refuge contre les débordement d’extrémismes politiques ou une recherche d’articulation avec une culture qu’on croit solidement établie même si par moments, elle est capable de céder à la facilité, au vide du raisonnement, à l’adoption d’instincts plus que de réflexion ou à des comportements d’où la dignité serait exclue, encore qu’on ne sache pas très précisément ce que ce terme déguise tant l’unité n’a pu se faire sur sa définition et sa signification. Que souhaite faire le gouvernement de la masse d’indications, de réponses, d’opinions qui pourront être tirés de cette enquête dont le « rationale », comme disent les scientifiques, n’a guère été précisé au moment où l’offensive a été lancée, prenant au dépourvu des armées non en déroute, mais dans le doute, tant elles ignoraient les raisons d’une telle attaque sémantique qui les a pris par surprise ce qui tendrait à démontrer que les auteurs de ces questions sont de fins stratèges prenant par revers la masse en train de se demander comment elle allait nourrir sa famille, se déplacer, s’éclairer au milieu des problèmes considérés comme dramatiques des ressources disponibles, des énergies à adapter aux besoins et au monde moderne, des façons d’organiser le travail dans une société en pleine mutation d’où capitalisme et collectivisme sont également expulsés ou pourraient le devenir. Peu de réponses sont disponibles pour tous ceux qui ont encore envie de se poser des questions et de sélectionner les meilleures d’entre elles. Tout le monde est à l’affût pour essayer de sonder les esprits s’il en est encore et les cœurs s’il en reste avant de recevoir des bribes de réponses, ne serait-ce que pour tenir lieu de solution à des questions concernant les modalités de l’investigation comme celles de savoir si cette dernière a déjà été menée dans d’autres pays, les résultats obtenus, les conséquences et conclusions tirées, le taux de participation, la nature politique des pays où elle a été effectuée, l’accueil réservé par la population. On serait aussi bien inspiré de connaître les raisons profondes du lancement d’un tel sondage subit et surprenant, dérivatif, recherche d’indications statistiques, influence de la politique sur l’opinion, le comportement, les tendances morale, politiques sociologiques d’une population interrogée souvent sinon trop souvent sur des compositions et les tendances de telle élection, de tel suffrage, de telle majorité difficilement ou aisément dégagée. Pour quelle raison cette recherche survient-elle au lendemain de la création ex-nihilo d’un curieux Ministère de l’Identité Nationale dont les premiers termes mériteraient d’être définis avant de les lancer à l’aveugle sur un terrain encore largement miné par des engins capables d’exploser à tout moment et à l’occasion de n’importe quelle violence exercée par la partie la plus révoltée ou la plus indisciplinée, la moins civique aussi, souvent abandonnée par une ancienne génération incapable de transmettre, et indifférente à la volonté d’inculquer des valeurs auxquelles elle ne croit plus. Est-ce ainsi que meurt une civilisation ce qui serait un paradoxe dans une communauté hétéroclite qui croit en l’avenir si nous croyons au message lancé par une démographie favorable et optimiste, s’inscrivant d’ores et déjà à contre-sens des tendances actuellement recensées partout ailleurs, en particulier dans les contrées européennes et américaines. Est-il vain de se poser la question du rapport entre la notion de nation et celle d’immigration la seconde prenant le pas sur la première et ne servant que de prétexte à la véritable interrogation qui préoccupe la majorité des habitants de ce pays et d’autres d’ailleurs. C’est évidemment celle d’une immigration qu’on ne sait ni quand ni comment ni où traiter tellement il est évident que le flux peinera à se tarir et que toute solution, forcément restrictive, se heurtera à des réflexes humanitaires risquant de déclencher la réticence sinon l’hostilité de certains sinon du plus grand nombre. Les exemples de Calais, de l’Afghanistan, des avions pour l’Afrique sont là pour illustrer dramatiquement et amplifier dangereusement et malencontreusement le phénomène des retours forcés incompatibles avec le sens minimum de l’humain et le devoir minimum envers son semblable. Cette attitude d’un monde fortement influencé par un christianisme même en extinction et un marxisme même largement dépassé vient d’être illustrée par une scénette de la télévision où le Ministre de l’identité Nationale s’empresse de remettre en même temps à la toute nouvelle lauréate du Prix Goncourt son prix et son billet d’avion pour Dakar.