Ethique Info

Accueil > Politique > Activité, agitation et mouvements browniens

Le tournis

Activité, agitation et mouvements browniens

Une nouvelle politique

samedi 10 janvier 2009, par Picospin

Le mouvement perpétuel inauguré par ce dernier donne le tournis aux plus vaillants, déstabilise les plus résistants et étonne le monde entier. L’énergie farouche qui est déployée nuit et jour anime les foyers les plus stables, les plus douillets, les plus tranquilles et remue les groupes les plus assagis comme le Sénat qui, lui aussi s’est mis en mouvement et en voix pour réagir vite et de façon bruyante aux initiatives du Chef.

Bousculades

Cette bousculade ininterrompue a fini par contaminer les plus paisibles, les plus doux et les plus dociles. Tous les fronts sont attaqués simultanément ce que n’ont osé faire dans le passé ni les stratèges les plus doués et les plus inventifs ni les génies militaires les plus efficaces de l’histoire. Comme le terme de réforme a été choisi de longue date pour représenter l’action de l’inspirateur de la nouvelle politique, il fallait naturellement s’attaquer à cette tâche où que ce soit et dans quel domaine on se situât. Et ce fut un formidable défilé de mesures prises avec la rapidité d’un avion à réaction qui laissait derrière lui des traces tricolores pour bien montrer au monde que ces initiatives étaient françaises et que de ce fait c’était la France qui allait animer toute sa politique y compris celle des autres comme par exemple celle de la voisine allemande. Prise dans ce tourbillon, elle ne sut comment réagir devant cette guerre éclair si promptement imposée, sidérée par cette précipitation, cette vélocité et ces accélérations dignes d’un coureur cycliste essayant de se dégager du peloton pour lancer l’échappée décisive jusqu’à la victoire d’étape sinon finale.

Friches

C’est ainsi que peu de domaines ont été laissés en friche et que beaucoup ont été ébranlés, perturbés, culbutés à l’instar des magistrats médusés par une telle hargne et incapables de réagir à ce festival de rock joué à 200 secondes à la noire. Notre pauvre descendante de l’école marxiste et protestante à la fois ne savait plus ou donner de la tête devant les vigoureux coups, embrassades et étreintes que recevait son corps enrobé dès qu’elle osait dans un effort désespéré et héroïque s’approcher du dangereux agitateur de sentiments et de contacts. C’était « la kermesse héroïque », fameux chef d’oeuvre – un vrai celui-là – du cinéma français où les danses effrénées se succédèrent au rythme endiablé de l’escorte espagnole venue en Hollande pour festoyer, se réjouir et profiter de l’accueil des hôtesses notables de la ville.

La Fontaine dépassé

Derniers épisodes de notre fable actuelle : après une incursion à 100 à l’heure dans l’hôpital de Strasbourg où les malades devaient être traités avec le calme, la réflexion, la maturité propre aux habitants d’Alsace, même le Premier Ministre - fortement contaminé et dépourvu de tout vaccin ou traitement contre l’agitation brownienne de son chef - s’est laissé aller à une colère inhabituelle pour fustiger un membre et non un des moindres de sa propre majorité pour lui signifier son mécontentement de le voir aussi inefficace et passif devant la « catastrophe nationale » que constituait la chute de quelques flocons d’une neige immaculée et aérienne sur la Sainte Mère transie de froid et désormais hors d’état de veiller sur son saint peuple.

Ethique :

1. Quel est le degré de priorité que l’on doit accorder aux soins des malades et à la médecine dans les pays riches ?

2. Est-ce que ce degré de priorité ne devrait pas être négocié entre les consommateurs, c’est à dire le peuple, l’administration et les techniciens de la santé pour déterminer en commun les besoins élémentaires, le degré de confort souhaité, l’importance accordée à la recherche et au progrès ?

3. Est-il nécessaire sinon indispensable de travailler très ou trop vite plutôt que de passer un certain temps à une réflexion apaisée quitte à retarder de quelques minutes ou secondes l’application des décisions consécutives à cette méditation ?

4. Un des problèmes cruciaux à résoudre dans le domaine de la santé n’est-il pas de déterminer de quelle façon répartir le parce hospitalier sur un territoire, en fonction des tendances à la concentration ou à la dispersion des moyens ?