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Adam Smith aurait-il pu jouer le rôle de Nicolas Sarkozy ?

mercredi 30 novembre 2011, par Picospin

Professeur de philosophie morale à l’université de Glasgow, il consacre dix années de sa vie à ce texte qui inspire les grands économistes suivants, ceux que Karl Marx appellera les « classiques » et qui poseront les grands principes du libéralisme économique. « La philosophie, en exposant les chaînes invisibles qui lient tous ces objets isolés, s’efforce de mettre l’ordre dans ce chaos d’apparences discordantes, d’apaiser le tumulte de l’imagination, et de lui rendre, en s’occupant des grandes révolutions de l’univers, ce calme et cette tranquillité qui lui plaisent et qui sont assortis à sa nature. »

Religion et spiritualité

Les convictions religieuses d’Adam Smith ne sont pas connues avec précision, et il est souvent considéré comme un déiste à l’image de Voltaire qu’il admirait. Ronald Coase a critiqué cette thèse et note que, bien que Smith fasse référence à un « grand architecte de l’univers », à la Nature, ou encore à la fameuse « main invisible », il ne parle que très rarement de Dieu, et surtout il explique que les merveilles de la nature attisent la curiosité des hommes, et que la superstition est la façon la plus immédiate de satisfaire cette curiosité, mais qu’à terme, elle laisse la place à des explications plus usuelles et donc plus satisfaisantes que celles de l’intervention des dieux. La richesse est définie par la possession de métaux et de pierres précieuses, car ce sont eux qui permettent de financer les guerres, ce sont eux qui ont une valeur durable dans le temps et reconnue partout. Pour Smith, la richesse de la nation, c’est l’ensemble des produits qui agrémentent la vie de la nation tout entière, c’est-à-dire de toutes les classes et de toutes leurs consommations. L’or et la monnaie ne constituent donc plus la richesse, elles n’ont en elles-mêmes aucune autre utilité que cell Professeur de philosophie morale à l’université de Glasgow, il consacre dix années de sa vie à ce texte qui inspire les grands économistes suivants, ceux que Karl Marx appellera les « classiques » et qui poseront les grands principes du libéralisme économique. « La philosophie, en exposant les chaînes invisibles qui lient tous ces objets isolés, s’efforce de mettre l’ordre dans ce chaos d’apparences discordantes, d’apaiser le tumulte de l’imagination, et de lui rendre, en s’occupant des grandes révolutions de l’univers, ce calme et cette tranquillité qui lui plaisent et qui sont assortis à sa nature. » et d’intermédiaire de l’échange.

Une vision

Adam Smith rejoint la vision de la monnaie proposée par Aristote qui place l’origine de la richesse dans le travail des hommes, définition qui lui permet de poser les bases de la doctrine de la valeur du travail. On ne parle que de cette définition et des valeurs attribuées à son accroissement qui seraient dues à l’accumulation du capital, à l’investissement dans les machines et à l’occasion de décupler la productivité et d’accroitre la division du travail. ’accumulation des machines implique une augmentation des besoins en main-d’œuvre, et donc une montée des salaires. Mais, selon lui, la loi du marché gouverne aussi la démographie. La hausse des salaires permet aux pauvres de faire vivre leurs enfants et donc d’accroître à terme la main-d’œuvre disponible, provoquant alors une baisse des salaires vers leur niveau antérieur, et permettant que s’accroissent de nouveau le profit et donc l’accumulation. Entre temps, la production s’est accrue, la mortalité infantile a régressé. À notre époque, l’idée que la démographie est régulée par le marché peut sembler naïve, mais Smith note qu’au XVIIIe siècle, « il n’est pas rare, dans les Highlands d’Écosse, qu’une mère ayant engendré vingt enfants n’en conserve que deux vivants ». Il semble alors que la régulation de la société par le marché mène à l’accroissement des richesses, et à un retour régulier des salaires vers le minimum vital. Smith parle ainsi d’un « salaire de subsistance » qui permet d’assurer la satisfaction des besoins physiologiques de l’être humain, ainsi que ceux de sa descendance, laquelle est nécessaire pour fournir la main-d’œuvre future.

Niveau de vie

Est-ce à dire que les niveaux de vie ne peuvent progresser ? L’accumulation tire toujours les salaires vers le haut, de sorte que la notion même de « minimum vital », considérée comme une variable sociologique (et non comme un phénomène biologique), évolue vers le haut. La population s’accroissant, le capital s’accumulant, la division du travail s’approfondissant, la production (et donc la richesse) par habitant doit augmenter.la division du travail n’a pas que des avantages. Smith note qu’elle peut avoir des effets désastreux sur l’intellect des ouvriers qui sont abrutis par la répétition de gestes d’une simplicité toujours plus grande. Il invite donc l’État à faire quelque chose pour qu’il en soit autrement, peut-être à mettre en place un système éducatif. Ce faisant, Adam Smith approche la notion d’externalité que développeront plus tard les économistes et qui justifiera en partie l’intervention de l’État. La division du travail s’accompagne d’inconvénients qui peuvent avoir des effets désastreux sur l’intellect des ouvriers, rendus abrutis par la répétition de gestes d’une simplicité toujours plus grande. Il invite donc l’État à faire quelque chose pour qu’il en soit autrement, surtout à mettre en place un système éducatif.

Externalité

Ce faisant, Adam Smith approche la notion d’externalité que développeront plus tard les économistes et qui justifiera en partie l’intervention de l’État. Ces phrases résument à elles seules les grands traits caricaturaux des effets positifs et pervers du capitalisme dont Smith avait dessiné la silhouette et qu’il avait livrée au monde qui ne s’en était guère soucié pendant longtemps jusqu’à ce qu’une prise de conscience générale se fut emparée d’une large fraction du public en train de s’apercevoir que le capitalisme sans ses instruments de correction ne saurait fonctionner sans apporter à la société démocratique et à ses corollaires des effets polluants dont le principal n’est pas celui qui est le plus souvent dénoncé par la société des écologistes actuels c’est à dire un manque évident de culture et d’éducation que l’on risque de retrouver à tout moment à la fin de la trajectoire du salarié avec sa rupture culturelle, sa fracture sociale et toutes les conséquences de l’entropie qui ne cesse de s’emparer des superstructures les plus fragiles du capitalisme mou.

Conclusions :

Cette petite histoire d’un économiste renommé apporte sa conclusion quand on songe à sa répercussion sur un jeu aussi trivial que celui joué aux pieds par une majorité de sportifs professionnels appelés footballeurs. Comme Smith l’avait prévu, les choses finissent souvent par s’arranger par une autorégulation mystérieuse venue d’où et allant jusqu’où ? C’est ainsi que des équipes achetées à prix d’or et même au-delà sont en train d’être bradées car elles ne trouvent plus acquéreur du fait d’une déroute financière, d’une faillite généralisée qui risque de mettre fin au jeu même de ce sport monté à coups de millions et qui risque forte de ne plus attirer le moindre spectateur d’ici à quelques mois ou trimestres. Cette fois ce sont les Quatari au joli nom d’oiseau qui risquent de pâtir de cette situation. Qui viendra les renflouer ? Le pétrole, le gaz ou l’atome ?