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Affres et drames de l’éducation

jeudi 1er janvier 2015, par Picospin

Cette situation rend compte de la grande majorité des échecs scolaires et des « décrochages ». Ce basculement dans le dégout du savoir touche tellement d’apprenants que les responsables de l’enseignement semblent être paniqués par son extrême fréquence.

Une conjoncture grave

La conjoncture est considérée comme si grave, si dramatique que l’État responsable principal de l’application de cette tâche ne sait plus à quel saint se vouer pour éviter la chute dans la dépression et le néant des élèves qui n’ont plus envie d’apprendre. C’est pourquoi il « consomme » une quantité impressionnante de Ministres de l’Éducation qui proposent tous des recettes inédites, mystérieuses et ésotériques pour remettre de l’enthousiasme dans les méthodes d’enseignement. En particulier en France, la situation est si tendue et dramatisée que le gouvernement se jette sur n’importe quelle méthode d’éducation pour en faire un modèle éventuellement à adopter puis à imiter et importer dans le pays.

Une dominante méritocratique

Pour le moment, le régime national comporte une dominante méritocratique appuyée sur une vision de la compétition scolaire entre individus. Leur pureté et l’équité doivent être garanties par le recours à un critère objectivé qui est la performance scolaire et l’intervention d’un État investi d’une forte légitimité politique et la mise à l’écart des influences locales professionnelles et commerciales. Ce qui n’est pas la cas du régime allemand qui comporte l’orientation professionnelle ou celui du Royaume Uni où prévaut la dimension marchande. L’objectif principal du système centralisé français met l’accent sur l’importance de l’évaluation des processus éducatifs contrairement à celui de la Grande Bretagne où prédomine une forte tradition de liberté en matière de curriculum et d’autonomie professionnelle avec un contrôle des performances des enseignants reposant sur celles de élèves, mais aussi sur celle de chaque établissement.

Évaluer

Les évaluations consistent à privilégier celles de la masse des acquis des élèves pour situer les forces et faiblesses de chaque élève afin d’adapter les pratiques éducatives aux besoins de leur public et d’en informer les parents pour leur permettre de suivre de plus près la scolarité de l’enfant. Quelle est la motivation pour enseigner ? Est-ce le fait de motiver ses élèves ou d‘attendre qu’ils le soient ? La socialisation consiste-t-elle à intégrer l’enfant à la société et si oui, laquelle ? Doit-on laisser les élèves participer à la gestion de l’enseignement ou accorder la priorité à une vision plus égalitaire en donnant à tous les mêmes chances de succès ou favoriser les élèves les plus défavorisés ? N’est-il pas nécessaire sinon opportun d’osciller entre les deux pôles de toute activité, situées quelque part entre le désir et la contrainte.

Louvoyer

Dans le cas de l’éducation, il s’agit de louvoyer entre susciter l’intérêt véritable, la participation du moi à l’oeuvre qu’accomplit l’éducateur en trouvant l’intéressant qui suscite de lui-même l’effort d’apprendre et la joie véritable d’accomplir l’apprentissage. Celui-ci n’est pas lié uniquement à ce à quoi on s’intéresse mais ce qu’on a besoin d’apprendre. Cette démarche bénéficie de la mise en commun de biens propres à chacun des participants à une action ayant le même but.

Trop vite

Elle évite la hâte de développer une idée et une stratégie trop vite, ce faisant la survenue de conflits et facilite le partage des idées et la production de résultats par une intelligence mieux contrôlée dont les fruits sont distribués plus équitablement. La mise en commun des intelligences permet de maximiser les bénéfices de l’utilisation des apports et dotations à l’humanité par le cosmos et de minimiser les risques existentiels encourus au cours des trajets qui y conduisent.