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Que faire de l’"Etranger"

Albert Camus ou "un étranger dans la cité"

L’assimiler ou le renvoyer ?

lundi 8 février 2010, par Picospin

Est-ce le point de vue du transfuge du parti socialiste vers un horizon plus gouvernemental. Il ne cesse de mobiliser l’étranger dans un sens puis dans un autre ?

Quelles peuvent être les raisons de cet autre acharnement thérapeutique pour guérir la « nation France » que d’aucuns trouvent très malade, aux bords d’un des rares services de soins palliatifs que les hôpitaux publics peuvent encore offrir aux patients en fin de vie, faute de moyens suffisants pour prendre en charge leur corps détérioré et leur esprit pris dans l’angoisse d’un néant à venir, moins souvent que d’un paradis à découvrir. Pour franchir ce pas, on offre maintenant aux intrépides étrangers la possibilité sinon le devoir et l’obligation de chanter la Marseillaise au lever et au coucher pour bien leur rappeler qu’ils vivent sur le territoire français, qu’ils y ont été accueillis et que de ce fait ils doivent manifester aux accueillants reconnaissance, dévotion, adoration, amour, vénération sinon idolâtrie. Dans le cadre de cet accueil et pour être autorisé à pénétrer dans les salons de réception cossus qu’on offre aux migrants venus sonner à la porte dorée, il est recommandé sinon imposé de parler la langue du pays, faute de quoi, on n’aurait plus aucune chance d’être admis à l’assimilation, au port de la carte d’identité et sans doute aussi au chant de l’hymne national. N’y a-t-il pas dans ces exigences le reflet des propres insuffisances d’une culture que l’on voudrait voir dominer le monde, y compris les pays anglophones, véritables rivaux, parfois adversaires sinon ennemis. Comment peut-on recevoir autrement les signes d’ignorance manifestés par le couple qui règne actuellement sur la Maison Blanche et à un moindre degré sur le Capitole enneigé, en guise de punition ? Est-ce pour offrir à « l’Etranger » un modèle de vertu, de culture, de dons qu’on voudrait en haut lieu que les arrivants mouillés par les traversées, décharnés par le manque de nourriture, travaillés par l’angoisse et la cachexie se mettent à chanter à gosier béant les notes composées depuis 200 ans, capables de rassembler sur les stades, dans les classes, devant les monuments aux morts les éléments réunis, fondus, assimilés de ceux qui viennent du dedans et plus récemment du dehors ? Cette ambition peut générer de nobles desseins. Ne serait-ce que ceux d’un apprentissage et d’un perfectionnement du chant par l’émission de notes justes où le LA, traduisez A dans le monde échappant à l’Union de la Méditerranée, serait compté à quelques 437 Herz et où les citoyens, les vrais, pourraient éviter d’économiser le pluriel des S et se pencher sur l’orthographe dérivée des racines de la langue française si amoureusement décrite et vénérée au lieu de correspondre par des onomatopées que même les primates supérieurs auraient envie de jeter comme coquilles de noix. Cela est d’autant plus vrai que l’on vient d’apprendre qu’une équipe américaine – encore eux – a montré la réelle proximité génétique de l’homme et du chimpanzé. Tant mieux pour lui et peut-être pour nous aussi. Et puisque le maitre es nationalité et identité insiste sur la nécessité d’une identité rimant avec similitude, pourquoi ne pas habiller tout le monde avec des uniformes fournis gracieusement par l’autorité suprême, dessinés par une étranger assimilé, Karl Lagerfeld pour ne pas le nommer, ce qui éviterait de poursuivre indéfiniment sinon éternellement le débat languissant du voile intégral ou burqa.