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Déforestation et désertification

Allons-nous perdre nos compagnons ?

Conséquences des comportements de l’homme son frère ?

mercredi 6 août 2008, par Picospin

Cette analyse a été finalisée par les 400 primatologues du groupe spécialisé de l’UICN, lors d’ateliers tenus en Asie, en Afrique, en Amérique et à Madagascar - la grande île abrite à elle seule 92 espèces de primates. Mais le danger n’est pas le même partout.

Si les primates vivent essentiellement dans les forêts tropicales, c’est en Asie que la pression est la plus forte : Cambodge, Vietnam, Indonésie, Laos, Chine sont les pays où le plus grand nombre d’espèces sont en danger. "La déforestation est la première cause de mise en danger des animaux, dit M. Vié. Quand leur habitat a disparu, ils n’ont plus de chance de survie." Mais la chasse est un facteur également très important, qu’elle ait pour objet de se nourrir, comme en Afrique, ou de fournir des substances appréciées en médecine traditionnelle, comme en Asie. En plein développement, la capture de petits primates pour servir d’animaux de compagnie, constitue potentiellement un nouveau péril. Pourtant, tout espoir de sauver nos cousins biologiques n’est pas perdu. "Je ne suis pas pessimiste, dit le président du groupe primates de l’UICN et de « Conservation International, » une des organisations qui ont financé l’étude. Certes, il y a un risque de disparition de plusieurs espèces dans les cinq à dix ans. Mais à la différence d’autres ordres de mammifères, nous n’avons pas perdu une seule espèce de primates depuis 1900." L’incertitude à ce propos existe cependant pour deux petits singes, le colobe bai de Bouvier et le colobe bai de Miss Waldron. "La tendance n’est pas irréversible. On connaît les techniques pour conserver les primates, on sait ce qu’il faut faire. Ce qui manque pour réussir, ce sont les ressources." Plusieurs cas attestent que le pire n’est pas sûr : au Brésil, le tamarin-lion noir et le tamarin-lion doré se portent bien après un long programme de restauration, tandis qu’en Chine, le primate sans doute le plus rare du monde, le gibbon de Hainan, est passé de douze individus vivants il y a dix ans à... dix-neuf aujourd’hui. Mais les réussites restent fragiles : le massacre de gorilles de montagne, à l’est de la République démocratique du Congo, durant l’été 2007, a remis en danger cette espèce que l’on pensait tirée d’affaire. L’écotourisme est un instrument efficace pour favoriser la survie des espèces, en la rendant profitable aux communautés humaines vivant à proximité. Les dispositifs de protection de la forêt qui commencent à se mettre en place dans le cadre du protocole de Kyoto paraissent un outil prometteur. On espère leur généralisation après 2012.

Questionnement éthique :

1. Est-il important pour notre espèce que nous sommes menacés de perdre tout contact avec certains animaux ?

2. Comment concevoir la situation contradictoire pour l’homme que d’un côté il puisse perdre de "vieux amis" comme les singes, les éléphants ou les mammifères marins et de l’autre il ait de plus en plus souvent besoin de compagnons de vie que sont les animaux domestiques et qu’il recherche désespérément pour compenser sa solitude ?

3. Jusqu’à quel point est-il en mesure de communiquer avec des animaux sans utiliser la parole ?

4. La menace de la disparition de certaines espèces ne sert-elle pas de prélude à la dégradation des conditions de vie de l’homme puis à sa disparition de la surface de la terre ?

Sources :

Le Monde 6 aout 2008