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La nouvelle jouvence des vieillards

Allons-nous tous devenir centenaires ?

Comment vieillir en restant jeune ?

vendredi 28 mars 2008, par Picospin

"La jeunesse est le temps d’étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer". "La vieillesse est un état de repos quant aux sens". "Lorsque la violence des passions s’est relâchée, on se voit délivré d’une foule de tyrans forcenés". Voilà des citations écrites par de célèbres philosophes dont certains avaient pu atteindre l’âge de la sagesse. Ils n’étaient qu’une centaine en 1900 à atteindre l’âge fatidique de 100 ans. Autrefois, les centenaires faisaient figure d’oracle avec leur siècle d’histoire sur les épaules. On les examinait et les découpait en fines tranches pour découvrir le secret de leur longévité. Ils n’étaient qu’une centaine en 1900 à dépasser les 100 ans, chiffre qui s’est élevé à 3 760 en 1990 et vient d’atteindre plus de 20 000 selon les statistiques divulguées aujourd’hui par l’Institut National d’études démographiques (INED) dans son portrait annuel de la population française. Au cours des prochaines décennies, leur progression sera freinée, car des classes d’âge moins nombreuses gagnent les sommets de la pyramide.

Après l’âge mur

La vieillesse est l’âge ultime de l’être humain, qui succède à l’âge mûr, appelé aussi par euphémisme le « troisième âge ». Il y a une représentation de la vieillesse qui commence vers l’âge de soixante-cinq ans et correspond à une période de la vie où la plupart des personnes sont retirées de la vie active. Les centenaires restent promis à un bel avenir puisqu"ils qui pourraient être 60 300 en 2050, selon ce même organisme de la démographie et de la statistique. L’espérance de vie ne cesse de progresser si l’on tient compte de cet indice qui résume l’ensemble des risques de décès à la naissance, par maladie, accident ou vieillesse. En 2007, l’espérance de vie a fait un bond qui l’a fait progresser de quatre mois depuis 2006 et dépasser dorénavant 81 ans. On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme. Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Espérance de vie

Les Françaises quant à elles bénéficient d’une espérance de vie supérieure de 84,5 ans (contre 84,2 en 2006), ce qui les place en tête des Européennes, derrière les championnes japonaises. L’espérance de vie des hommes s’accroît également et passe de 77,2 à 77,6 ans. Cette amélioration serait en partie « due à la canicule survenue en 2003 et qui a littéralement tué 15.000 vieillards dans la région parisienne comme cela a été décrit dans le livre de Herbert Geschwind « Rôle des Soins Palliatifs », Paris : L’Harmattan, 2004. Depuis cette hécatombe , la surveillance s’est renforcée. Le recensement mis en place par les mairies ou les visites régulières ont amélioré le dispositif d’alerte qui s’était révélé décisif à ces âges en raison de l’isolement de la population âgée, parfois abandonnée pendant la période des grandes vacances. Depuis cette période noire, on a pris meilleure conscience de la nécessité d’un accompagnement continu, fiable et prolongé pour rompre la solitude des personnes âgées, les faire boire abondamment en cas de grande chaleur et rafraîchir leur corps si sa température s’élève au-dessus des chiffres physiologiques. Cet accompagnement, allié au progrès de la médecine, ouvre des perspectives de longévité inédites. Nous disposons d’une importante marge de progression sur le risque de décès au-delà de 80 ans puisque les limites de la vie sont sans cesse repoussées. La France compte une dizaine de « supercentenaires », âgés de plus de 110 ans.

Moins d’hommes que de femmes ?

Dans cette classe d’âge, les femmes distancent de très loin les hommes car après 100 ans, il ne reste plus qu’un homme pour quatre femmes. Pour tenter de mieux comprendre les mécanismes de cette extrême longévité, des chercheurs sont en train de rassembler des données sur ces grands vieillards dans toute l’Europe. Après 110 ans, le risque de mourir ralentit comme si un vieil organisme avait tendance à se stabiliser. La survie ne dépend à partir de ce moment que des conditions de protection. Les records de longévité ne seraient donc pas l’apanage de la génération que l’on nomme parfois la « bio », née à la campagne au début du XXe siècle, mais ayant bénéficié de soins élaborés dans sa vieillesse sans que l’on dispose de la moindre preuve accréditant l’hypothèse qu’une meilleure alimentation modifie le déroulement de la vie. L’impact le plus décisif reste celui de la médecine comme le suggère l’exemple allemand où, lors de la réunification, si les seniors de l’Est mouraient précocement en quelques années, bien qu’ils aient supporté des conditions de vie plus difficiles, ils ont pu rattraper les moyennes de longévité des pays de l’Ouest. En France, la qualité des soins va permettre l’arrivée de générations de plus en plus nombreuses à atteindre le grand âge. L’Insee prévoit que 17 % de la population aura plus de 75 ans en 2050 (contre 8 % aujourd’hui), ce qui repose la question du financement des retraites.

Un fameux général

Heureusement, les années ainsi gagnées se déroulent dans de meilleures conditions de santé qu’auparavant puisque l’espérance de vie sans incapacité augmente dans les mêmes proportions même si la fin de vie est dépendante des catégories socioprofessionnelles. "On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal", a dit le Général Douglas Mac Arthur aux étudiants de l’Académie Militaire de West Point. "Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme. Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort. Par contre, jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille. Il demande, comme l’enfant insatiable : Et après ? Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie. Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre confiance en vous-même. Aussi jeune que l’espoir propre au sens. Aussi vieux que votre abattement. Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini. »

Questionnement éthique :

1. Comment peut-on traiter les personnes âgées à une époque où la jeunesse emporte tout sur son passage, où on flatte ses potentialités intellectuelles et commerciales car elle est la force conommatrice de demain ?

2. Est-ce que le fait de mettre à la retraite les personnes encore peu âgées mais capables de travailler les diminue ou les déprécie aux yeux des jeunes et des adultés ?

3. Pour quelle raison, les plus vieux ne sont-ils plus considérés comme des sages à l’instar de ce qui se passait couramment pendant l’Antiquité ?

4. La personne âgée doit-elle garder sa dignité et être aidée dans cette tâche par les plus jeunes ?

5. Est-ce que cette démarche est susceptible de les aider dans leur effort pour éviter la rupture entre générations ?