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A propos de l’alimentation rituelle

Animaux agressés ou protégés

Quelle signification pour halal ou casher ?

jeudi 15 mars 2012, par Picospin

C’est au point que le premier des Français a rendu visite au premier de la religion musulmane pour délibérer avec lui du sort fait aux animaux abattus de façon un peu brutale pour en faire de la viande halal si bien vendue sur marchés et grandes surfaces.

Protection

Doit-on protéger l’animal ou du moins clamer la nécessité de se rassembler pour imposer une protection contre les maltraitances bétail sinon de la volaille brutalisée, élevée dans des conditions dignes des camps de concentration ? Cette comparaison hardie ne prend sa signification qu’ si l’on veut bien tenir compte des analyses de plus en plus poussées sous l’égide des neurosciences concernant les niveaux de conscience et partant de sensations douloureuses, éventuellement des souffrances infligées à l’animal par les bourreaux que sont devenus les prédateurs humains et leur conception de la vie animale, fragile et vulnérable que l’éthique incite à protéger en vue de leur éviter les désagréments pour ne pas dire plus consécutifs à l’abattage, en réalité à la mise à mort. Le premier pas vers une humanisation de ces pratiques vient d’être franchi par les recommandations et prochaines mesures à adopter en Catalogne en ce qui concerne les courses de taureau jugées de plus en plus sauvages, injustes et douloureuses envers ces animaux autrefois considérés comme de dangereux combattants contre l’homme et de ce fait condamnables à la mise à mort après une longue période de lynchage et de lutte inégale dont l’animal n’a aucune chance de se sortir. La conception de l’animal au fondement de l’élevage industriel n’est pas celle rencontrée chez Malebranche ou Descartes. Ce dernier s’est engagé dans une théorie sur l’animal selon laquelle ce dernier est dépourvu de tout contenu psychologique et affectif ce qui rendrait sa douleur purement nociceptive.

Une machine ou le vivant

Le conflit ne se situe pas entre ceux qui assimilent l’animal à une machine et ceux qui le considèrent comme un organisme vivant doté de sensibilité mais d’une conception diamétralement opposée de la sensibilité. Les défenseurs des animaux et les éthologues veulent rétablir le concept de sensibilité qui ne serait pas une simples susceptibilité à la douleur et au plaisir mais une réaction d’autant plus riche et nuancée qu’elle dépendrait de la complexité de l’animal et de ses besoins qui doivent être pensés à la lumière des observations déduites de ses comportements. Les animaux d’élevage seraient moins de simples organismes réactionnels dotés d’une structure du moi et d’une disposition affective que porteurs d’états psychologiques témoignant de modifications de leur état intérieur et de la manière dont ils perçoivent le monde.

États d’âme

C’est pourquoi on en trouve de déprimés par pauvreté de l’environnement, ennui ou solitude ou seulement, comme l’homme par manque d’interaction avec leurs congénères, d’autres animaux, voire avec l’homme. Les sentiment de tristesse, de joie, d’inquiétude, d’abattement, de peur n’appartiennent pas exclusivement à l’homme mais sont répandus également entre ces deux espèces. Est-il vrai que les hommes font tout pour dissimuler et se dissimuler leur cruauté et organiser l’oubli et la méconnaissance de la violence manifestée trop souvent à l’égard des animaux qu’ils se gardent d’exterminer du moins aussi longtemps qu’ils peuvent leur rendre des services d’ordre scientifique, comportemental, domestique ou leur servir de compagnon ? Assisterait-on à un déni de sensibilité, un refus de compréhension des animaux qui s’étendraient jusqu’aux confins du négationnisme si populaire de nos jours dans certaines situations relationnelles et empathiques avec des problématiques douloureuses, des jugements critiques ou des défis moraux ?