Ethique Info

Accueil > Société > Anonymat, fourches caudines et énergie...

Concurrence ?

Anonymat, fourches caudines et énergie...

Planification ?

jeudi 27 janvier 2011, par Picospin

Je suis donc bien obligé de croire à l’exactitude, à la vérité et au bien fondé des articles publiés ici ou là par des experts anonymes qui prétendent avec des connaissances suffisantes dans ces domaines pour informer les béotiens que sont quelques-uns d’entre nous, lecteurs anonymes d’écrits encore plus anonymes.

Des décisions étranges

C’est ainsi que nous apprenons les décisions insensées, dans le sens de dépourvues de sens qui seraient prises par un gouvernement qui sait difficilement où il va et qui est peut-être soumis à des pressions encore aussi anonymes profitant à des groupes humains qui risquent de ne pas rester longtemps dans l’anonymat. Si un jour ils remportent in gros marché de l’énergie ils ne tarderont pas à le faire savoir par le récit d’une éclatante victoire prestigieuse et commerciale qui aura sauvé le pays de la misère, de la pénurie et sans doute aussi du chômage. Cette fois, il s’agit d’énergie renouvelable, secteur dans lequel la France serait à la traine pour n’avoir pas osé prendre les décisions appropriées alors que partout ailleurs on se bat avec vaillance pour remporter des victoires technologiques, industrielles et commerciales afin de diversifier les sources d’énergie sans être obligé de se fier exclusivement à une seule ce qui fait monter les enchères, diminuer la compétitions et livre le pays aux fourches caudines des maitres des lieux, en d’autres termes ceux qui imposent leurs conditions et leurs prix en l’absence de toute concurrence tangible, crédible et efficace.

Sacrifice inutile

C’est ce que révèle AgoraVox qui affirme que le gouvernement, contre toute logique économique et industrielle vient de sacrifier la dernière énergie renouvelable qu’il n’avait pas encore anéantie, le solaire photovoltaïque. Après la mise en place d’un moratoire sur les raccordements électriques des installations solaires, voici que la France souhaite instaurer des quotas solaire (comme s’il s’agissait de quotas carbone !), à savoir 500MW par an quand nos voisins allemands sont à 8000MW. La décision du gouvernement a eu pour premier effet l’annulation de plus de 800 millions d’euros d’investissement en création/extensions d’usines de panneaux solaires français et la plupart des fabriquant sont en train de préparer le démontage et la délocalisation des unités de production existantes vers des pays disposant d’un vrai marché. C’est catastrophique. L’UMP réussit l’exploit de précipiter la désindustrialisation verte avant même qu’elle ait commencé tout en favorisant l’arrivée des produits chinois.

Énergie bon marché

Cette énergie, dont nous tirons le bénéfice d’un KWh parmi les moins chers d’Europe grâce au programme nucléaire amorti et l’ignorance d’un certain nombre d’éléments, a réussi en France le pari incroyable de faire oublier les problématiques colossales qu’elle engendre. Ce sont les problèmes de sécurisation et de déchets pour les siècles et les générations à venir, problèmes géopolitiques liés à l’uranium qu’il faut bien extraire (surtout pas en France !) dans des pays très démocratiques comme le Niger avec son cortège d’implications diplomatiques. De ce pays, dont notre fierté nationale tire 30% de son combustible, l’on devrait imaginer qu’il a forcement dû profiter de la manne nucléaire et en tirer profit pour son développement. La France aurait au moins fait cela pour ne pas se permettre de voir notre nucléaire attaqué sur ce plan ! Le Niger et ses 15 millions d’habitants partagent avec une consternante régularité la dernière place de l’indice de développement humain avec 1 ou 2 pays suivant les décennies. C’est même le seul pays en 2010 à être dans la catégorie IDH de moins de 0,350 (Haïti : 0,546).

Présence de la France

La France leur apporte la continuité dans la présence de forces armées pour « stabiliser » la zone, avec un succès discutable marqué par les prises d’otages, les rébellions et un apport démocratique de dizaines de coups d’état. L’opinion publique, même mal informée et hésitante, plébiscite les ENR, les collectivités locales les soutiennent, les industriels qui voient nos voisins européens y investir massivement veulent s’y lancer mais le gouvernement, paraît-il, reste obnubilé par le tout nucléaire. Pour quelle raison ? Est-ce un lobby, une réponse à des engagements préalables qu’il faut honorer sous peine d’accusation de fuite devant les responsabilités ? Pendant ce temps, nos voisins européens structurent des filières de production d’énergies renouvelables, l’Angleterre dans l’éolien off shore, l’Allemagne dans l’éolien et le solaire, le Danemark dans l’éolien. Ces secteurs de les connaissent des croissances colossales, créent des centaines de milliers d’emplois dont ni les structures ni le fonctionnement, ni encore la main d’œuvre ne peuvent être délocalisées. Les perspectives à long terme sont de plus en plus attractives.

Le bord du chemin

Resterons-nous sur le bord de la route à regarder passer les trains d’éoliennes et de panneaux solaires en tentant un ultime appel d’offre pour les EPR ? Sans parler de doter la France d’objectifs plus ambitieux dans les ENR, ne serait-il pas plus judicieux de se donner les moyens de les atteindre plutôt que d’attendre que la concurrence le fasse à notre barbe. En attendant que soient produits les 23% d’énergie renouvelable en 2020 qui n’en seront qu’à 17% lors de l’échéance fixée. Dernière question : quels sont les journalistes qui briguent actuellement une bonne place auprès des médias qui voudront bien se charger de la mission infiniment délicate d’informer leurs lecteurs de ce retard qui dépasse de loin celui des plus mauvais trains circulant sur le réseau ferré : travailleront-ils en musique après avoir joué si longtemps au jeu des chaises musicale, les Dély, le mal nommé, Laurent Joffrin, Marc Olivier Fogiel, Denis Olivennes, ou Nicolas Demorand, tous journalistes de talent et parfois hautement diplômés ? Du beau grain à moudre ? Il paraît que des greffes ont eu du mal à prendre sur certains malades de la presse en attendant celle de la peste. Attendons leur guérison, au moins une rémission…