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Apaisement et espoir ?

lundi 14 mai 2012, par Picospin

Les soins minimum ne sont plus assurés dans des pays aussi dotés que la France où les bas de laine restent remplis à un niveau raisonnable sans être investis dans l’éducation d’une jeunesse à la dérive, d’enseignants au bord de la rupture et d’une désindustrialisation dont on fait des gorges chaudes en France lorsqu’elle touche les voisins britanniques mais qui se refroidissent jusqu’à la glaciation quand elle touche l’activité industrielle nationale.

Agitations

Très agité depuis les 5 mois de son règne sans partage mis à part celui distribué à ses amis de Neuilly et d’ailleurs, son remue ménage permanent a fini de s’éteindre au rythme plus lent et plus réfléchi, plus débonnaire aussi de son heureux rival. Pour l’instant, en l’absence de grands projets pour lui-même sa famille élargie et ses compagnons de route peu diplômés à son instar, il peut envisager avec délectation les avantages d’une République qu’il a choisie en toute connaissance de cause quand elle lui a apporté les bienfaits d’une situation de retraite heureuse, confortable, sinon luxueuse même sans l’aide supposée, espérée ou requise des amis richement dotés comme c’est le cas pour son prédécesseur, logé à titre gratuit ou payant, on ne sait, par une richissime ressortissant du Moyen Orient qui investit ses ressources dans l’immobilier de la capitale française. Pendant ce temps, on commence à se battre sur d’autres fronts à l’exemple de quelques volontaires partis en guerre contre l’appauvrissement systématique et progressif d’une nation qu’il n’a cessé d’envelopper des termes chaleureux de chers compatriotes et qui ont gouté ces preuves d’affection et de protection avec la joie qui sied à l’enfant le matin de Noël après la distribution des cadeaux.

Des racines et des ailes

Il est vrai que le même Président n’a cessé d’insister sur « les racines chrétiennes de l’Europe » ce qui le plaçait d’emblée sous la protection divine, rempart le plus solide et le plus efficace contre la misère qui progresse, la faim qui évite les régimes de Dukan ou d’autres et la pénurie de carburant qui laisse les véhicules au garage ce qui invité au sommeil, à la sieste et à l’utilisation répétée et itérative des moyens de communication électroniques. « Du quinquennat de Nicolas Sarkozy, ils retiennent « la casse du service public hospitalier » et l’abandon d’une éthique de la médecine au service des plus faibles ou des plus vulnérables. Durant ces cinq années, ils se sont organisés en collectifs, ont rédigé des manifestes, des pétitions ou des tribunes, organisé des meetings pour le dénoncer. En dehors des syndicats de médecins, d’infirmières, de praticiens, ils ont voulu faire porter leur voix, plus haut et plus fort que les instances représentatives. À l’heure de l’alternance, nous nous sommes tournés vers André Grimaldi, professeur à la Pitié-Salpêtrière (Paris) et coauteur du Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire publié à l’automne dernier, vers Jérôme Martin, militant à Act Up, et Mathieu Bellahsen, psychiatre de secteur, membre du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, pour connaître leurs principales attentes. »

Urgences

Dans l’immédiat, l’urgence est de faire baisser le prix des soins et revenir à une idée plus égalitaire de la santé : avant la loi sur le financement de la sécurité sociale qui sera débattue à l’automne à l’assemblée, « il faut ouvrir au plus vite une négociation avec les mutuelles et les assurances complémentaires pour augmenter le taux de remboursement de la sécurité sociale et pérenniser notre système de santé », estime André Grimaldi. Aujourd’hui, les mutuelles « sont un lobby très puissant et elles se satisferaient naturellement d’une sécurité sociale qui ne rembourserait, en schématisant à gros traits, que les très pauvres et les très malades, leur laissant tout le reste ». D’essence complémentaires, elles en deviendraient alors nécessaires. Pour ne pas creuser le déficit de la sécurité sociale (estimé à 14 milliards d’euros en 2012), André Grimaldi voit trois décisions à prendre : « 1/ Diminuer les prix des médicaments et, en particulier pour les génériques, les diviser par deux. On pourrait par exemple s’aligner sur les prix pratiqués en Angleterre. Rien que cela permettrait d’économiser un milliard d’euros. 2/ Il faut taxer les producteurs de tabac. Aujourd’hui, toutes les augmentations du prix des cigarettes sont supportées par le consommateur. Il y a un gisement de 7 milliards d’euros sur ce que les producteurs encaissent, qui pourrait servir à la prévention. 3/ Profiter d’une réforme fiscale pour augmenter les recettes de la sécurité sociale en supprimant la moitié des niches sociales où il y a un gisement de 35 milliards d’euros.

Service public

Il faut créer « un service public de la médecine de proximité, comme il existe un service public hospitalier, même s’il a été bien abîmé. Cette structure ferait travailler ensemble des médecins de secteur 1 (conforté et revalorisé), des infirmières, des travailleurs sociaux ». Un hôpital n’est pas une entreprise et ne saurait être géré comme tel. Au pouvoir, le PS supprimerait « la convergence entre établissements publics et établissements privés, car le privé ne porte pas la responsabilité de la formation, de la recherche, ou de l’accueil de tous les publics à toute heure du jour et de la nuit ». Il faudrait parler en budget pour toutes les maladies chroniques et les urgences, et en prix de journée pour les soins de fin de vie où l’on manque dramatiquement de lits. Le grand danger qui nous guette serait la primauté du management sur les soins comme ce fut le cas à Strasbourg où un poste de technicien de soins s’est transformé en poste de codage des soins. Ce n’est pas en transformant les techniciens en codeurs que l’on risque d’améliorer la qualité de la médecine. « L’état Sarkozy nous a transformés en suspects permanents.

Suspicions

Cette démarche concerne autant la médecine que la méfiance lentement instillée dans l’opinion publique qui touche aussi les enseignants et les chercheurs. Il faut des tonnes de justificatifs pour obtenir une autorisation de sortie de l’hôpital pour un patient. » En réaction à son propre discours, Nicolas Sarkozy, assimilant les patients en psychiatrie à des “fous dangereux”, fait allusion à la loi du 5 juillet 2011 sur les soins sans consentement, qui oblige à se tourner vers un juge des libertés pour prolonger l’hospitalisation au-delà de 15 jours et qui permet de contraindre des personnes à des soins, en dehors de l’hôpital. Cette loi est comme un miroir grossissant du pacte social que l’ex Président a proposé pendant cinq ans et que certains adhérents à la gauche ne peuvent ni ne veulent plus tolérer, discours que commence à rétorquer la nouvelle opposition en voie de formation et qui dispose encore d’un peu de temps pour se faire les dents sur des mesures et un art de vivre venu directement d’un passé trop récent pour tomber trop rapidement dans l’oubli, en guise d’apaisement, sinon de renouveau.