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Apprentis sorciers

jeudi 11 mars 2010, par Picospin

C’est tantôt le budget familial à gérer, la santé à assurer avec ou contre des médecins en colère, en tout cas exaspérés par leurs conditions de travail, de fonctionnement et de rémunération, des écoles au rabais qui ne veulent plus enseigner avec de véritables professeurs mais avec des substituts prélevés dans l’extrême jeunesse incompétente et inexpérimentée ou les retraités en bout de course, fatigués par la vie, l’exercice de professions stressantes et l’attraction par de belles voitures dont on ne sait plus si elles seront électriques ou alimentées par des réserves fossiles en voie d’extinction.

. La peur rode, les violences s’exercent à un rythme accéléré et à forte intensité, pour rendre de plus en plus inconfortable une vie souvent morne au cours de laquelle la confiance se relâche et la sérénité se mue en irritation chronique. Dans cette atmosphère, on ne cesse de s’interroger sur l’authenticité d’une crise qui se transforme en bien-être pour les uns, les moins nombreux et devient insupportable pour les autres. Dans un chaos dont on a du mal à écrire l’équation adaptée à sa complexité et la difficulté de sa solution, les esprits risquent de s’écrouler sur eux-mêmes, faute de trouver le tuteur adapté au maintien d’une rigueur nécessaire au maintien de la logique et de la rationalité. Certains finissent par se demander à qui profite le crime si tel est le cas. En ce cas aurait-on besoin d’un avocat capable de défendre la meute des accusés qui ne le sont pas encore, faute de preuves ? Pourtant il en est d’excellents qui gagnent des causes perdues et qui parviennent avec leur talent, leurs astuces, le démontage mécanique des situations les plus complexes et les plus risquées, la rigueur de leur raisonnement à renverser l’issue des procès intentés aux présumés coupables, aux suspects, aux prévenus, aux gardés à vue pour les requalifier en honnêtes gens. Profitant des circonstances tendues, les extrémistes de tous bords montrent le bout de l’oreille surtout si elle est grande, clament leur misère, leurs frustrations, appellent à l’injustice et se plaignent à jets continus des conditions épouvantables de leur vie, de leur misère et de l’incompréhension du monde qui s’agite autour d’eux. Devraient-ils faire un tour au musée de l’horreur absolue, on veut évoquer ici celui des camps de concentration, des camps d’internement et des camps de la mort lorsque les candidats aux chambres à gaz ou à d’autres humiliations et traitements n’avaient d’autre horizon de vie que celui de la fin irrémédiable assénée à toute une génération, à des familles entières y compris les femmes et les enfants. On frémit lorsqu’on apprend que le nombre des femmes arrêtées lors de la rafle dite du Vel d’Hiv était supérieur à celui des hommes. Regardez, si vous en avez l’occasion, le film de l’expérience conduite par un homme – si on peut appeler ainsi un étant qui se livre à de telles expériences – le « travail » pseudo-scientifique commis par un Monsieur bien habillé, en pantalons gris, blouse médicale qui agite pendant de longues minutes un enfant d’une dizaine d’années du haut de ses 2 mètres pour le laisser retomber à hauteur des ses genoux au rythme des cadences infernales autrefois fustigées par les travailleurs de l’industrie. Son visage, pris de profil exprime un sentiment de satisfaction pendant que l’enfant désorienté, en larmes, pris dans cette vertigineuse démence, se demande ce qui lui arrive et quel est le destin préparé par on ne sait quel démon magicien a passé la commande de l’exécution d’un tel exercice. Tout homme peut rencontrer la folie. Foucault l’a analysée, portée jusqu’aux plus hautes marches des chaires universitaires les plus distinguées, les plus honorées et honorables, ne serait-ce que pour commencer le Collège de France, haut lieu de tous les savoirs et de toutes les distinctions. Voilà le véritable destin de l’être humain : dieu et démon selon qu’il gravit les sommets pour en redescendre à l’instar de Sisyphe, qu’il côtoie les marches du Panthéon, qu’innocent, il soit envoyé au bagne comme traitre ou qu’au sommet de sa gloire, il soit promu au rang des meilleurs politiques, des grands écrivains ou des apprentis sorciers sur leur paillasse fabriquant les instruments de la mort comme ceux de la vie. Il parait que par ces temps de crise, ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui ont réalisé les plus grands profits de toute leur carrière. Un exemple à suivre ?... Tout va bien puisque Lyon a battu le Real, ces deux équipes de football ayant investi dans leur équipe des sommes capables de faire frémir d’envie les comptables des restau du coeur, peut-être aussi leur ancien président Martin Hirsch...