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Justices et injustices en Coupe du Monde

Arbitres sans tête et sans yeux ou avec caméra ?

lundi 28 juin 2010, par Picospin

Voilà un sujet tout trouvé pour se pencher sur les erreurs humaines si faciles à excuser qu’on préfère en conserver les conséquences néfastes que d’en améliorer la qualité par la seule introduction des technologies de l’imagerie.

Nouvelles Technologies

Il se trouve que l’être humain le plus cultivé, le plus scientifique, le plus réceptif à la modernité reste récalcitrant devant l’usage répétitif de la machine sophistiquée susceptible de remplacer les capteurs usés des hommes surtout quand ils son vieillissants. D’où une certaine réserve observée face aux propositions unanimes de faire appel à la vision en temps réel des évènements soumis à contestation et de ce fait susceptibles de créer des erreurs avant-coureurs d’injustices flagrantes aux conséquences imprévisibles. Certes, il est facile d’affirmer que le football n’est qu’un jeu et qu’en l’occurrence il reste un simple amusement au service de la multitude des désoeuvrés qui circulent sur la planète comme épaves irrécupérables. Cette assertion est d’autant plus pertinente à une époque où les recommandations et conseils viennent de loin et de haut dans l’encouragement des jeux, du hasard, des opportunités de gains bien plus rapides et importants que le travail intéressant, honnête, souvent difficile mais d’autant plus noble et moralement rémunérateur que le refuge dans le hasard. Ce que les citoyens détestent le plus c’est l’injustice qu’elle qu’en soit la cause.

Exemple du rugby

Au niveau des sports, les rugbymen l’ont parfaitement compris qui ont adopté immédiatement l’usage de l’imagerie pour analyser des gestes ou des situations ambiguës pour lesquelles, en cas de doute, les arbitres exigent de revoir les images vidéo avant de prendre la moindre décision. Il est vrai que depuis longtemps on tend à faire des pratiquants de ce sport des brutes épaisses aux gros muscles hypertrophiés et au cerveau atrophié alors que tout le monde fait semblant de croire que le footballeur a les capacités de parler, de se vautrer dans conférences de presse obscures et mystérieuses et de proclamer leurs gains disproportionnés rapidement investis en logements de luxe, avions personnels et autres engins de transport pour millionnaires désœuvrés. On dit que l’argent pourrit tout ce qu’il touche. Cette notion est sans doute à revoir à la lumière des excès commis au nom de l’appétence pour jeux interdits, refuge dans le hasard plutôt que dans l’activité humaine physique ou intellectuelle et réflexions sur le statut de l’homme millepattes et décérébré. On a accusé les nombreuses personnes de bonne volonté, issues de la politique de trop s’occuper de football.

Compétences

On n’a oublié qu’une chose, c’est qu’elles n’avaient qu’une faible et discutable compétence pour juger les positions de hors jeu, les tirages de maillots et les inextricables positions des jambes et de pieds avant que ne se déclenche le sifflet de l’arbitre pour punir les coupables potentiels. Intrusion de la politique dans le sport ? Et s’il y avait d’autres conflits d’intérêt, si fréquents actuellement dans d’autres domaines ? Par exemple doit-on se poser des questions sur les interventions quotidiennes d’un entraineur franco-anglais sur certains plateaux de télévision ? Ne commente-il pas toutes les rencontres, se livre à des commentaires sur nombre de joueurs avec lesquels il a ou a eu des relations professionnelles à partir de la City à Londres, siège de son quartier général où se traitent des opérations concernant des échanges, recrutements, formations de joueurs professionnels ou sur le point de le devenir alors qu’il est toujours en activité d’entraineur d’une des plus riches et des plus importantes équipes du Royaume Uni ? Conflit d’intérêts ?

Questionnement éthique :

1. Selon la morale utilitariste, une action peut être considérée comme "bonne" si, et seulement si, elle permet d’accroitre "le plus grand bonheur pour le plus grand nombre" et ce, même au prix du sacrifice du bien être de certains. Avant de devenir le célèbre théoricien d’une conception déontologique de la justice, Rawls a été très marqué par l’utilitarisme qui est, dans le monde anglo-américain, la doctrine morale à laquelle l’on se réfère le plus fréquemment.

2. La recherche de la justice constitue donc le principe fondamental, absolument inévitable, presque comme un axiome mathématique.

3. Sa théorie de la justice est construite à partir d’une "expérience de pensée" selon laquelle l’ignorance de notre position réelle, à la fois biologique et sociale, serait la condition de la neutralité nécessaire à l’adoption de règles équitables pour l’organisation de structures de base de la société. Sous ce "voile d’ignorance", un consensus se dégage pour adopter deux principes rationnellement appliqués :

4. Chaque personne a droit à un système pleinement adéquat de libertés de base égales pour tous, compatible avec un même système de liberté pour tous ; dans lequel la juste valeur des libertés doit être garantie.

5. Les inégalités sociales et économiques doivent procurer le plus grand bénéfice aux membres les plus désavantagés de la société ; et être liées à des fonctions et à des positions ouvertes à tous, dans des conditions d’égalité équitable des chances.