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Emirats à la conquête de la pédagogie

Arrivée des Quatari comme un chant d’oiseaux

Quatar contre Education Nationale

mardi 9 août 2011, par Picospin

On en profite pour insister sur l’interprétation variée de cet investissement exceptionnel et probablement disproportionné. Si l’indépendance et la maitrise de la conduite des affaires avaient été laissées aux dirigeants parisiens, français ou éventuellement européens dans le noble but de remporter une victoire contre le racisme, cette intention eut été louable.

Générosité

On aurait pu savoir gré aux Quataris, joli nom d’oiseau venu de paysages exotiques, d’avoir fait l’effort d’un sacrifice financier pour tenter d’effacer du monde les reliquats d’un racisme toujours présent partout et aussi dans les stades. Encore eut-il fallu assortir ces sacrifices financiers – qui n’en sont peut-être pas pour le riche émirat – d’un réel plan de lutte contre le racisme. Le compléter et en faire un instrument de lutte efficace contre cette malédiction eut supposé s’y prendre tout à fait autrement. C’était laisser les initiatives de la reconstruction d’un club digne de ce nom aux véritables responsables d’une association dont le but serait l’éradication de toute trace de différence manifestée par quiconque se targuant de jouer un rôle primordial dans la conduite des affaires sportives. Ce ne semble pas être le cas pour le moment. La première mesure d’autorité qu’a voulu imposer ce généreux donateur a été de recruter à un prix dément une vedette encore loin d’avoir été confirmée et qui jusqu’à ce jour trainait sa silhouette longiligne sur les terrains siciliens. Cette marque d’estime et de qualité supposée ne suffit sans doute pas à faire de cet immigré argentin le porte parole de tous les malheureux de la terre, victimes ici et ailleurs de manifestations de rejet pour raisons de couleur, de corps et d’âme, de différence de pensée ou de langage, de coutumes ou d’éducation.

Éducation

C’est justement de ce thème que je voudrais m’entretenir avec vous aujourd’hui. L’expérience a largement montré jusqu’ici que les clubs de sport en général et de football en particulier augmentaient considérablement leurs chances de développement, de qualité et de succès s’ils avaient incorporé dans leur programme de formation, l’éducation des plus jeunes non seulement dans le sens sportif mais aussi et surtout dans celui de la conduite, des relations avec l’autre, de l’estime de soi et de ses camarades, du respect envers les anciens. Cette restriction ne signifie nullement que soit interdite toute remarque concernant la conduite des affaires sportives et pédagogiques, les réformes à envisager puis à introduire. Former l’esprit sportif, c’est aussi se mêler de guider, de suggérer, de montrer qu’il est des voies d’excellence où les éducateurs de qualité ont leur mot à dire, leurs conseils à prodiguer, leur exemple à promouvoir. C’est cela créer un club sportif sans nécessairement devoir se lancer dans des acquisitions de vedettes surestimées, surcotées et dont le seul mérite serait d’instituer des relations de méfiance et de jalousie entre les participants les mieux payés et ceux qui le seraient le moins.

Conflits en tous genres

Ajoutez à cette supposition, cette hypothèse, celle par laquelle, certains des sportifs les plus mal rémunérés seraient aussi ceux qui marqueraient une différence de quelque nature que ce soit avec leurs coéquipier et voici instantanément créée une situation de conflit, de mésentente et d’atmosphère délétère au sein de l’équipe. A ces conditions clairement énoncées, il n’est pas certains que les conditions d’investissement proposées par l’Émirat dans le club parisien ait été optimisé et devienne garant des résultats spectaculaires et miraculeux attendus impatiemment par une grande partie des supporters du club de la capitale. La somme dépensée pour le transfert d’un messie qui n’en est pas encore un auraient largement permis à des dizaines sinon des centaines de jeunes sportifs de recevoir une éducation intellectuelle, morale, éthique, sportive qui leur aurait assuré la garantie d’une vie consacrée à chercher et trouver un équilibre entre moral et physique. Cet art difficile aurait eu toutes chances de durer indéfiniment, du moins aussi longtemps que la durée de vie elle-même, consacrée au respect de l’autre, à la recherche de la vérité, à la compréhension de l’univers, de ses lois et de la manière optimale de les appliquer y compris celles qui concernent d’autres finalités que celles dévolues à l’humain.

Bienfaisance

C’est dans cet esprit que l’on peut affirmer que si l’intention des dirigeants de l’Émirat a pu être partiellement inspirée par la bienfaisance, son exécution n’a pas répondu aux espérances de tous ceux qui voient dans l’éducation physique, sportive, morale et cognitive le meilleur moyen d’échapper à l’état sauvage et d’entrer dans celui de l’humanisme, voire dans celui de l’empathie, de la solidarité et de tous les apprentissages.