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Le respect du dragon

Au feu du dragon chinois

Doit-on réveiller un dragon qui dort ?

vendredi 11 avril 2008, par Picospin

Les dragons chinois jouent avec une perle de feu. C’est cette dernière qui leur donne leur pouvoir et leur permet de monter au paradis. Les dragons gouvernent les mers et les océans et prennent l’apparence de tornades ou de typhons. Gardiens des eaux, ils sont plutôt bienfaisants, mais ils peuvent être maladroits, se tromper de tâche, s’endormir, voire s’enivrer, cas auquel survient une catastrophe. A ce moment, le fleuve déborde, la tempête ravage les côtes, les sources tarissent et la sècheresse menace.

La statue du dragon

Il faut alors les rappeler à l’ordre, ou même les punir s’ils n’obéissent pas. Si la pluie tarde trop malgré les prières, on sort la statue du dragon hors de son temple pour l’exposer au grand soleil. Car il est bien connu que les Dragons n’aiment pas le soleil…De nombreux dragons hantent le ciel de Chine. Certains poursuivent inlassablement le Soleil et la Lune, provoquant les éclipses. La tête et la queue de la constellation du dragon sont les nœuds de la lune, les points où ont lieu les éclipses. Un grand dragon de feu conditionne de ses humeurs la vie : quand il ouvre les yeux c’est le jour, quand il les ferme c’est la nuit. Son souffle provoque les tempêtes. Le tonnerre est une manifestation de sa colère et de ses combats avec d’autres dragons. Comme je viens de lire dans Agora Vox, le média citoyen une violente diatribe contre les enfouisseurs de la Chine sinon du Tibet, je me suis senti réconforté par cette opinion dont je croyais le seul partisan et détenteur. Partout dans le monde des foyers d’incendie s’allument ou sont allumés. Certains se transforment en feu, d’autres restent sur place et se contentent de devenir une petite flamme parfois récupérée par certains pour s’en servir de lumière éclairant une petite ou une plus grande partie de notre monde.

De l’anti partout

C’est tantôt l’anticommunisme appelé pendant longtemps primaire qui régnait – sans doute à juste titre – quand les staliniens allumaient des incendies à Prague ou Budapest. Toute personne qui ne pensait pas comme on doit le faire, qui dérivaient de la pensée unique étaient considérés comme des individus appartenant à une espèce dangereuse sinon nocive. On allait jusqu’en Amérique où les fameuses commissions d’enquête vérifiaient l’appartenance au parti communiste, interdisaient d’activité toute personne suspecte d’avoir ou de répandre des pensées malsaines et finissaient par exiler tout ce que ce pays comptait de penseurs intelligents, originaux, d’artistes, de créateurs qui refusaient le système capitaliste et rêvaient à d’autres horizons. Le problème n’était pas de savoir si pendant ce temps le modèle marxiste autorisait l’invention et la création. A l’évidence en ce temps là elle était nulle, confinée à un alignement de la pensée sans aucune possibilité de s’en écarter. La question se situait de l’autre côté-là où le réaction au socialisme pur et dur qui enfermait dans le goulag les malheureux artistes créateurs faisait de même ou encore pire. La situation actuelle vis-à-vis de la Chine n’est guère différente. Tout le monde sait que cet empire s’est engagé dans une transformation radicale de sa politique, de son organisation économique en partant d’un régime totalitaire qui ne laisse pas la moindre parcelle de liberté de marge de décision, d’activité. Ce faisant, ce pays subit une évolution qui a des chances de la conduire un jour vers une discrète libéralisation de ses institutions.

Paysage contradictoire

Elle présente maintenant un paysage contradictoire qui associe d’une façon originale mais hautement contradictoire une facette politique inspirée des séquelles de l’ancienne dictature maoïste, rigide, dure, souvent inhumaine et une autre face, celle-là économique qui a ouvert le commerce du pays au monde occidental. Que faire de ce visage caméléon, de ce Dr Jekyll et Mister Hyde à la sauce chinoise, parfaitement antinomique. Les Occidentaux et le Russes y compris montrent bien par leurs attitude volatiles la difficulté que ces structures éprouvent à organiser des relations logiques avec un dragon qui ne cesse de cracher du feu, mais qui, par la chaleur dégagée, invite aussi les étrangers à venir se chauffer près de l’âtre asiatique sans nécessairement devoir s’y brûler les ailes. L’embarras n’en est que plus visible. La Chine n’est pas si loin de l’Europe et de tout l’occident. Comme Alain Peyrefitte l’avait prédit, elle devait s’éveiller et le dragon ouvrir ses grands yeux pour cracher ses flammes dans la bonne direction, celle des pauvres habitants de son pays ou parfois même celle de ses ennemis. Le fait-il en ce moment ? Faut-il l’irriter par des adresses virulentes ou le laisser s’endormir sur sa confortable couche ? Une question pour nous tous ou une solution à portée de main ? Un coté rassurant qu’une grande partie de cette mythologie soit d’origine indo-européenne. Elle possède donc des ressemblances frappantes avec la mythologie germanique, grecque, slave et scandinave.

A chacun ses Barbares

Cette conjoncture est à mettre sur le compte de l’arrivée aux abords de la Chine d’un peuple indo-européen, les Tokhariens, il y a plus de 3000 ans. Les Chinois de l’Antiquité les appelaient les Rong-Chiens (Quan-Rong), le terme « Rong » étant appliqué à tous les barbares occidentaux. Chacun a ses barbares. Les Chinois ont eu les Rong. Rome a eu ses sacs par les Gaulois, les Wisigoths, sinon les troupes de Charles Quint. Rassurons-nous : la Chine n’est pas si loin de la Grèce antique, partenaire à 100% de la communauté européenne. Nüwa, déesse de la fécondité, tient un compas, symbole de la terre ronde et féminine. Chez les anciens Indo-Européens, le ciel était carré et la terre était ronde, alors que pour les Chinois, le ciel rond était posé sur la terre carrée. En outre, Fuxi et Nüwa sont accompagnés par deux soleils. Dans des tombes des Hittites datant de 4000 ans, on trouve des représentations similaires de deux jumeaux, garçon et fille, accompagnés par deux soleils. Ces jumeaux seraient ce que les textes hittites appellent le dieu Soleil du Ciel et la déesse Soleil de la Terre. Nüwa était qualifiée de "grand sage" alors qu’Athéna était connue pour sa sagesse. Nüwa aurait créé les hommes avec de la vase au bord d’un étang. Athéna n’aurait rien fait de tel, mais un même mythe est raconté dans la mythologie grecque : la création des hommes avec de l’argile par Prométhée. Et nous voilà revenus au feu dérobé comme celui que crache le dragon et qui veut brûler dans la vasque des Jeux Olympiques. Personne ne veut y assister, les abstentionnistes ont-ils tort. Que personne ne réveille le dragon qui dort…

Questionnement éthique ou politique ?

1. La fin justifie-t-elle toujours moyens" ? selon Machiavel

2. Pour lui, le but de la politique, est-elle la morale ou la réussite ? (obtenir et conserver le pouvoir).

3. La finalité de la politique est-elle d’instaurer "de bonnes lois" pour le bien du peuple ?

4. Est-ce que Machiavel est vraiment le théoricien du pouvoir personnel cynique ? N’est-il pas autre chose ? Il est aussi le théoricien de la liberté populaire.

5. En défendant l’idée d’une armée de citoyens et non de mercenaires, n’intègre-t-il pas au moyen (la force) et la fin bonne (le bien du peuple) ?

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