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Est-ce que la situation économique est bien la même pour tous ?

Augmentations d’un côté, restrictions de l’autre : quel bilan ?

Quel rendement ?

jeudi 6 novembre 2008, par Picospin

Cette évolution est en contradiction avec les promesses faites par le gouvernement et suit une évolution opposée à celle des sociétés en général qui tendent à restreindre leurs dépenses plutôt qu’à les augmenter et à diminuer radicalement le nombre de leurs collaborateurs au lieu d’en embaucher de nouveaux.

Economie contre économie

Ces tendances sont en harmonie avec le sale temps pour un Etat qui se veut économe, mais qui, dans les faits, à souvent du mal à mettre en pratique cette discipline budgétaire. Après la hausse des dépenses de l’Elysée, après le rapport de la Cour des comptes sur les dépenses de l’Assemblée, c’est au tour des ministères à être mis en accusation. Selon une enquête du Monde, les frais de personnel ont explosé au sein du gouvernement. S’appuyant sur une annexe au projet de loi de finances 2009, le journal constate que les effectifs des cabinets ministériels sont en hausse avec 397 personnes supplémentaires, soit 20% de plus en un an. Les personnels de soutien (sécurité, assistance administrative, intendance ou logistique) sont en hausse de 15%. Ces augmentations de personnels ont eu lieu au moment où François Fillon avait fait circuler un texte à ses ministres, leur demandant de ne pas dépasser 20 conseillers par ministre de plein exercice et quatre conseillers par secrétaire d’Etat. Cette recommandation a été suivie par quelques ministres dont Eric Woerth (Budget), Brice Hortefeux (Immigration), Rachida Dati (Justice), Christine Boutin (Logement) et Christine Albanel (Culture). En revanche, aucun des secrétaires d’Etat ne fonctionne avec moins de six personnes dans son cabinet. Record : Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation, qui emploie 18 conseillers. D’autres membres du gouvernement ont embauché de nouveaux collaborateurs. C’est le cas de Christine Lagarde, qui a recruté en 2008 21 nouveaux conseillers et qui emploie au total 66 personnes dans son cabinet, de Xavier Bertrand, ministre du Travail, qui a embauché 36 personnes en 2008, dont 14 dans son cabinet, de Roselyne Bachelot (Santé) qui a recruté 52 personnes, dont 21 dans son cabinet. Ce qui est plus gênant en pleine crise du pouvoir d’achat, c’est le nombre élevé des « indemnités pour sujétions particulières » accordées aux personnels des cabinets affichent une hausse de 20%.

Beaucoup d’argent dépensé

Au total, ce sont 5 millions d’euros supplémentaires qui ont été accordés aux collaborateurs des ministres et secrétaires d’Etat. Matignon a augmenté de 45% le montant de ces primes (+2,2 millions d’euros), le secrétariat d’Etat aux anciens combattants de Jean-Marie Bockel a quant à lui augmenté ces bonus de 83%. La palme revient au secrétariat d’Etat à la prospective, d’Eric Besson, transfuge du PS, dont les primes ont augmenté de 125%. Dans un communiqué de presse, Matignon conteste les chiffres du "Monde", rappelant que son gouvernement a fait un effort substantiel pour réduire le nombre des collaborateurs qui sont actuellement de 596 membres au total alors qu’ils étaient 650 dans le gouvernement Villepin. Autre rectification : selon le premier ministre, la hausse des primes a été diminuée, car le chiffre pris pour base en 2007 correspond aux huit premiers mois du gouverment Fillon et pas à une année pleine. Enfin, Matignon explique que la hausse des personnels du secrétariat d’Etat d’Eric Besson est en partie explicable par le fait que la charge de travail et de responsabilité de son Ministère a considérablement augmenté du fait qu’il a été chargé, en plus de ses attributions d’origine, de celles de l’Economie numérique depuis mars dernier. Quel bilan peut-on tirer de ces modifications qui ne sont pas anodines, à un moment où tout le monde, et en particulier ceux qui devraient donner l’exemple devraient être assujettis à une obligation de résultats plus que de moyens. Comment établir un bilan réel des actions du gouvernement si l’on tient compte de la forte augmentation des moyens qu’il a cru devoir mettre à sa seule disposition ?

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Voir en ligne : Le Monde