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Quel résultats à en attendre ?

Autonomisation des institutions pédagogiques

Quels moyens mobiliser ?

samedi 7 janvier 2012, par Picospin

On comprend dès lors que ce problème hante les candidats au pouvoir suprême en France, aux Etats-Unis et ailleurs en raison des enjeux des élections présidentielles et de l’amplitude du budget nécessaire à l’accomplissement de cette tâche. Nicolas Sarkozy a répété que le projet de recréer des postes était « irresponsable ».

Campagne électorale

Il a esquissé son programme en matière d’Éducation, une de ses priorités pendant sa campagne. Il a averti que « dans la situation financière qui est la nôtre, nous devons et nous pouvons, dans l’Éducation nationale comme dans les autres services de l’État, faire mieux avec les mêmes moyens et (que) ce n’est pas impossible ». Les syndicats d’enseignants ont aussitôt dénoncé « une attaque libérale » de Sarkozy et « la poursuite de sa politique d’étouffement budgétaire ». En contrepartie des efforts demandés, Sarkozy a promis une augmentation des rémunérations. Mais les enseignants ont été échaudés par les promesses de revalorisation salariale de 2007 qui n’ont pas été tenues. En préconisant l’autonomie, l’autorité, la remise en cause partielle du « collège unique », le Président a repris en grande partie le programme libéral de l’UMP. Il pourrait même enrôler Claude Allègre, et pimenter ainsi le débat. Hollande a condamné un « bilan particulièrement lourd » en la matière et un projet correspondant à un modèle « à l’anglo-saxonne ». Le président du parti radical de gauche a dénoncé « la volonté réaffirmée du Président de poursuivre le démantèlement de l’école publique. »

Conséquences d’une réélection ?

Pour lui, la réélection de Sarkozy en 2012 ouvrirait la voie à une privatisation du système éducatif qui romprait définitivement avec l’ambition de démocratisation et d’égalité des chances de notre modèle républicain. Le député PS, Yves Durand, a exécuté la politique de Luc Chatel en déclarant qu’au lieu d’être le premier recruteur de France, il n’en était réellement que le premier licencieur. Dans le clan Sarkozy, on revient sur l’autonomie, mot clé et mythe à l’usage des électeurs les moins savants dont on attend les résultats avec l’angoisse des initiateurs qui scrutent les opinions, les situations des autres, les moyens réels nécessaires à cette opération et les résultats escomptés. Dans cette affaire, le Président, peu informé sur cette question et ses contradictions s’en va allègrement et à la légère vers des horizons encore nuageux sinon obscurs ou obscurantistes.

Du mythe à la réalité

On ne passe pas du jour au lendemain d’un système depuis longtemps étatisé, syndicalisé, rodé à un fonctionnement totalement opposé où prévaudront les initiatives, les recherches des budgets, les formations des enseignants, leur nécessité d’insertion dans un cadre neuf, jusqu’alors inconnu dans le cadre de la République même si des structures privées, d’ordre essentiellement religieux ont pu trouver des accommodements et de nouvelles énergies dans les capacités désormais autorisées sinon encouragées. On parle dans les milieux gouvernementaux d’une 3è révolution de l’école tout en insistant sur l’importance de la gestion qualitative de l’école, du premier plan attribué à l’apprentissage et d’une refondation plus que d’une révolution, ce dont on se doutait déjà.

Rôle du mérite

Dans ces projets ambitieux, quelle place a-t-on attribué au mérite en tant que valeur centrale pour répondre aux nouveaux besoins de l’économie par l’élargissement de la base de recrutement de l’élite en fonction des aptitudes et de la légitimation de e l’existence d’inégalités dans l’accès aux positions sociales. Comment en particulier adapter sans nouvelle crise les sacrifices financiers des familles au cout des hautes performances exigées par institutions et élèves soutenus par leurs parents, les bourses d’études et le mécénat s’il y a lieu. A moins d’enseigner au plus vite l’histoire d’une femme providentielle, récupérée par les fractions d’un peuple qui croient plus au caractère providentiel d’une femme ou d’un homme déguisé qu’à l’énergie d’un peuple prêt à prendre son destin en mains.

Conclusions :

1. Quels sont les critères d’évaluation décisifs pour une éducation réussie ?

2. Doit-on y incorporer la réussite professionnelle, le contenu du savoir, le désir du savoir ou la perspective de son achèvement ?

3. Doit-on s’éduquer soi-même ou compter sur les autres pour atteindre ce but ?

4. Est-ce que la finalité dernière de l’éducation est celle de devenir un être humain ?