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Autoriser ou non le dopage ?

Dans le sport et ailleurs ?

vendredi 18 janvier 2013, par Picospin

Il est facile de placer le débat sur le dopage à un niveau de moralité compatible avec les positions prises dans le passé par des philosophes comme Kant et tous ceux qui se sont placés avec enthousiasme du côté des valeurs morales dans lesquelles la tricherie joue un rôle si important.

Définition du dopage ?

Le temps serait-il venu de redéfinir ce que cache et révèle ce terme, le plus souvent utilisé par les adeptes de la déontologie qui ont en vue davantage les jeux des enfants que les activités des hommes, des enfants lorsqu’ils sont enfin devenus adultes. Quelle est cette tricherie et si oui, envers qui et contre qui se manifeste-t-elle ? Dans le cas ou les cas qui nous préoccupent, ces manoeuvres ont pour but principal de gagner, de dépasser l’autre, le concurrent mais pas nécessairement l’ennemi. A supposer qu’il en soit ainsi, ce compétiteur est en droit d’invoquer une injustice dont il est ou se croit la victime puisqu’il n’a pas bénéficié ou pu bénéficier des mêmes avantages que son concurrent vainqueur. Si l’on accepte cet argumentaire, l’injustice consisterait surtout à prendre en compte l’existence dès la naissance de dispositions inégales face à ses concurrents, d’avantages inégaux en ce qui concerne le mode de vie, le milieu ambiant, la sollicitude des parents, les conditions d’entrainement, tous bénéfices qu’il est difficile sinon impossible de réduire à un dénominateur commun.

Comment s’en procurer ?

Reste un argument moins négligeable qui est celui de la provenance et des moyens d’acquisition de ces fameux produits dopants qui passent pas des circuits secrets, balisés par les relations, les moyens financiers, les réseaux commerciaux. Tous ces parcours et cheminements sont-ils tellement différents de ceux utilisés dans les relations et la concurrence commerciale qui consiste à enquêter, investiguer, inventer pour dénicher les provenances les plus rentables, comprimer les couts de production, assurer aux producteurs les conditions les plus favorables à l’obtention d’un produit de qualité susceptible de valorisation, de bénéfice, de qualité, si possible de quantité ? Dès lors, en suivant ce raisonnement, le problème se déplace moins de l’absorption ou non de produits dopants, mais de quels produits faire usage pour réaliser la meilleurs performance au moindre cout, c’est à dire celui à payer pour la conservation de la santé, des capacités futures d’exploits, de réussites, de succès sans que soit pris le risque de nuire à la santé individuelle et publique.

Les torts d’Armstrong

Armstrong a eu le tort de ne pas parler dès le début des moyens dont il s’est doté pour réaliser ses exploits après une longue période de déboires qui l’ont obligé à abandonner plusieurs tours de France avant la dernière étape. Pouvait-il agir autrement dans des milieux convaincus dès le début que la prise d’une substance dopante représentait le mal absolu, l’injustice flagrante, la tricherie immonde, toutes qualifications propres à faire descendre le héros de certaines performances du monument dressé par les admirateurs d’un héros de passage, fragile vainqueur, destiné à l’oubli comme tout un chacun. En revanche, travailler dans le domaine de la recherche pour établir le meilleur menu dopant, où le rapport bénéfice risque serait le plus élevé devient le sacrifice d’un héros qui montre aux autres le chemin de la raison, du succès, de la gloire, peut-être du bonheur.

Pas toujours...

« Lance Armstrong a eu raison ». C’est du moins ce que soutient le magazine Wired. Julian Savulescu, professeur d’éthique au centre de neuroéthiques d’Oxford affirme que « la guerre contre le dopage a échoué ». Lance Armstrong n’a jamais été testé positif lors des milliers de contrôles qu’il a subis et estime que 80% des coureurs finalistes au 100 mètres sont ou seront un jour dopés. « Le dopage sanguin et l’utilisation d’hormone de croissances est impossible à détecter, et parce que le dopage imite un processus physiologique normal il sera toujours possible de battre le test. » Selon Andy Miah, professeur de bioéthique à l’université de West Scotland, il faudrait une « agence mondiale pour le dopage » en plus de celle contre le dopage. « En ce moment les athlètes recherchent des substances dangereuses avec des risques significatifs pour la santé, mais avec la structure correcte en place les athlètes peuvent savoir quels risques ils encourent. Le dopage ne va pas à l’encontre de l’esprit sportif.

Trembler

Utiliser ses connaissances pour devenir meilleur a toujours fait partie de l’esprit humain et le dopage a fait partie du sport depuis ses débuts. Le dopage devrait seulement être banni lorsqu’il est significativement nocif par rapport aux risques inhérents au sport, ou va contre l’esprit d’un sport en particulier. Par exemple, les médicaments qui diminuent les tremblements comme les bêtabloquants en tir à l’arc. » On sait par ailleurs que des instrumentistes de musique candidats aux grand concours internationaux n’hésitent pas à prévenir leur stress et son expression par d’irrépressibles tremblements en s’en prémunissant par la prise de produits dits beta-bloquants, traitement par ailleurs recommandé par la Faculté de Médecine dans des pathologies aussi diverses que la maladie de Parkinson en neurologie ou l’hypertension artérielle, la tachycardie dans le domaine cardio-vasculaire.

Slate.fr

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