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Pour éviter les conflits ou les résoudre par la politique...

Avantages et inconvénients du principe de précaution

Négocier est plus intelligent que se battre

mardi 1er juin 2010, par Picospin

Que n’a-t-on dit sur ce principe du sage Hans Jonas qui voulait protéger la planète terre des actes irréfléchis de ses habitants ? Le texte de présentation de ce livre qui depuis longtemps fait la une des cercles les plus intellectuels, les plus moraux et les plus moralisateurs affiche une phrase qui résume en quelques mots le succès obtenu par cette idée, cette prescription capable d’en sauver plus d’un dans l’espace médiatique et politique, dans le philosophique aussi tant il rend de services aux décideurs, des plus entreprenants aux plus hardis, aux plus courageux et parfois aussi aux plus inconscients.

Triomphe de la précaution

Depuis son entrée dans le monde et les mondanités, ce livre, collection de préceptes, de guides et de conseils aux indécis est partout l’objet d’un triomphe. Beaucoup ont vu dans ce mince ouvrage un moyen astucieux de se sortir d’affaire au moment où le destin ou leur propre volonté les a destinés à prendre des décisions historiques par l’ampleur des conséquences attendues et parfois malheureusement ni attendues, ni prévues, ni même, d’après certains prévisibles. Quel synonymes approximatifs entre prévisions, projets, risques, complexité, paris, impliquent d’une part une opinion publique manipulée qui parfois se veut manipulatrice et sa confrontation avec des « fondamentaux » imprécis, mal digérés, incertains et versatiles à l’instar des pensées des aspirants à diriger le monde sans attendre les retombées de leurs féérie, de leur imaginaire et de l’expérience récupérée de leurs ascendants, pénétrés d’histoire, de fortunes diverses, d’anecdotes et de plus d’affects et de sentiments et passions que de raison. L’idée de cette nouvelle prudence qui sonne mieux que ce dernier terme est entrée dans une phase qui incline à la bienfaisance en face de la malfaisance, de l’abstention contre l’activisme et de la paresse contre le travail, l’analyse, la déconstruction et le décryptage.

Pourquoi ?

Beaucoup des thuriféraires du « précautionnisme » ont perdu le sens des réalités d’autant plus qu’ils se sont volontairement ou par accident laissé aller à oublier le vrai sens de la liberté, qui reste le grand argument du philosophe anglais Locke lorsqu’il affirme qu’il n’y a pas de liberté là où il n’y a pas de loi. Et d’ajouter que dans la condition naturelle de l’homme il n’y a pas de loi ou du moins pas de loi connue et établie. Pour être libre, l’homme doit se faire législateur ce qui parfois, du fait de l’ignorance des réalités risque de rendre la situation pire qu’elle n’était auparavant. C’est pour cette raison qu’est prônée la satisfaction du désir de la conservation de soi, obstacle à la paix entre les hommes mais grande force pour y aboutir. La tâche de la raison est de comprendre, de pacifier et d’orienter la passion de manière constructive tout en ayant conscience du péril possible capable d’engendrer un malaise susceptible de pousser sur la voie de la violence.

Sagesse

Le sage au contraire doit canaliser, encourager, protéger le désir de conservation dont il faut faire le fondement de la loi, de la liberté, de l’abondance et se la sécurité. Si l’on admet que la passion constitue la puissance suprême dans la nature humaine, il convient d’accorder à la raison la fonction de servir le désir puissant et universel pour l’orienter ver sa satisfaction. Il ne s’agit pas dès maintenant, après une expérience aussi limitée que brève portant sur des secteurs d’activité en nombre restreint de fustiger le principe de précaution, trop souvent utilisé à tort dans un sens négatif mais au contraire de se servir de cette arme défensive à la fois contre des décideurs inquiets, angoissés, figés dans l’immobilisme et des hommes d’état à l’enthousiasme démesuré, à la recherche perpétuelle de l’hubris. A-t-on bien pensé au principe de précaution au moment du choix pour l’équipe de France d’un hôtel, le plus cher au choix entre toutes les équipes ce qui fait de notre team le rapport qualité des performances prix de revient le plus disproportionné et le moins rentable de toutes les équipes présentes en Afrique du sud ?

Questionnement :

1. Faut-il préférer le quoi ou le comment de l’agir dans le débat sur l’intention subjective ?

2. Est-ce que l’objet dans le monde comporte une revendication à notre égard ou reçoit-il sa signification par le choix de notre intérêt passionné ?

3. Est ce que l’éthique de conviction n’est que la poursuite inconditionnelle qui ne s’intéresse à nulle autre conséquence que celle du succès possible qui estime que nul prix imputable à la collectivité n’est trop élevé et que le risque d’un échec vaut la peine d’être couru ?

4. Est-ce que l’unilatéralité et le fanatisme sont bien des circonstances défavorables à la responsabilité qui réclame un jugement circonstancié pour harmoniser plusieurs buts et répartir les risques ?

5. Est-ce que le fait de confier l’avenir de la jeunesse à un tournoi de sports où des paris pourront être enregistrés se situe bien dans la ligne des précautions à prendre pour que la jeunesse développe son intelligence et ses capacités en vue de laisser la planète propre et apte à la construction d’édifices et d’institutions capables d’enseigner la pédagogie, la culture, les connaissances et les arts ?

6. Est ce qu’économiser sur le dos des enfants à éduquer est bien la manière idéale de construire l’avenir d’une société libre, développée, maitrisant le savoir et apte à organiser l’avenir des générations futures ? N’y-a-t-il pas des économies à réaliser ailleurs qu’en matière d’éducation qui doit être prioritaire sur toutes les autres activités et intentions de la société ?

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