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Et si on parlait d’autre chose ?

Aventures en Andalousie : une équipée avec Maimonide

Par exemple des relations entre cultures et religions au Moyen Age ?

mercredi 22 avril 2009, par Picospin

Il a étudié toutes celles que l’on connaissait en Espagne musulmane à l’exception de la politique. On y voit aussi des allusions à Platon, aux Pythagoriciens même si leur doctrine sur l’harmonie des sphères est rejetée par Maimonide, à la suit de l’opinion d’Aristote, à Epicure, à Galien dont Maimonide conteste les thèses sur la médecine et la philosophie.

Les copains de Maimonide

La place la plus importante est réservée aux philosophes arabes comme Al-Farabi, que Maimonide tenait en haute estime. On trouve dans la pensée de Maimonide et des philosophes arabes les échos des discussions sur le problème de l’au-delà et de la survie de l’âme individuelle après la mort, les remarques à propos de Platoniciens et des Aristotéliciens sur la structure de la cité et de la société. Les théories sur la physique céleste et l’astronomie ptolémaïque recoupent les pensées d’Averroès. Le patrimoine hispano-mauresque est la référence privilégiée de la création littéraire judéo-maghrébine. Spirituellement tous se réclament de glorieux âge d’or andalou et en revendiquent l’héritage. La solidarité scellée entre l’Espagne et l’extrême Maghreb par des échanges culturels constants et féconds et le souvenir gardé obstinément de cette période de faste intellectuel et de prospérité matérielle sont la raison fondamentale de cette prédilection des lettres marocaines pour ce chainon de la tradition juive. Les grands moments de l’itinéraire mystique du judaïsme maghrébin sont marqués du sceau de la création des kabbalistes émigrés et de leurs disciples jusqu’à la diffusion des doctrines des écoles de Safed et de Tibériade.

Un roi respecté

Il faut souligner la fidélité vouée à la mémoire de SM Mohammed V par tous les juifs marocains restés sur place ou dispersés, à l’époque douloureuse où le fascisme de Vichy voulait imposer ses lois scélérates et le statut des juifs dans le royaume chérifien, tandis que sous le règne de SM le roi Hassan II, la communauté juive, en dépit d’une diminution nette, vit une ère de tranquillité et de prospérité. Le judaïsme maghrébin et marocain a cultivé avec son environnement dans l’intimité du langage et l’analogie des structures mentales une dose non négligeable de symbiotisme, voire de synchrétisme religieux, une solidarité au niveau d’une mémoire et d’une conscience développées au plan de l’imaginaire social, des manifestations de la vie quotidienne et des moments privilégiés de l’existence, au plan du paysage culturel quand on pose un regard sur les apports multiples des civilisations hébraïque, berbère, arabe, castillane, sur la production littéraire, sur tout un espace de convergence, un lieu de compromis, un univers où toutes ces sociétés maghrébines ont puisé la même substance. L’idéal de haute culture prôné par un philosophe du 12è siècle ne pouvait s’adresser qu’à une petite élite, seule en mesure de se consacrer toute la vie durant à l’étude.

Un sacré programme

A trois ans, on commence l’enseignement de la lecture avec les voyelles, les syllabes, les lettres, puis à 4 ans les premiers livres de la Torah sous forme de cantilation et traduction en arabe. A 6 ans, le Pentateuque est repris dans sa traduction araméenne qui est une initiation à la langue du Talmud. Suivent les prophètes, puis les hagiographes toujours avec la traduction araméenne et arabe. A partir de 13 ans, une partie de son horaire sera consacrée au Talmud dans le texte babylonien. Ensuite, on préconise l’étude du « Mishneh Torah, oeuvre majeure de Maimonide et élément indispensable à une éducation morale considérée comme fondamentale. Au terme de cette formation, il ne reste plus au jeune homme qu’à se marier pour convoiter moins la beauté et la fortune que la vertu, dans le choix de l’épouse.

Approche de l’utilitarisme

L’utilitarisme est une doctrine éthique qui prescrit d’agir ou de ne pas agir, de manière à maximiser le bien-être du plus grand nombre des êtres sensibles. Elle véhicule l’idée que la valeur morale d’une action est déterminée uniquement par sa contribution à l’utilité générale. Elle est donc une forme de conséquentialisme, ce qui signifie que la valeur morale d’une action est déterminée par l’ensemble de ses conséquences. On peut résumer le cœur de la doctrine utilitariste par la phrase : "Agis toujours de manière à ce qu’il en résulte la plus grande quantité de bonheur" (principe du bonheur maximum). Il s’agit donc d’une morale eudémoniste, qui, à l’opposé de l’égoïsme, insiste sur le fait qu’il faut considérer le bien-être de tous et non le bien-être du seul agent acteur. La notion d’utilité n’a pas chez les utilitaristes le sens qu’on lui attribue couramment. Ce qui est « utile » désigne ce qui contribue à maximiser le bien-être d’une population. C’est en ce sens particulier qu’on peut parler du calcul de l’utilité d’un acte, ou qu’on peut comparer les utilités de différentes actions ou règles. La pensée utilitariste consiste à peser le pour et le contre d’une décision et comparer cette dernière aux avantages et désavantages de la décision inverse. C’est Jeremy Bentham qui introduisit le vocable en 1781 et qui tira de ce principe les implications théoriques et pratiques les plus abouties. Le principe éthique à partir duquel il jugeait les comportements individuels ou publics était l’utilité sociale. Pour reprendre la formule bien connue, « le plus grand bonheur du plus grand nombre ». Cette notion n’est-elle pas présente à chaque coin de phrase chez Maimonide plusieurs siècles avant l’élaboration de ce concept, loin d’être épuisé an notre début de 21è siècle.

Questionnement éthique :

1.Cet écrit fait-il référence directe ou indirecte au mal, au diabolique ?

2.De quel ordre est ce mal : physique, moral, métaphysique ?

3.Le texte en précise-t-il le pourquoi ?

4.Le mal est-il lié à un drame de la création, avec un tragique où le divin devient diabolique, avec une transgression libre de l’homme dans une création parfaite ?

5.L’auteur fait-il référence à une théodicée ?

6.Comment sa théologie tient-elle compte du mal ? Est-ce qu’elle préserve la bonté de l’homme malgré la faute d’Adam ?

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