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Qui s’attaque aux téléphones portables ?

Avertissements ou rumeurs ?

Où se niche la science dans ces propos ?

lundi 16 juin 2008, par Picospin

Nous ne nous en passerons plus », estiment David Servan-Schreiber et les 19 autres signataires d’un « Appel concernant l’utilisation des téléphones portables » émis par l’auteur du best-seller « Guérir » et professeur de psychiatrie à l’Université de Pittsburgh et relayé par le Journal du Dimanche. Parmi les signataires figurent une majorité de cancérologues français ou étrangers. S’ils conviennent qu’ « à ce jour, les études épidémiologiques existantes sont insuffisantes pour conclure de façon définitive que l’utilisation des téléphones portables peut se trouver à l’origine d’un risque accru de tumeurs ou d’autres problèmes de santé », les signataires souhaitent « faire part aux utilisateurs des mesures de précaution les plus importantes à prendre », susceptibles selon eux de réduire les risques éventuels pour la santé.

Le principe de précaution !!!

« Nous sommes aujourd’hui dans la même situation qu’il y a cinquante ans pour l’amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu’il y a un faisceau d’arguments scientifiques inquiétants », explique Thierry Bouillet, cancérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny et signataire de l’appel. Ils préconisent ainsi de ne pas laisser les enfants de moins de 12 ans utiliser de téléphones portables, de maintenir le téléphone le plus loin possible du corps en utilisant un kit main-libre ou le mode haut-parleur de l’appareil. Il faut aussi, selon eux, éviter de garder un portable allumé sur soi, et dans le cas contraire, diriger la face équipée du clavier, jugée moins nocive, vers le corps. Pendant la communication, ils conseillent de changer le portable d’oreille régulièrement, de se limiter à des conversations courtes, et d’utiliser de préférence les SMS. Enfin, ils préconisent d’acheter un appareil doté d’un « Débit d’Absorption Spécifique » (DAS) le plus bas possible. David Servan-Schreiber propose sur son site un classement des DAS des modèles actuels selon les données communiquées par les opérateurs français. Cette invitation à la prudence laisse pantois. Quelles sont les connaissances spécifiques d’un médecin, qui se dit psychiatre à Pittsburgh, dans le domaine de la physique pour énoncer des avertissements qui sont revêtus du sceau de l’officialité et qui entraîne avec lui des cancérologues français qui amplifient les exigences de précaution. Ce qui est pire, c’est la comparaison avec une situation antérieure comme celle de l’amiante et du tabac et des dangers inhérents à l’utilisation du téléphone dont on ne sait pratiquement rien et qui implique des « scientifiques » qui n’ont aucune autorité pour se prononcer sur ce sujet. Nous en sommes au stade de la rumeur et non pas des faits comme le reconnaît le texte publié dans la presse. Ce dernier explique ouvertement que les études actuelles sont insuffisantes pour conclure à un risque accru de tumeurs et autres problèmes de santé.

Quels problèmes de santé ?

Non seulement le texte est incorrect du point de vue de l’application de la langue française car on ne comprend pas clairement ce que signifie « risque de tumeur » mais de plus il ouvre un vaste horizon de malheurs à venir comme « risque accru …d’autres problèmes de santé ». On aimerait apprendre de la part des médecins signataires de cette mise en garde à quel type de maladie ils font référence. S’agit-il de lésions survenant dans la sphère oto-rhino-laryngologique, neurologique, faciale, cérébrale, ou au contraire de toute dysfonction susceptible d’atteindre un organe à distance de l’émetteur d’ondes électromagnétiques qui sont caractérisée par deux composantes vectorielles orthogonales : un champ électrique E et un champ magnétique H. Cette onde se déplace dans le milieu avec une vitesse v qui dans le vide est égale à la vitesse de la lumière. C’est un modèle utilisé pour représenter les rayonnements électromagnétiques et qui est associée à la notion de photon. Quand il s’agit d’une onde lumineuse, l’onde électromagnétique atteint une longueur d’onde correspondant au spectre visible, qui se situe entre 380 et 780 nm soit 1.5 à 3 eV. une onde électromagnétique peut s’analyser en utilisant l’analyse spectrale ; on peut décomposer l’onde en ondes dites « monochromatiques » qui peuvent se modéliser par un dipôle électrostatique vibrant, qui reflète les oscillations du nuage électronique d’un atome intervenant dans la diffusion Rayleigh selon le modèle de l’électron élastiquement lié.

Retour à la physique

La polarisation correspond à la direction et à l’amplitude du champ électrique qui pour une onde non polarisée, ou naturelle, tourne autour de son axe de façon aléatoire et imprévisible au cours du temps. Polariser une onde correspond à donner une trajectoire définie au champ électrique. Il y a plusieurs sortes de polarisation selon qu’elle est linéaire quand reste toujours dans le même plan, circulaire quand le champ magnétique tourne autour de son axe en formant un cercle ou elliptique,quand le champ magnétique tourne autour de son axe et change d’amplitude pour former une ellipse. Dans un milieu homogène et isotrope, l’onde électromagnétique se propage en ligne droite. Lors de la rencontre avec un obstacle, il y a diffraction ; lors d’un changement de milieu, il y a réflexion et réfraction, il y a aussi réfraction si les propriétés du milieu changent selon l’endroit (hétérogénéité). Lors d’un changement de milieu de propagation, une partie de l’onde électromagnétique repart vers le milieu d’origine, c’est la réflexion. Le cas le plus connu de la réflexion est le miroir, mais celle-ci concerne également les rayons X (miroir à rayons X) et les ondes radio : réflexion sur la ionosphère des ondes mégahertz, antenne parabolique, réflexion sur la Lune… Lors d’un changement de milieu de propagation, si le second milieu est transparent pour l’onde, celle-ci se propage dans le second milieu mais avec une direction différente. Cela concerne bien entendu la lumière (lentille optique, mirage), mais aussi les ondes radio (réfraction des ondes décamétriques dans la ionosphère). Lorsqu’une onde rencontre un atome, elle se diffuse sur celui-ci, elle change de direction. On distingue la diffusion Rayleigh, dite « diffusion électronique », au cours de laquelle l’onde ne change pas de longueur d’onde, la diffusion Raman qui est une diffusion électronique avec diminution ou augmentation de longueur d’onde. Comme toutes les ondes, les ondes électromagnétiques peuvent interférer. Dans le cas des radiocommunications, ce phénomène provoque un parasitage du signal. L’interférence d’ondes diffusées porte le nom de diffraction.

Photons

La notion d’onde électromagnétique est complémentaire de celle de photon. En fait, l’onde fournit une description plus pertinente de la radiation pour les faibles fréquences (c’est-à-dire les grandes longueurs d’onde) comme les ondes radio.L’onde électromagnétique représente:la variation macroscopique du champ électrique et du champ magnétique et la fonction d’onde du photon, c’est-à-dire que la norme au carré de l’onde est la probabilité de présence d’un photon. Lorsque le flux d’énergie est grand devant l’énergie des photons, on peut considérer que l’on a un flux quasi-continu de photons, et les deux notions se recouvrent. Ceci n’est plus vrai lorsque le flux d’énergie est faible (on envoie les photons un par un), la notion de « variation macroscopique » (moyenne) n’a alors plus de sens. Le flux d’énergie est donné par le vecteur de Poynting. Chaque photon « emporte » une quantité d’énergie déterminée, valant E = h•ν, h étant la constante de Planck et ν la fréquence. On peut ainsi calculer le flux de photons à travers une surface.La théorie ondulatoire de la lumière a été développée par Huygens dans les années 1670, et par Augustin Fresnel. Elle s’opposait à l’époque à la théorie corpusculaire, défendue par René Descartes. Huygens travaillait principalement sur les lois de réflexion et de réfraction, Fresnel développa notamment les notions d’interférence et de longueur d’onde. Les approches ondulatoires et corpusculaires furent réunies par Albert Einstein lorsque celui-ci établit le modèle du photon en 1905, dans ses travaux sur l’effet photo-électrique. La grande avancée théorique fut la synthèse des lois de l’électromagnétisme par Maxwell dont les équations prédisaient la vitesse des ondes électromagnétiques, et la mesure de la vitesse de la lumière démontra que la lumière était de nature électromagnétique.Les ondes radio, à basse fréquence et grande longueur d’onde, furent découvertes à la fin du XIXe siècle avec les travaux notamment de Hertz et de Tesla. Les rayons X, à haute fréquence et faible longueur d’onde, furent découverts par Röntgen en 1895.

Inquiétudes ?

Qu’appelle-t-on faisceau d’arguments scientifiques inquiétants ? ou encore « débit d’absorption spécifique » ? Sous condition de recevoir des éclaircissements au sujet de ces formules, il est difficile de porter une attention sérieuse à ces dénis de vérité scientifique à moins de considérer que tout élément utilisé de façon répétitive doit être considéré comme nocif sinon dangereux, ce qui reviendrait à dire que pour éviter risques et dangers, le mieux est de commencer par ne pas vivre.

Questionnement éthique :

1. Doit-on vérifier sérieusement les sources des rumeurs qui se propagent par l’intermédiaire de la société, des médias ou de bouche à oreille ?

2. N’y a-t-il pas un certains danger à les laisser propager sans essayer de rétablir la vérité et la réalité des faits racontés ou imaginés ?

3. Dans le cas qui est mentionné ci-dessus, quelle est la légitimité des personnes et du groupe signataire pour qu’ils se permettent de diffuser des informations non contrôlées, non vérifiées et qui de ce fait doivent être soumises à investigation ?

4. Dans la présentation des conseils et recommandations suivant les informations diffusées, n’y a-t-il pas des raccourcis troublants, des affirmations gratuites, des comparaisons étranges avec des phénomènes déjà affirmés et dénoncés depuis fort longtemps pour jeter l’angoisse et le doute au sein de la partie la plus crédule de la population ?

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Source :

Le Figaro : 15/06/2008

Appel à la prudence face aux téléphones portables
Laurent Suply (lefigaro.fr) avec AFP
15/06/2008 | Mise à jour : 13:53 |

Messages

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