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Qui veut sauver la Libye ou fournir un alibi ?

Avions er taxis pour Tobrouk

Qui veut passer le premier ?

dimanche 13 mars 2011, par Picospin

Après avoir reçu en grande pompe le grand Guide libyen escorté par femmes et éléphants, le voilà qu’il se précipite sur ses adversaires directs pour les bombarder et proposer à ses « alliés », on ne sait pas encore lesquels, à organiser des « frappes aériennes » sur les restes de son AMI, autrefois reçu triomphalement à l’Elysée.

Trop de victoires

On était très fier dans les milieux gouvernementaux d’avoir récemment remporté des victoires impressionnantes comme si on avait été engagé dans une compétition sportive. De la sorte, on se précipité sur tout annonce présentant un côté concurrentiel, même lorsqu’il s’agit de fêter la victoire d’un concurrent français qui vient de remporter la victoire d’un des hommes les plus riches du monde. C’était le cas d’Arnault qui se situe actuellement sur un podium quand il vend des produits de beauté aux Brésiliennes ou aux Américaines. Fierté et orgueil, nous gagnons partout que ce soit en handball avec les experts, sur les skis avec les vaches du salon de l’agriculture et maintenant avec ou contre les Libyens quel que soit leur côté, celui de Kadhafi avec ses avions livrés par le France ou celui de ses opposants qui aspirent à la liberté.

Livraisons : statue de la Liberté

On devrait leur livrer une statue de la Liberté pour qu’ils pensent à l’assistance de la France qui voudrait bien ne pas rester seule à s’occuper du pays de l’autre côté de la Méditerranée mais partager les frais de mission dont on connaît depuis quelques semaines le cout élevé pour l’avoir entendu de la bouche des voyageurs de la dernière heure. Ils n’ont pas cru devoir hésiter à prendre le dernier taxi pour Tobrouk pour acquérir à bon prix les offres les plus alléchantes pratiquées par les soutiens du Guide éclairé qu’on aimerait encore applaudir, assis sur son éléphant. Pour résoudre l’imbroglio de la Libye, la compétition est à son comble, ne serait-ce que pour savoir qui sera le premier à reconnaître les adversaires du gouvernement en place dans un pays dont on aimerait bien qu’il participe à l’Union pour la Méditerranée.

Course de vitesse

Il se trouve que dans cette course de vitesse pour juger qui sera le premier à reconnaître le gouvernement des rebelles, notre Président a remporté une éclatante victoire en arrivant largement en tête d’un peloton où l’on ne se bousculait pas pour remporter le premier prix. Quelles que soient les vicissitudes de cette aventure, on sait déjà que le « care », la préoccupation de soins affichée par la France aura tôt ou tard ses effets, sans doute même rétroactifs si l’on doit les recevoir en équivalent pétrole et aide au redressement du pays. Dans cette bataille, la source de revenu importe peu, l’essentiel étant que le fameux et « cher » liquide jaillisse du pipeline pour se déverser directement dans les automobiles françaises à l’essence plus qu’à l’électricité ce qui autoriserait « éthiquement » à augmenter les taxes pour équilibrer les finances du pays au détriment des riches ou des pauvres, on ne sait pas encore très bien qui sera choisi pour bénéficier de cette aubaine.

Tourisme

Après quoi, les futurs touristes seront de retour dans le pays pour profiter du soleil, de la mer et des prix bas pratiqués par les hôtes au nom de leur tradition d’accueil. L’histoire apprend aussi aux cancres qu’autrefois le Général de Gaulle avait été le premier à se rendre en URSS pour y conclure des accords ce que Nixon, « honnête homme » de la politique américaine avait aussi réalisé avec la Chine. La diplomatie a des secrets qui échappent parfois à l’entendement humain mais certainement pas à celui des diplomates et leaders politiques.

Questionnement éthique :

1. Y a-t-il un risque sérieux d’oublier toute éthique ?

2. En ce cas, est-ce une priorité que de vouloir chercher à le prévenir ?

3. Est-ce que l’éthique affirme sa présence au sein des institutions politiques à travers un nouveau principe qui n’existait pas chez les philosophes de la tradition, le principe de précaution, pensé à travers le principe responsabilité ?

4. Quels sont les risques reconnus comme valables et dignes d’être pris en compte du point de vue éthique ?