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Baccalauréat et fausses notes

mardi 5 juillet 2011, par Picospin

Elle parait bien l’être dans l’esprit des gens car pour la plupart des adultes elle a marqué l’entrée dans la vie d’adulte, avec ses aspects professionnels, l’allongement du cordon ombilical qui s’étire à cette occasion de leur domicile d’enfant auprès de la protection de leurs parents à la prise d’une autonomie encore partielle pour les uns, plus complète pour les autres.

Épreuve ou obstacle

Cette épreuve marque aussi celle d’une certaine estime de soi sous le jugement parfois injuste et injustifié d’une nuée d’enseignants devenus correcteurs l’espace d’une courte période pour servir de juge des efforts accomplis par l’élève, du niveau d’excellence qu’il a atteint au terme de cette période et de l’avenir qu’il est en droit d’espérer au vu des résultats obtenus et des horizons qui se dessinent pour lui à l’issue de cette probation avant l’entrée dans la vie dite active. Comme si la précédente ne l’avait jamais été ? Cette année, c’est à un tout autre exercice que nous sommes conviés par un gouvernement aux abois qui ne sait comment se tirer d’affaires devant des élections menaçantes, des retraites imparfaitement distribuées et des fonctions ministérielles instables, objets de convoitises d’autant plus inquiétantes qu’elles donnent lieu à des menaces sordides pour recevoir des portefeuilles ministériels. A défaut de formation, de maturation, d’expériences de la conduite des affaires, cette manne venue d’un ciel incertain, entre soleil et nuages, et le plaisir et l’honneur de s’en emparer suggère au moins que la dite réception du cadeau princier confère des avantages bien supérieurs à ceux imaginés par les plus modestes citoyens du pays.

Sur le perron

La sortie de ces privilégiés au terme d’un conseil des Ministres évalue la température du chef, celle des promus et celle des rétrogradés, comme cela se passe en réalité après le bac, épreuve d’endurance et de saut d’obstacles similaire à celle que subissent les adolescents des peuples de la forêt tenus de franchir des barrières seules capables de leur ouvrir les portes de l’avenir. Les dieux de l’éducation cette année ont été aussi mesquins de générosité et de récompense que ceux chargés de distribuer les bons points à ceux qui ont bien mérité de l’Etat pour avoir sacrifié leurs salaires et leur retraite au bénéfice d’une communauté dont la gestion pour le moins avait été incertaine. Mauvaise saison disent les agriculteurs quand un implacable soleil assèche les rivières, les cours d’eau et les fleuves, ne se préoccupe plus des fourrages pour nourrir les enfants des dieux et jette encore plus tôt que d’habitude les apprentis vacanciers sur les plages au bord de mers polluées pour s’y faire brûler par le feu de Phébus et caresser par des méduses venues spécialement du Japon à cette occasion.

Hostilité de la nature

Ces soubresauts d’une nature hostile allaient cette année de pair avec les incohérences d’un système scolaire souligné par les aléas d’une évaluation en manque d’organisation, perturbée à souhait par les nouveaux outils de la communication saisis plus promptement par les examinés que par les examinateurs. Ces derniers ont été pris de panique devant l’éruption des réseaux d’information mis au point par leurs élèves ce qui montre au moins que ces derniers ont su saisir à brule pourpoint les éléments significatifs de la chose enseignée depuis le début de l’année universitaire. A l’issue des tornades et grêlons reçus sur leurs têtes, on ne peut que se demander comment les réformateurs de la 5è République avec leur Chef réformateur à la tête vont s’y prendre pour enseigner quelque chose d’utile et d’agréable à des générations dont ils ont voulu ardemment prendre la responsabilité pour tirer à eux la couverture des éventuel succès ainsi obtenus. Encore convient-il de se demander ce que succès veut dire en pareille circonstance ? On s’accorde généralement à penser que la réception à Polytechnique aurait moins d’impact sur les âmes de hommes que de transformer les larves de la naissance en insectes vigoureux capables de participer à l’édification de la ruche pour produire le miel bon au gout et nourrissant toutes les abeilles.