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A quoi sert-il de réviser ?

Bachotage, examens et mémoire à court terme

Combien de temps peut-on garder des notions fraiches ?

jeudi 17 juin 2010, par Picospin

C’est ainsi qu’on appelle ces barrages placés à la sortie de la jeunesse et à l’entrée dans l’âge adulte. Pourquoi autant de cloisons, de murs, de prisons, de freins à l’épanouissement de la vie, à la joie de vivre, à l’enthousiasme d’être né, de bénéficier d’un accès au savoir moins pour le monnayer que pour s’enrichir de réflexions, de jugements, de manipulations de la pensée dont à terme doit émerger une conception renouvelée sinon originale de la vie, d’un métier, d’une profession tendant non à l’esclavage mais à la création, à la joie artistique, intellectuelle, réflexive, sinon esthétique ?

D’autres en ont bénéficié dans la passé moins dans une béatitude sereine mais au prix d’efforts constants, de sacrifices fréquents et de souffrances créatrices. N’est-ce pas le cas de Michel Ange accroché à son plafond de la Sixtine, à Giordano Bruno, sacrifié sur l’autel d’une certaine vérité ou le Grand Léonard de Vinci, génie à tout faire, archétype et symbole de l’homme de la Renaissance, virtuose universel et philosophe humaniste dont la curiosité infinie est seulement égalée par la force d’invention. Il est considéré comme un des plus grands peintres de tous les temps et peut-être la personne la plus talentueuse dans un si grand nombre de domaines, ayant jamais vécu. C’est à ce stade que se pose avec une certaine angoisse le problème de la méthodologie dans l’acquisition des connaissances, tout ce que l’on rassemble sous la formule et le mot magique de culture. Tout le monde a la bouche pleine de nourriture mais aussi de mots pour tenter de situer cette approche de l’apprentissage, tant il est vrai que l’homme cultivé est celui qui a appris beaucoup, sans forcer son talent, avec une certaine fluidité, une sérénité indispensable et un plaisir communiqués par des parents qui sont déjà passé par les étapes moins du bachotage que de l’osmose par les pores de laquelle pénètre à feux doux le noumène, réalité intelligible, intelligence, esprit, pensée, principe et faculté, terme employé à l’origine par Platon pour désigner les « Idées », c’est-à-dire la réalité intelligible par opposition au monde sensible, accessible à la connaissance rationnelle. Au contraire, chez Emmanuel Kant, auquel le terme de « noumène » est le plus souvent renvoyé, il s’agit de tout ce qui existe et que la sensibilité ne peut atteindre, restreignant par là les prétentions de la raison quant à la connaissance. C’est aussi la chose en soi, par référence aux faits tels qu’ils sont absolument et en eux-mêmes, par opposition à phénomènes, qui se réfère à ce qui est connaissable : les « objets » tels qu’ils nous apparaissent : matériels (tables, mur, livre) ou immatériels (les faits, les émotions, les pensées), ils ont un début et une fin, ils sont définissables. Pour faire entrer à force des notions et des définitions comme celles-là, dites-moi ce que doit faire l’étudiant sérieux qui a manqué des cours et qui doit réviser en dernière minute des concepts qui exigent des heures de réflexion préalablement à la consolidation de la mémoire à courts terme ? Pourtant on incite les élèves à « revoir » à réapprendre des notions qui échappent à la compréhension rapide comme s’il s’agissait d’ingurgiter un « hamburger » dans un MacDo avant de le vomir, à peine digéré, devant des examinateurs dégoutés par le caractère indigeste des vomissements qu’on leur présente par écrit, sur un menu de restauration rapide ou par oral, dans toute l’oralité de l’imprécision, des morceaux entiers de pensées ou citations à peine digérés. Est-ce cela l’éducation ? Étonnez-vous après ce descriptif que les pauvres hères qui déambulent sur les terrains vagues de l’enseignement, plus en plus réduits en surface et profondeur, faute de budget pour les exploiter, ne ressentent que dégout, opposition, allergie devant les menus à prix fixes présentés par des restaurateurs sans appétit et incapables de vous en donner.

Questionnement :

1. Comment se place le plaisir et le bonheur de l’apprentissage et de l’acquisition de connaissances par rapport à la validité des sentiments moraux ?

2. est-ce qu’une théorie comme celle de l’évolution peut servir de soutien à la morale utilitariste classique qui donne une valeur intrinsèque à la recherche du plaisir et à l’évitement de la douleur ?

3. Est-il possible sinon moral de ne pas chercher à maximiser ses avantages personnels ce qui reviendrait à dire qu’il pourrait être rationnel de se comporter moralement ?

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