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Béatification de Jean-Paul II après le mariage britannique

Recherches de communion

dimanche 1er mai 2011, par Picospin

Je suis poussé à dire quelques mots de la béatification de Jean-Paul II, Pape d’exception s’il en fut, moins pour ses opinions et jugements sur l’Eglise que pour son action politique.

Au-delà de l’espérance

Il est possible qu’il n’espérait pas obtenir autant de résultats de ses prises de position face à un communisme moribond et un nationalisme polonais en train de recouvrer son énergie, son enthousiasme, son patriotisme et sa foi catholique chevillée à son pauvre corps dilacéré par les guerres mais rassuré par la piété des citoyens. Fallait-il encore que survienne une fatalité dont se seraient bien passés les habitants de cette contrée éprouvée par les massacres, l’abandon des alliés et la toute puissance d’un voisin envahissant qui la laissait à peine respirer. Voilà que par un concours de circonstances malheureux et exceptionnel, l’avion du Président s’écrase dans un coin perdu d’un pays glacial, sous l’obstination d’un ou de plusieurs pilotes et membres d’équipage et ministres d’un gouvernement sous la direction de jumeaux liés par l’héritage, l’hérédité et la politique. La suite, on la connaît. On ne sait toujours pas quel est le grain de sable mécanique, cérébral ou diplomatique qui a transformé la perspective d’une commémoration en un drame d’état.

Le don de la parole

Toujours est-il que ce Pape avait le don des langues comme la majorité des slaves et qu’il n’était nullement gêné par l’utilisation séquentielle ou simultanée d’une dizaine de langues pour s’adresser au monde béat d’admiration, de recueillement et d’admiration devant un personnage haut en couleurs, habitué à monter sur scène et transfiguré par l’action même quand il s’agissait de discourir de Dieu ou de s’adresser à lui. Qu’on ait choisi de placer sa béatification à une lieue de l’intronisation au mariage des responsables potentiels de l’Église anglicane ne saurait nullement être le fait du hasard. Rome après Londres, voilà un programme à même de rassurer un monde égaré par une éthique aux abois, des gouvernants prêts aux compromis et aux compromissions et des gouvernements saoulés par la vitesse de transformation de sociétés dont on attendait conservatisme, stabilité, résignation à la place de l’immense passion refrénée de chasser les importuns et les tyrans, de rétablir la justice, de couper le cou à l’inégalité et d’insuffler aux découragements le souffle de l’âme en quête de spiritualité, d’idéologie et de sens de la vie.

Béatification

Les cérémonies de béatification destinées à suivre celles de l’union des corps et des âmes selon un schéma adopté par une jeunesse désireuse de s’ébrouer devant les contraintes peuvent rassurer, rassembler, introduire force et courage à une communauté soumise aux vicissitudes d’un Etat qui peine à comprendre les nécessités de suivre son temps, sinon à le précéder. C’est sans doute cette recherche difficile et contraignante qui permettra d’instaurer une cérémonie d’où ne seront pas exclus des rites d’un autre âge et d’une autre culture même si leur exécution restera empreinte d’un modernisme scientifique capable de rassurer les esprits les mieux et les plus éduqués d’entre nous.

Religions séparées ou unifiées

En près de 48 heures, les rassemblements se joindront sous l’égide d’un déisme en pleine mutation, en voie de revigoration sur des fondations appuyées, pour quelques années au moins, sur la création, la recherche d’un idéal à mettre rapidement au pluriel tant sont impératifs et tendus les besoins des hommes à la recherche d’eux-mêmes, d’une imitation à réaliser et d’une spiritualité à développer. Est-ce pour cette raison ou pour d’autres relevant de la politique et d’un besoin d’adhésion communautaire que la France se fait représenter par deux Ministres de choix, pour une fois séparés d’un Président laissé au pays pour gagner des élections mal préparées, reconquérir un peuple désabusé et avide de compensations matérielles, cependant encore moins prégnantes que celles conquises par des simulations guerrières sur plusieurs fronts qui coutent la perte de précieuses vies humaines sacrifiées à d’archaïques idéologies en l’honneur du dieu Mars.

Questionnement éthique :

1. Est-il vrai que la cité grecque s’est effondrée parce qu’elle ne pouvait tolérer la particularité de la conscience individuelle ?

2. Quel est le rôle joué par la diffusion grâce à la religion chrétienne de la valeur infinie de la personnalité et de la liberté de la personne ?

3. Est-ce que le principe catholique de la dévalorisation du monde terrestre a une influence négative sur l’épanouissement de l’homme dans la société ?

4. Quels sont les progrès réalisés par les valeurs morales placées dans des "valeurs" telles que le mariage, le travail, l’industrie, les métiers ?