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Résultats d’une politique de la natalité

Bébés en France

Les grandes espérances ?

vendredi 21 janvier 2011, par Picospin

Il est donc difficile, voire impossible de savoir quelle ethnie fait des bébés, ou tout au moins établir un classement entre celle qui en produit le plus et celle qui en assure le moins. Cette notion n’est pas inutile dans la mesure où l’on pourrait en déduire un classement des meilleurs et des « plus mauvais » dans ce domaine.

Quel héritage ?

On peut supposer que certaines ethnies ont reçu en héritage une teinte héritée de leur culture par laquelle elles affichent une tendance à braver le destin, à faire confiance à l’avenir et à vouloir se perpétuer même si les circonstances ne favorisent pas cette intrusion dans un horizon assombri par les présages, la médiocrité de la situation socio-économique et a fortiori, la dégradation des relations entre groupes et individus. Le paradoxe n’est-il qu’apparent qui classe les Français parmi les plus pessimistes et les place en tête des populations qui s’investissent le plus dans l’avenir par le pari des hommes et des femmes, des couples de construire une situation d’épanouissement pour leurs enfants qu’ils imaginent heureuse, sinon meilleure que le type de vie qu’elles ont connu ? Si oui, pour quelle raison le classement des peuples les plus féconds place-t-il en tête ceux qui vivent dans les conditions les plus difficiles ?

Le malheur, condition du succès ?

Faut-il être acculé au malheur et au désespoir pour croire en l’avenir comme semble le montrer la belle santé démographique qu’affichent les populations dont les niveaux de vie sont les moins élevés, les conditions de vie les moins enchanteresses et la sécurité la moins bien garantie ? Il y eut aussi des naissances dans les camps de la mort. Est-ce par inadvertance ou n’est-ce pas le cri d’espoir de la femme et de l’homme envers son destin, son créateur si telle est leur foi dans un dernier geste de fidélité à la vie et de confiance en l’être humain même quand il ne la mérite pas toujours. Alors que la population française atteint désormais 65 millions d’habitants selon l’INSEE, à croire les démographes, l’humanité devrait franchir, courant 2011, le cap des 7 milliards d’individus. Une évolution qui soulève de nombreuses questions sur notre avenir commun. 7 milliards ! D’après les dernières projections des Nations unies, la population mondiale passera, en septembre 2011, le cap des 7 milliards de personnes. Le chiffre est étourdissant. Mais la vitesse à laquelle il a été atteint l’est tout autant.

Un seuil

Après avoir attendu des centaines de milliers d’années pour parvenir à un milliard, seul franchi en 1800, il n’aura fallu à l’humanité qu’une douzaine d’années, de 1999 à 2011, pour augmenter d’autant. Une croissance du nombre des habitants sur Terre qui soulève interrogation et inquiétude sur la capacité de notre planète à les nourrir, mais cache également, d’après les démographes, une autre évolution majeure : la baisse spectaculaire du taux de fécondité à l’échelle mondiale, qui pourrait stabiliser l’humanité à 9 milliards, aux alentours de 2050. Après avoir été longtemps l’apanage des pays développés, la moitié de l’humanité vit désormais dans un monde où la fécondité est inférieure à 2,1 enfants par femme, le seuil de remplacement. La baisse du nombre des naissances est observée de par le globe, sauf en France. A rebours de cette évolution, et en dépit de la morosité économique, 828 000 bébés ont vu le jour dans notre pays en 2010. Ce nombre de naissances permet à la France d’atteindre un taux de fécondité de 2,01, jamais vu depuis le baby-boom. Doit-on pour autant nager dans le bonheur, la confiance et croire en la force du destin qui, en dehors de la musique pourrait nous faire entendre des paroles de joie et d’espérance.

Causes et conséquences

Au delà de ces chiffres, on peut et on doit s’interroger sur les véritables causes de cette révolution démographique. L’une des hypothèses envisagées pourrait bien se situer dans les catégories du mimétisme, autre manière d’appeler les effets de mode au cours de laquelle on se précipite à adopter les comportements des voisins, de la proximité sociale ou topographique pour ressembler à l’autre sinon entrer dans une compétition avec lui. Dans les conversations de quartier on se plait à énumérer les individus de la descendance avec une certains fierté comme on le fait avec le chiffre de la production automobile comparée entre la Corée et l’Allemagne. Il fut un temps où cette guerre du chiffre insistait sur la qualité plus que sur la quantité, en particulier la mode voulait que l’on ne donne la vie qu’à un petit nombre d’enfants pour accorder ses ressources avec ce dernier.

L’enfant unique

On en arriva vite à la conception généralisée de l’enfant unique. Cette condition imposée à une génération n’allait pas sans risque et en particulier aboutissait vite à la solitude imposée au sein du foyer à un être en formation dont les chances de socialisation avaient ainsi été singulièrement diminuées. On peut se réjouir que ces temps soient révolus et qu’à la rareté fasse place maintenant un équilibre démographique à mi-chemin entre pléthore et parcimonie. D’où peut-être la joie et l’orgueil des Français d’avoir atteint une certaine "paix démographique" qui ne compromet pas l’avenir, assure le présent et n’hypothèque pas l’avenir.