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Acharnement contre la contraception

Benoit XVI, amour, création ou contraception ?

Faut-il s’acharner à créer ?

samedi 4 octobre 2008, par Picospin

Et le chef de la communauté religieuse et – on l’espère spirituelle – d’ajouter que la seule possibilité, pour « suspendre » ou « espacer » une naissance doit être justifiée par des « circonstances graves » et se trouve « dans la connaissance des rythmes de fertilité de la femme ».

Suspendre ou espacer ?

On peut se demander ce que signifie dans l’esprit du St Père le terme de suspendre, par ailleurs plus clair que celui d’espacer. En tout cas, le fait de psalmodier cette loi ou cette règle de conduite procède de l’acharnement thérapeutique, celui que nombre des soignants de la médecine palliative condamnent au regard de la restriction de liberté imposée au patient en fin de vie comme elle l’est pour le couple situé à son autre extrémité, le commencement, les commencements ou le recommencement. Les arguments du Chef de l’Eglise méritent d’être étudiés dans toute leur extension, leur l’étendue et leur profondeur. Tout repose, insiste-t-il, sur une logique de « donation intégrale des époux » l’un à l’autre, qui doit être « sans réserve ». « Toute forme d’amour tend à rayonner de la plénitude de ce qu’il vit. Et pour l’amour conjugal, faire des enfants est la façon particulière de se communiquer. Ce faisant, le couple non seulement ressemble mais participe à l’amour de Dieu, qui veut se communiquer en appelant les personnes à la vie. » À cette lumière, conclut-il, on « comprend mieux » que « les enfants ne sont plus l’objectif d’un projet humain, mais sont reconnus comme un don authentique, à accueillir dans une attitude de générosité responsable vis-à-vis de Dieu ». Lorsque cette notion simple est rappelée à l’infini, elle devient porteuse du message le plus compréhensible et le plus apte à se situer dans l’orbite de l’Evangile si ce n’est dans celui du religieux qui est ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être : l’abandon par l’homme soumis au Créateur de son autonomie au profit de sa soumission de créature à l’hétéronomie imposée ou acceptée de Dieu.

Autonomie ou dépendance ?

À cette lumière, conclut-il, on « comprend mieux » que « les enfants ne sont plus l’objectif d’un projet humain, mais sont reconnus comme un don authentique, à accueillir dans une attitude de générosité responsable vis-à-vis de Dieu ». Y a-t-il une tension entre l’abandon d’un projet humain d’une part et la notion de don de l’autre. Cette analyse tient bien compte de l’existence d’un projet humain qui domine dans le couple ou lui est consubstantiel et de celle d’un don qui serait le « petit coupe de pouce » de Dieu ou de la nature pour que des gamètes se rencontrent, croissent et produisent et que sur ce phénomène veille une nature dans l’ensemble assez généreuse envers le couple pour qu’il mène à son terme et achève dans les meilleures conditions ce qu’il avait entrepris 9 mois plus tôt. Sur cet événement ont veillé des milliers d’individus, d’experts, de professionnel, de savants, de médecins, de biologistes qui ont chassé certains microbes, en ont empêché d’autres d’inoculer, de mordre, de transmettre jusqu’à l’éclosion de l’oeuf final, que beaucoup d’entre nous ne peuvent s’empêcher d’appeler un miracle. D’autres vivants, existants ou étants n’ont pas cette chance car ils sont parvenus au terme de leur cycle de vie heureuse, celle au cours de laquelle ils subissent des attaques auxquelles ils ne peuvent répondre, ils mènent une vie inadaptée à leurs constituants anachroniques. C’est ainsi qu’on assiste à l’extinction de races, privées de nourriture ou du cadre de reproduction indispensables à leur survie ou à leur éclosion, à des mutations trop brutales pour pouvoir s’adapter à ces métamorphoses. Ces cas, de plus en plus fréquents à mesure que l’homme s’intéresse davantage et mieux à son environnement seraient placés sous sa responsabilité directe dans la mesure où imaginaire maitre du monde instauré par Dieu ou la nature, il aurait été chargé par l’Un ou l’autre, l’une et l’autre de ces instances de poursuivre l’oeuvre commencée puis instaurée.

La loi de l’Un

C’est ici que Benoit XVI fait preuve de maturité à l’instar du phénomène ou de la création et de la maturation de l’étincelle allumée qui devient flamme pour peu qu’on la protège du vent, qu’on la renforce par le combustible parfois manquant et qu’on s’occupe davantage de la lumière qu’elle répand pour éclairer les recoins masqués que de la chaleur qu’elle diffuse. N’appartient-il pas alors à l’homme en possession de la liberté donnée ou laissée, capturée ou en encore en friche, de prendre sa décision en fonction du premier terme et à l’opposé des seconds ?