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Tout le monde que cet examen ne sert à rien...

Bonheur ou malheurs des bacheliers

Et pourtant...

mercredi 19 juin 2013, par Picospin

La société prend un malin plaisir à en priver quelques-uns sous de multiples prétextes parmi lesquels dominent l’habitude, la tradition, l’obligation de marquer par des épreuves les dates importantes de la vie humaine et surtout l’importance, la priorité, la fascination qu’y attachent les membres du groupe auquel se rattachent les personnes appartenant à une culture, une civilisation, à une histoire commune.

Un prétexte

C’est sous le prétexte fallacieux du respect de la tradition, de l’habitude, de la mode pour ne pas dire rite qu’on envoie en masse vers les salles d’examens, appelés par euphémisme contrôle des connaissances de milliers de jeunes gens et jeunes filles vers un abattoir où la plupart seront confrontés à l’angoisse de la mort, de la honte, de la mésestime de soi et d’autres, moins nombreux vers un avenir plus radieux qui ouvrent des portes que l’on croyait fermées de l’épanouissement, de la joie de vivre, en un mot d’un bonheur que de malins sorciers s’efforçaient de cadenasser sous le prétexte des nécessités et de l’ultimatum de la réussite, du succès, de la victoire comme s’il s’agissait de vaincre la vie plus que d’obtenir la satisfaction, le plaisir de gouter au bonheur. Les philosophes affirment que ce dernier se présente comme une réalité à la fois divine et accessible à la plupart des hommes.

Opportunités

N’est il pas dommage que cette opportunité soit compromise, gâchée, ébranlée par des lois, coutumes et normes rigides, inflexibles qui dressent une muraille ornée d’épines à l’ouverture, l’éclosion de personnalités libres et déterminées à la fois, enrichies par les connaissances accumulées, archivées et organisées par l’institution scolaire et les autres sources d’apprentissage pour transformer la fragilité de l’enfant en robustesse de l’adulte. Cette élaboration est moins le fait du hasard que celui de l’effort exigé par la valeur morale et exercé par la raison pour viser à faire du bonheur une possession moins inébranlable qu’un objectif à conquérir et à reconquérir sans cesse et dans lequel l’entrainement régulier semblable à celui de l’athlète apporte une aide, un soutien, la force de l’habitude sans lesquels rien de stable ne saurait pouvoir être accompli. Le bonheur serait conçu comme bonne pratique comparable à une action technique qui ne peut manquer de réussir quand elle est guidée par le savoir.

Des Socratistes en verve

Étaient-ils trop optimistes ou trop enthousiastes, les socratiques qui répondaient à la question de savoir si le sort du juste est meilleur et plus heureux que celui de l’injuste qu’il s’agissait de choisir la vie de vertu, chance, sinon garantie du choix d’une vie de bonheur ? Vaut-il mieux adopter une vie orientée vers la recherche du vrai bien ou une vie vouée au culte des faux biens et aux honneurs de la foule ? Nul doute que la tendance de la société actuelle est d’être attiré comme aimant par la recherche des honneurs de la foule, comme le suggèrent la fabrication en série d’idoles sorties tout droites d’usines planifiées pour cloner des instruments, appareils, machines identiques, capables, comme leurs prédécesseurs de construire moins que mouler des objets indéfiniment inchangés.

Le devoir kantien

Le chemin est encore long qui mène au devoir, dans la conception kantienne qui s’impose à nous sans condition, sans hypothèse mais de façon catégorique, absolue en vertu de sa forme rationnelle qui nous place volontairement sous une législation dotée d’un contenu moral associant paradoxalement contrainte et liberté. Quelle est la justice qui jette pêle-mêle les détecteurs de tricheries au sein des salles où se déroulent les épreuves des concours et les jeux ouverts entre gens de bien, politiciens en goguette, saturés de médailles et de vertus qui dépouillent les uns pour s’approprier leurs biens, quitte à les partager entre eux au nom du bien public, celui de l’État, en tout état de cause, le nôtre ?

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