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Un rêve ou une utopie ?

Bonheur pour tous ?

D’un médecin aux philosophes...

mardi 12 mai 2009, par Picospin

Sont-ils d’ordre physique à l’instar de ce qui est arrivé à son prédécesseur à Rome où il a été la victime d’un illuminé turc dont on ne sait s’il travaillait pour le compte d’Al Quaida ou s’il s’agissait d’un acte isolé pour lequel il avait bénéficié depuis longtemps du pardon généreux de Jean-Paul II. On parle aussi de prudence comme si des milliers d’adversaires réels, fictifs, virtuels ou dissimulés devaient se cacher à chaque coin des petites rues étroites des vieilles villes traversées pour tenter de mettre fin à ses jours relativement comptés en raison de son âge déjà assez avancé malgré la forme intellectuelle qu’il manifeste encore pour mener le combat de sa représentativité, de ses croyances et convictions et de ses projets immédiats ou à terme dont on sait peu de choses sinon qu’il manifeste de temps en temps la volonté d’effacer certains propos plus maladroits qu’hostiles envers les tenants des autres monothéismes nés il y a plus de 2000 ans en terre dite sainte qui l’est sans doute moins qu’on ne le croit du fait des comportements païens qui s’y sont déroulés.

Des monothéismes

Nées apparemment d’un même père créateur les trois monothéismes ne cessent de se réclamer de cette paternité commune pour affirmer la similitude de leur rituel, la communauté de leur pensées et les nombreux points communs de leur philosophie. Pourtant malgré ces ressemblances, les points commune l’emportent devant les différences, ne serait-ce que par celles de la variété des succès remportés dans les conversions par les unes et les autres face aux recrutements qui se tarissent chez les uns, stagnent chez les autres et explosent chez les troisièmes. Les points communs en revanche sont faciles à réduire à un dénominateur commun. C’est celui de l’hostilité face à la sympathie, à l’accord, à l’aide réciproque, du massacre face à la générosité au point qu’on se demande bien quels avantages procurent ces formes de référence au Dieu unique vis à vis de l’espérance, de l’encouragement à la vie, du désir de la construction d’un autre monde qui, sous l’égide d’un seul Dieu unique présenterait plusieurs avantages et beaucoup moins d’inconvénients. Maimonide en son temps, il y a longtemps déjà, dans ce Moyen Age qu’on qualifie d’obscur avait déjà vu ce problème en le considérant essentiellement sous l’angle de l’utilitarisme, cette philosophie qui vit le jour et se développa plus de quatre siècles après lui sous l’influence de quelques insulaires britanniques comme Jeremy Bentham, John Stuart Mill qui ont pensé que le plus simple devenant le plus efficace, point n’était besoin de passer par des métabolismes cérébraux complexes pour faire le bonheur de l’humanité.

Un fin unique

Il suffisait seulement de passer par une fin unique, un objectif singulier et particulier « selon la capacité de l’homme » qui serait, « sa Science » et qu’il fasse que toutes ses actions, ses mouvements et ses paroles conduisent vers cette fin de sorte que soit évitée toute action qui ne conduise à cette dernière. Il fera donc en sorte que le propos de manger, boire, veiller, dormir sera la santé de son corps uniquement et le propos de la santé de son corps sera que l’âme trouve ses instruments sains et intacts de sorte qu’elle s’occupe des sciences et de l’acquisition des vertus éthiques et rationnelles jusqu’à ce qu’il atteigne cette fin. Selon ce raisonnement, il ne visera plus le plaisir, même s’il est délicieux mais le plus utile compte tenu de l’impératif médical et de l’humeur qu’il peut adapter aux aliments appétissants, aux chansons agréables à entendre, aux promenades dans les jardins pour chasser les idées noires, soigner son corps, en savoir plus sur toutes choses. Belle construction de la part d’un homme religieux, du Moyen Age, médecin du corps et des âmes et qui voulait préconiser le bonheur des hommes par la vertu tournée vers un seul objectif, l’UN. De ces origines, on a fait ensuite une doctrine qui fait de l’utile, de ce qui sert à la vie ou au bonheur, le principe de toutes les valeurs dans le domaine de la connaissance comme dans celui de l’action.

Utilitarisme

On appelle utilitarisme le système qui consiste à ramener la notion du juste à celle de l’utile, par conséquent à faire de l’intérêt le principe du droit et de la morale. C’est une doctrine morale et politique de Bentham et de John Stuart Mill fondée sur la notion d’utilité ou de « principe du plus grand bonheur » permettant de diviser les actions ou les choses en bonnes ou mauvaises selon qu’elles tendent à augmenter ou non le bonheur et à diminuer la souffrance. John Stuart Mill remarque que la règle suprême de son utilitarisme se confond avec le précepte de l’Évangile : « Aime ton prochain comme toi-même » la doctrine de Bentham reposerait sur l’hypothèse selon laquelle les individus se comportent en calculateurs égoïstes et rationnels. Bentham, en adoptant comme critère du juste et du bien la maximisation du bonheur du plus grand nombre, défend l’altruisme.

Tension

L’utilitarisme ne peut échapper à cette tension permanente entre égoïsme et altruisme...En dépit de cette ambiguïté, la doctrine utilitariste a fécondé diverses disciplines, à commencer par l’économie politique classique. Le nouvel homme économique est un individu rationnel qui recherche, notamment par le recours au marché, la satisfaction de ses propres intérêts et l’accroissement de son bien-être. Sommes-nous loin des itinéraires du Pape des catholiques en direction de ses frères en monothéisme ? Est-ce que le paradigme de la négociation si utile et utilisée dans les relations qui visent à augmenter le bonheur de tous par la recherche de l’utile peut être inclus dans le dialogue interconfessionnel ? Commençons par poser cette question aux Africains qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté, aux inondés du Pakistan, aux exploités de tous les pays et de toutes les régions, de la sécheresse de la Mauritanie, aux habitants des cimetières du Caire.