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Bonne année

samedi 5 janvier 2008, par Picospin

Ce souhait ne signifie nullement qu’il ne faille pas s’appuyer sur une assise solide pour bondir vers l’avant. Ne voulant nullement nous substituer aux autorités pensantes du moment, la modestie commande de les laisser s’exprimer. De la sorte, il sera plus facile de les laisser passer devant, chronologiquement aussi bien que par l’intelligence, la compréhension, la philosophie, le savoir, la physique et au-delà la métaphysique. Très poliment, on les laisse passer devant pour qu’ils occupent le premier rang sans lequel ils ne sauraient jouir de leur narcissisme. On appelle cette attitude la sagesse.

Jonas ?

Pourquoi ne pas emprunter à Hans Jonas sa vision du futur qu’il exprime avec une grande clarté dans son court ouvrage intitulé "Pour une Ethique du Futur" ?Où se situe-t-elle ? Dans le juste milieu, l’aurea mediocritas, la demi-mesure ? Ils n’attirent ni ne séduisent. Au lieu d’une distribution égalitaire, réconfortante, pleine de justice et de chaleur, elle se confine dans la pensée frileuse, prudente, conseillant de ne vivre qu’à moitié, enjoignant de se retenir de tout excès. Au fond, l’opposé des sensations de l’extrême, actuellement à la mode, des exploits, des situations qui rompent l’équilibre à tout moment. La rupture aussi est à la mode, par sa volonté de s’éloigner des conservatismes, des lignes droites et des courbes adoucies. En somme, une situation d’équilibre à maintenir au milieu des routes non pas pavées de bonnes intentions mais dotées d’une exigence de balancement entre le bien et le mal et surtout une obligation de se frayer un chemin dans la débauche du technè qui ne laisse aucun espace à la réflexion, à la recherche de la conservation de soi.

Velib

Alors, enfourchons les vélos de la liberté, ceux qui se répandent dans Paris après avoir tenu leurs assises à Pékin. On veut espérer que la répétition de cet exercice permettra aux concurrents à l’affut de médailles dans cette ville de les conquérir pour les exhiber fièrement plus tard devant le peuple rassemblé et les chefs jaloux du pouvoir des autres. A partir de ce moment il suffira de parcourir, toujours avec la lenteur qui sied au sage, le chemin qui mène de la vérité détectée par l’aigle, à son éclat trop violent pour être perçu sans voiles, en passant par l’impératif de l’atténuation d’une erreur majeure vers une erreur mineure. Cette dernière trompe moins qu’elle ne dispense de s’engager dans le combat, le patriotisme ou le sacrifice de la vie.

Humanitaire ?

Est-il temps de s’engager différemment, non dans des actions humanitaires aux contours encore flous, mais dans un militantisme simple qui consisterait à éteindre la lumière à l’instar des lois venues du fond des âges auxquelles se soumettent les Juifs pieux le soir du shabbat. Est-ce une manière de réconcilier la représentation du divin avec le mythe de la fée électricité peinte par Fernand Léger à l’apogée du communisme ? Ou plus simplement de juxtaposer les flammes des bougies avec la fragilité de la puissance industrielle et scientifique ? Une autre et dernière façon de protéger l’avenir de la descendance et de participer à la responsabilité de leur destin ?