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Apprentissage et réceptivité

Calendrier

Chaos ou régularité ?

mercredi 30 mai 2012, par Picospin

Elles sont d’autant plus fragiles que l’année est découpée en tranches de durée inégale ce qui rend encore plus aléatoire la manière d’habituer de nouveaux cerveaux à assimiler l’existence d’une certaine régularité dans les modes et durées d’apprentissage en commun dans les cadres rigoureux à imposer aux nouveaux écoliers. Ils ont besoin de cette discipline pour mouler leur chronologie propre sans celle proposée par l’enseignement, cette donnée permanente faite pour être incrustée dans leur mode de vie, de penser, d’organiser leur travail, leurs temps de réflexion, de remise en question de leurs convictions, quitte en en revoir la structure autant de fois que nécessaire.

Un défilé hétéroclite

Il est temps qu’après le défilé indécent des responsables de l’Éducation Nationale imposé par le précédent gouvernement, des voies nouvelles ou renouvelées, plus actualisées soient proposées avant de recevoir l’assentiment et la mise en coordination et en ordre d’un calendrier capable de concilier les intérêts divergents des participants à la vie collective tournant autour du monde de l’enseignement. Il est plus rassurant de voir enfin à la tête de cette réflexion sur les périodes de réceptivité de écoliers de vrais professionnels ayant montré par leur expérience du passé un savoir et une qualification qui les rende digne d’occuper des postes et d’assumer les responsabilités suffisantes pour établir enfin un calendrier qui tienne moins compte d’intérêts particuliers ou de lobbies divers que du véritable intérêt des élèves. Si l’on a créé en France depuis longtemps des Écoles Nationales de haut niveau pour que leurs diplômés fassent profiter de l’expérience qui y a été enseignée, transmise et acquise les nouvelles générations, c’est pour se servir de ces innovations et en faire profiter la postérité.

Expérimentations

Point n’est besoin, comme cela a été répété dans le passé par des Ministres ou équivalents issus plus souvent du secteur commercial que de celui de l’actualisation des connaissances scientifiques, sociétales ou managériales, de se livrer sur les enfants confiés à l’École de la République à des expérimentations déjà réalisées ailleurs et dont on connaît les résultats. Il suffit seulement d’appliquer les modalités utilisées depuis longtemps et qui ont fait largement la preuve ailleurs de leur utilité, de leur efficacité et des bienfaits sur l’équilibre psychique, mental et physique des élèves et apprentis. A vouloir découper l’année en tranches aussi fines que celles réalisées par la charcuterie pour le jambon de Parme, on ne permet pas aux plus jeunes éléments confiés à l’école de s’habituer à un modèle d’organisation du travail. Comment exiger d’un enfant qui passe trois jours consécutifs à l’école pour s’en absenter les deux ou trois jours suivants, la moindre régularité dans ses horaires et la planification de ses tâches ? Cette absence d’imprégnation par des habitudes, une chronologie régulièrement définie, une succession établie de missions ne fait que hacher l’écoulement ou le déroulement du temps.

Chaos

Cette désorganisation chaotique est d’autant plus nuisible qu’elle s’accompagne d’emprunts massifs au « temps libre » qui s’avère être plus une période où rien ne se passe qu’un espace vide d’activité, de pensée, de socialisation sinon d’entrainement à la vie « banale » comme le dirait avec délectation notre actuel Président de la République. Dans cette perspective, voix s’élèvent qui ont raison de proposer le raccourcissement de trop longues vacances qui déshabituent plus qu’elles n’entrainent les enfants à exercer et pratiquer une activité faite des petits riens qui font la vie, meublent les silences et réservent le temps pour l’écoute, le silence et le calme de la pensée plus que celui de l’agitation, du frémissement, de la trépidation et de l’étourdissement dans l’effervescence, l’affairement et les trépidations. Le résultat des mesures adoptées non seulement sans concertation mais sans réflexion a abouti à une réduction du temps de travail des élèves qui, par son ampleur et ses modalités, handicape durablement les apprentissages élémentaires. Inutile de verser des larmes de crocodile sur les élèves qui entrent en sixième sans être capables de la suivre puisque nous avons organisé l’échec, écrit dans le Monde un historien de l’éducation. Il ajoute, pour confirmer mes phrases précédentes que « Le rythme hebdomadaire aggrave les choses. La rupture des horaires de sommeil lors des week-ends perturbe le lundi matin.

Trop de ruptures

Ajouter une seconde rupture le mercredi provoque une autre perturbation du jeudi matin. Et l’on voudrait que nos élèves apprennent bien ? » « Nous ne cessons de vouloir qu’ils apprennent davantage. Nous avons introduit à l’école une langue vivante notamment, mais aussi l’histoire de l’art, la sécurité routière, la sauvegarde de l’environnement ». Nous prétendons vouloir que nos enfants apprennent plus et mieux, et nous avons fait jusqu’ici tout ce qu’il fallait pour qu’ils apprennent moins, et moins bien. Pour que la semaine de quatre jours, cette monstruosité, se soit installée, il a bien fallu que certains lui trouvent des avantages. Le nouveau ministre de l’éducation nationale semble décidé à remédier à ce gâchis car c’est l’avenir de notre société qui est en jeu. La meilleure solution serait la semaine de cinq jours, avec 5 heures de classe par jour, des grandes vacances plus courtes, et des trimestres mieux équilibrés.

Concertations plus qu’’impositions

Le ministre a décidé d’une grande concertation qui s’impose, car l’adoption de rythmes scolaires conforme aux intérêts des enfants pose des problèmes pratiques dont le profane ne soupçonne pas la complexité. Mais la concertation est aussi confrontation d’intérêts, et beaucoup ont intérêt au maintien des quatre jours, tandis que les intérêts des élèves risquent d’être mal défendus. Pour qu’ils le soient, il faut que la voix des médecins qui remédient aux troubles et maladies scolaires, comme celle des chronobiologistes, se fassent entendre avec force sinon le temps scolaire continuera à se définir comme l’envers du temps social, alors qu’il faut l’organiser en fonction du travail des élèves plus qu’en celui des impératifs de telle classe sociale, professionnelle ou telle catégorie de la population.