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Tourisme de masse en mer Egée

Calypso invite Ulysse à passer des vacances

Les vacances low cost d’Ulysse

samedi 17 septembre 2011, par Picospin

Dans cette lignée, cette perspective, la cohérence des critiques et des louanges a autant d’importance que la rationalité qui les soutient. Les passions peuvent en fleurir ou en colorer le décor à condition que les spectateurs de cette opération d’embellissement ou de dégradation deviennent les témoins du manque de respect adressé à l’objet artistique ou industriel, création de l’homme ainsi soumis à la vindicte ou à l’admiration du peuple.

Pollutions

Tout en acceptant au fond de lui-même un certain degré de pollution que la nature fait subir à l’objet d’art ou à l’invention technique, l’homme s’imagine difficilement qu’il peut être trompé sciemment en vue de réaliser l’objectif d’un mal incompatible avec la sainteté, la clarté sinon la virginité des intentions, apanage possible et trop fréquemment administré par les éclats de salissure projetés sur la création. Mary Douglas en avait très peur, elle qui avait consacré tant de réflexions et d’écrits à ce problème de la pollution maintenant de plus en plus souvent annexée pour fustiger les actions négatives des hommes sur leur création et que les femmes effacent avec l’énergie du désespoir pour rendre à leur œuvre l’éclat et la brillance qu’à leurs yeux elle mérite. C’est dans la perspective du retour à la pureté et à l’effacement des traces du passé que Malraux a fait nettoyer la grisaille des pierres parisiennes, pour présenter aux nouveaux admirateurs du spectacle offert par la ville lumière un joyau encastré dans sa boite de velours. Il y faut de la crédibilité, l’amour de la vérité sans laquelle il n’y a pas de confiance. C’est cette dernière qui circule de plus en plus mal entre les hommes dans les encombrements créés par les embouteillages due aux précipitations entre les idées, leurs réalisation et l’organisation de la vie, de la mobilité, de la cinétique dans la cité.

Reconstructions

Il paraît qu’on songe à la construire ou à les reconstruire selon le mode ancien, celui qui a précipité sur les trottoirs et les chaussées de Manhattan les corps inertes des occupants de bureaux sans autre objet que la rencontre furtive entre hommes d’affaires menacés par des accusations de corruption sinon d’incompétence, la seconde hypothèse étant préférable à la première en vue du salut de l’entreprise. Certains ont osé affirmer que la France a été abimée par la succession des graffiti et des éraflures incrustées sur ses murs. Comment va-t-on s’y prendre pour redorer un blason ainsi terni par l’incompétence, l’ignorance, l’incapacité de rendre la juste réponse aux questions posées ? On ne cesse d’évoquer à voix trop haute en alternance avec une voix trop basse les épisodes réels ou imaginaires d’un crise qui a le bon dos d’être là, de servir d’exutoire et de prétexte à la situation en cours d’altération et de dégradation. Est-elle si récente pour être impliquée, accusée, jetée en prison dans des lieux d’enfermement eux mêmes en cours de restauration, si grand se fait jour le besoin d’éviter les contagions des maladies transmissibles dans l’obscurité et la saleté physique et morale des lieux dont on revient difficilement sans avoir attrapé une quelconque infection grave à échéance mortelle dans un délai rapproché.

Une éthique indivisible

L’éthique ne saurait être divisée en compartiments incohérents entre eux. A l’intérieur du minimum éthique la conscience de soi apparaît comme l’élément le plus pesant de notre bagage lorsque s’accumule en elle le stock des souvenirs, des traditions et des préjugés. La conscience est ce qui rend l’innocence si précaire, fragile et instable puisqu’un seul grain de poussière suffit à rendre la pureté impure et de faire de la blancheur immaculée une grisaille. Le serpent n’a nul besoin d’éloquence pour instiller en moi la goutte de venin des fausses promesses (électorales ?) tant l’homme est faible, crédule et accessible aux tentations. Il n’y faut même pas l’honnêteté et la vérité qui ne sont pas constamment opposées au mensonge si communément pendant aux lèvres des politiques, des discoureurs et des hommes de parole qui l’ont laissée au vestiaire. Comment va-t-on appliquer la règle d’or ? Comme un voyage en Carrosse d’or posé sur les rails des lourdes caméras de l’illusion lorsque au XVIIIe siècle, une petite troupe de théâtre italienne est invitée à jouer dans une colonie espagnole d’Amérique latine, que le souverain local a reçu un carrosse d’apparat recouvert d’or et que Colombine qui résiste aux avances de Felipe, son compagnon de voyage ne tarde pas à se faire courtiser par un torero célèbre dans tout le royaume, suivi par le souverain, qui invite la troupe à donner une représentation à la cour.

Amour fou

Fou amoureux, ce dernier lui offre le carrosse d’or, déclenchant une crise diplomatique avec la noblesse, et la jalousie des autres prétendants...Une belle histoire, une fable, en Grèce, en Crête ou sur la mer Égée dont il faudra un jour ou un autre rembourser les charmes aux nymphes à peine sorties de l’eau par gros temps de Meltème, ces vents chauds soufflant en mer Égée grâce auxquels les sirènes poussent par leurs chants enchanteurs les navires vers les récifs pour permettre à Ulysse de les écouter avant que ce dernier ne passe des vacances de rêve à l’invitation de Calypso dans son île…à moins qu’entre temps elle n’ait déjà été vendue à quelque prédateur venu d’ailleurs pour en exploiter les ressources et y organiser du tourisme de masse « low cost ».

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la perte de l’innocence est la rançon que le roseau pensant doit payer pour prix de sa dignité ?

2. Quel est l’art de persuader par un léger chuchotement qui permet au serpent d’instiller la goutte de venin de la fausse promesse à un homme faible, crédule, accessible aux tentations comme on le voit en période électorale ?

3. La quelle de ces définitions préférez-vous pour parler de la conscience ? 1. Un réflexion ; 2. affectation naissante ; 3. envie de s’admirer dans un miroir ; 4. jouer la comédie de sa propre vie.

4. Est-ce que la conscience peut revendiquer pour elle-même les droits de l’homme valables sans exception pour tous les hommes ?