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Ethique médicale

Capacité de décider

Essais médicamenteux

vendredi 22 mars 2013, par Picospin

Un des problèmes majeurs posés à l’éthique de la santé et du soin au malade est celui du consentement au traitement proposé par les responsables des offres de traitement. Ce consentement doit émaner de la part du patient et être validé par sa capacité à comprendre le sens, et éventuellement les techniques appliquées pour rendre ces mesures efficaces.

Complexité

La complexité du problème concernant l’évaluation de cette capacité à prendre les décisions pour - en faveur - de sa santé réside dans la multiplicité des tests et des méthodes actuellement disponibles à cet effet. C’est dans cette perspective qu’il s’agit d’analyser les composantes qui entrent en jeu dans le choix des options à la disposition du patient et qui relèvent aussi bien du rôle des valeurs et des émotions du patient que des interrogations d’ordre philosophique mises en jeu. Dans cette série, entrent en scène la compréhension, l’appréciation, le raisonnement, le choix et les valeurs. En matière de soins palliatifs, les réponses à ces questions ne revêtent pas la complexité de celles qui ont cours dans le domaine de la médecine curative. Celle-ci fait appel à des techniques et des connaissances de base en biologie, physique, chimie et autres domaines qui n’entrent pas en jeu dans la médecine de confort plus largement, sinon exclusivement utilisée dans le domaine du palliatif.

Vaincre la douleur

Ici, il s’agit de vaincre et de stabiliser la douleur avant qu’elle ne se transforme en souffrance, de maintenir une image de soi qui ne subisse pas tous les jours les lentes et imperceptibles dégradations du temps, de conserver le tissue relationnel avec les voisinage et de continuer à paraître dans l’esthétique renvoyée par le miroir d’il y a vingt ans, surtout de conserver la colonne vertébrale d’une mémoire intacte, capable de rappeler le souvenir des jeunes comme des vieilles années. La seule compréhension ne suffit pas. Il faut y ajouter la conscience qu’il s’agit d’une décision prise par la personne concernée, que c’est bien sa vie, ses propres valeurs et son propre avenir qui sont en cause. Pour tous ces jugements, pour pouvoir les valider, en tirer les conséquences et en apprécier la méthodologie, il faut nécessairement faire appel à la raison de manière à pouvoir manipuler la rationalité de la décision avec objectivité et sans l’intrusion excessive de la passion.

Rapport bénéfice risques

Dans cette procédure entrent en force des éléments aussi variés et décisifs que la capacité à peser le rapport des risques aux bénéfices et d’en tirer les conséquences éventuelles. Ce qui ne signifie nullement qu’il faille se laisser aller à tirer de cette procédure une normativité menant tout droit et vite au succès. En d’autres termes, cette allégation signifie que dans les cas les plus difficiles, chacun d’entre eux doit être évalué individuellement. Dans certains cas, le choix du patient ne peut être exprimé clairement malgré la conservation intacte de la compréhension et du raisonnement mais à cause de l’impossibilité d’exprimer correctement les conclusions de la décision prise. C’est naturellement le cas des victimes d’accidents comme les AVC, restriction qui n’est même pas mentionnée par les spécialistes de cette question tant on la considère comme un élément négligeable dans la chaine des critères nécessaires à cette opération mentale.

Valeurs

La faculté de prendre des décisions exige aussi de la part de celui qui s’attelle à remplir cette clause à s’accrocher à un ensemble de valeurs dont, pourtant on sait qu’elles sont sujettes à variations, ce qui incite à n’exiger qu’une certaine stabilité dans leur hiérarchisation et au minimum à garder une certaine conception de ce qui est bien. Comme on pense que la capacité à décider est fonction de certains éléments spécifiques, il en ressort qu’elle ne saurait avoir gardé de la valeurs que lorsqu’elle est valable pou toute décision particulière à un moment donné et dans un contexte particulier. Faut-il pour autant évaluer cette faculté en fonction des capacités mentales décelées à l’occasion d’une prise de décision particulière, à un moment donné et dans une circonstance définie ? La question de la capacité à prendre une décision est soumise à la méthodologie utilisée pour la classer moins en degrés qu’en catégories du oui et du non sur le fait qu’une personne est apte ou non à décider. Cette faculté peut se transformer en compétence dans les processus de décision à partir de la notion que si on est capable de décider pour soi-même, on pourrait être autorisé à le faire pour d’autres ce qui élargit sa signification à la compétence.

Capacité et compétence

Une telle opération complique plus qu’elle ne simplifie le problème. Il faut aussi établir le bien-fondé ou l’irrationalité de la différence qui existe entre la rationalité externe, compréhensible par tous et la rationalité interne qui est en fait une irrationalité apparente du fait de certaines convictions contraires à l’opinion des médecins en raison d’expériences personnelles ou familiales différentes de celles généralement admises par des autorités, des groupes professionnels ou des institutions officielles. C’est le cas des témoins de Jéhovah qui refusent les transfusions sanguines considérées comme contraires à la volonté de Dieu mais vitales dans certaines pathologies, interventions chirurgicales ou situations de danger extrême.

Pauvreté

Des laboratoires pharmaceutiques profitent de la situation particulière des pays pauvres pour y organiser des essai thérapeutiques sans aucun recueil de consentement, sans information préalable des risques encourus par patients ou volontaires sains contre des compensations financières dérisoires acceptées avec enthousiasme en raison de l’extrême pauvreté des candidats à ces procédures.

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