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Quelles idéologies ?

Caricature du marxisme : une ouverture sur le futur ou un retour sur le passé ?

Sont-elles dangereuses ou souhaitables ?

mercredi 5 novembre 2008, par Picospin

Un texte d’anthologie qui renverse les valeurs déguisées sous les termes les plus alléchants, les plus fascinants en faveur des régimes autoritaires, seuls susceptibles d’apporter le bonheur, l’égalité, de détruire les injustices et de promouvoir une société de liberté, de libre production, de création et d’invention.

Une curiosité historique

C’est la raison pour laquelle le site a choisi de le diffuser à ses lecteurs. Il ne saurait être disponible à la critique que dans la mesure où est autorisé une explication de texte susceptible de montrer les idéologies proposées, les thèmes à soumettre à l’analyse objective et les faits décrits dans leur nudité ou leur cryptage. On n’ose rêver quand les Américains élisent Obama, on le fait aussi quand on lit de telles opinions qui récupèrent les heures les plus sombres du goulag. Les démocrates sont légion. Il n´y a que cela. Lisez les professions de foi politiques et vous n´y verrez jamais une personne se déclarant opposée à la démocratie ou être partisane d´un régime politique différent comme la monarchie absolue, la dictature fasciste ou autre autoritarisme. Pourquoi insistent-ils donc tant à faire savoir qu´ils en sont, dans un monde où personne ne prétend ne pas l´être ? Il doit y avoir une intention idéologique occulte ou inconsciente pour qu´ils se présentent devant les électeurs par une appellation qu´ils se gardent de définir explicitement, sinon en négatif par opposition aux autres régimes politiques cités précédemment. Pour eux, l´étymologie grecque parle d´elle-même. Ce qui ne manque pas d´intérêt lorsqu´on sait qu´en Attique, là où la démocratie fut inventée, 80 % de la population ne faisait pas partie du peuple. Ce n´étaient que des esclaves, des femmes et des métèques. La liberté d´expression n´existait que pour ce reste de 20 % appelés citoyens et formait le demos. Est-ce donc cela leur modèle de démocratie dont ils se vantent tant être de fidèles partisans ? Ces démocrates modernes penseraient qu´il doit en être toujours ainsi pour ceux qui se sentent privilégiés par le régime démocratique. L´exclusion est moins une discrimination à l’égard d’une certaine population que celle de l´usage efficace des outils démocratiques modernes, comme les idéologies manipulatrices, de la liberté d´expression sélective, d´une multitude de partis démocratiques, de leurs financements et des diverses embûches légales. Ces instruments permettent de mettre au pouvoir des démocrates ad hoc, choisis par les partis et présentés au bon peuple manipulé pour qu´il choisisse parmi eux les démocrates officiels et ceux de l´opposition. Dans les deux cas, antique ou moderne, le mode de production, esclavagiste ou capitaliste, est toujours un mode d´exploitation du travail humain au profit d´une classe sélecte de démocrates : ceux qui exercent le pouvoir au nom du peuple et qui, trouvent enviable la démocratie qui permet de s´auto-perpétuer par l´alternance dite démocratique bien huilée après plus d´une centaine d´années de bavures et de révoltes sanglantes de non-démocrates qui ne savent pas comment ils sont heureux de vivre dans une démocratie joyeusement acceptée.

Où sont les démocrates ?

Les démocrates induisent dans l’esprit des électeurs l´idée qu’ils vivent déjà en démocratie et qu´il ne faut rien changer à ses formes actuelles sous peine de perdre ce privilège. Et comme les formes de la démocratie sont celles qui permettent à la classe bourgeoise d’exercer le pouvoir sur le reste du peuple, c´est une manière de les forcer à penser que capitalisme et démocratie sont similaires. Comme d´ailleurs était la même chose démocratie antique et esclavagisme, puisque ces démocrates modernes clament que la démocratie date de cette époque, sous d´autres formes, mais avec le même fond d´exclusion de ceux qui n´ont pas la liberté d´en profiter. Qu´ont-ils donc de si particulier ceux qui se disent démocrates, à tout propos, à propos de toute pensée politique qui les distinguerait des autres ? Il suffit de connaître la pensée politique de ces autres. De qui ? De ceux qui n´éprouvent pas le besoin d´insister sur l´évidence, pour vivre justement en démocratie qu´ils osent qualifier, eux, de bourgeoise. Qu´ils ne trouvent justement pas assez démocratique et qui luttent pour un monde meilleur dans lequel le peuple pourra librement vivre en paix et avoir la garantie de pouvoir se nourrir, s´abriter, s´éduquer, se soigner et se divertir dans la justice sociale et en accord avec le niveau de développement et ressources de leur société. C´est pour se donner bonne conscience devant la société capitaliste actuelle qu´ils jugent à juste titre injuste, mais dont ils veulent assurer la pérennité en maintenant la propriété privée des moyens de production, en raison de leur égoïsme refoulé. Car c´est justement cette injustice qui leur permet d´être parmi les privilégiés. Alors ils ne se disent pas partisans du capitalisme, mais de la démocratie en feignant de croire que cette dernière et le capitalisme sont identiques. Car le mot en soi est bien plus sympathique que celui de capitalisme. La substitution euphémistique a une base objective. On entend généralement par "démocrate" le partisan d´un système de gouvernance que l´on désigne par "démocratie" et non celui qui gouverne. Ce régime politique dont tout le monde accepte la signification étymologique a pris naissance sous sa forme moderne avec l´apparition de la dominance du mode de production capitaliste au cours du XVIIIe siècle et la prise conséquente du pouvoir politique par la bourgeoisie.

Signifiant et signifié

La signification du mot démocrate est devenue étymologiquement fausse et trompeuse au fur et à mesure que la bourgeoisie cessa de représenter légitimement les intérêts du peuple tout entier comme c´était le cas sous l´ancien régime. Elle ne sert les intérêts que de ceux qui considèrent pouvoir en être les bénéficiaires au point de croire qu´ils exercent effectivement le pouvoir et sont donc des démocrates. Car c´est bien ce que signifie le mot démocrate : Celui qui exerce le pouvoir du peuple (au nom du peuple) sans la précision de Lincoln du "pour le peuple. La démocratie est un régime politique mais non un mode de production. Il y a une volonté consciente des démocrates de confondre ces deux catégories distinctes et de confondre le politique et l´économique afin de rester au niveau politique et maintenir le mode de production capitaliste en crise. Il existe depuis 1917 des démocraties socialistes ou populaires, comme Cuba, la Chine, le Vietnam, la RPDC… qui ne sont pas des démocraties bourgeoises. Comme pour les termes de aristocrate, bureaucrate, technocrate, ploutocrate, gérontocrate, théocrate, phallocrate, il est clair que le suffixe "crate" imprime un sens péjoratif, confirmé par le caractère dépréciatif qu´inspirent ces quelques mots inspirés à partir des définitions de Wikipédia. Se trouver en une telle compagnie devrait être désolant pour ceux qui insistent à se présenter comme démocrates, mais satisfaisant pour les autres. Les démocrates sont ceux qui exercent effectivement le pouvoir au nom du peuple. L´aristocrate est bien le membre de la classe des nobles qui exercent effectivement le pouvoir, et non le partisan de la royauté comme le bureaucrate est celui qui de son bureau exerce un pouvoir et non celui qui est partisan de la bureaucratie. L´aspect péjoratif du suffixe provient de sa signification "pouvoir" qui a toujours été méprisé, ostensiblement ou en sourdine, par le peuple qui le subit.

Suffixe étrange

Cette terminaison ne peut en aucun cas signifier "être partisan de". Il n´y a d´ailleurs aucun autre exemple de terme qui ait cette signification d´acceptation ou d´adhésion. Les démocrates méritent plus que jamais cette auto-qualification péjorative. S´ils sont de véritables partisans du "pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple", alors ils doivent se nommer démocratistes, en conformité avec la définition de Lincoln. Le terme démocrate restant réservé à ceux qui exercent effectivement le pouvoir au nom du peuple, mais pour le peuple en son entier et non pour eux exclusivement. Les démocrates se seraient donné comme but inavoué, conscient ou non, de mieux justifier l´indéfendable, c´est-à-dire la pérennité de l´exploitation de l´homme par l´homme, en critiquant le capitalisme pour l´améliorer, mais en rejetant tout autre solution à sa crise qui relèverait de son dépassement dialectique tel que prévu par l´analyse marxiste de l´Histoire (matérialisme historique). Ils ne défendent plus le capitalisme ; ils défendent la démocratie, c´est-à-dire par insinuation : le capitalisme. Pour ces "petits-bourgeois" démocrates la tentation est irrésistible de rechercher des solutions à la crise du capitalisme sans remettre en cause celui-ci car cela ferait d´eux des marxistes. Comment dépasser le capitalisme sans être révolutionnaire ? Voilà le grand dilemme des démocrates qui ne font depuis quelque temps que proposer des "améliorations" sans jamais évoquer la question cruciale de la propriété des grands moyens de production, de distribution et de financement. Celle-ci devrait passer entre les mains de la nation pour que la démocratie qu´ils revendiquent ait aussi le véritable pouvoir, le pouvoir économique. Comme si le mode de production capitaliste était pérenne, que la Révolution socialiste ne pouvait se produire, et que le matérialisme historique qui la prévoit en réponse dialectique aux contradictions avait été réfuté. Par qui ? Oú ? Et quand ? Un "démocratiste" milite pour le remplacement révolutionnaire du capitalisme comme mode de production dominant.

Installation du socialisme ?

Il est partisan de la seule et véritable démocratie, celle du pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple, celle qui permettra dans ce siècle d´installer le socialisme dans les puissances occidentales, le socialisme du XXIe. Cette démocratie véritable ne pourra être vue que comme une dictature du prolétariat de la même manière que la démocratie bourgeoise n´est en fait que la dictature de la bourgeoisie, au sens des catégories marxistes : dictature et classes sociales. Dictature du prolétariat ne signifie pas élimination de la bourgeoisie, elle signifie le symétrique de la dictature de la bourgeoisie, c´est-à-dire que ce sera le prolétariat qui dirigera l´économie dans les faits. De toute façon cette classe haute bourgeoise se réduit de plus en plus en nombre d´individus au fur et à mesure que sa part relative du capital privé croît. La démocratie n´est pas en contradiction avec la dictature d´une classe sur une autre, car c´est la dictature démocratique d´une classe en opposition au totalitarisme de cette classe, qui sous le mode de production capitaliste est le fascisme et sous le mode socialiste a été le stalinisme. La différence est que la classe des prolétaires est bien plus nombreuse que la bourgeoise. Il est significatif qu´au cours du siècle passé et même de celui-ci, des dictatures bourgeoises fascistes et non démocratiques soient apparues lorsque la bourgeoisie perdait le pouvoir politique au cours d´élections parfaitement démocratiques et que des mouvements fascistes apparaissent en Equateur, Bolivie, Nicaragua, Venezuela, là où justement des peuples reprennent en main leurs ressources et une bonne part du capital étranger en toute démocratie bourgeoise quoi qu´en disent ces mouvements violents. Le démocrate ne serait-t-il que peu démocratiste et ne deviendrait-il pas facilement fasciste dès que ses privilèges sont en danger ? Le suffixe grec "crate" signifie pouvoir comme nos démocrates ne le savent que trop bien. Car ils l´aiment bien le pouvoir, le leur à ne pas en douter, mais certainement pas celui des prolétaires, c´est-à-dire de ceux qui ne possèdent pour toute richesse que leurs enfants, qui forment pourtant l’immense majorité et sont donc le peuple. Celui-ci se distingue de l´élite possédante qui gouverne pour elle-même dans nos démocraties et que l´on qualifiera de bourgeoises mais que les bourgeois ne qualifieront jamais : c´est leur démocratie à eux, et il serait vraiment dangereux de laisser croire au peuple qu´une démocratie pourrait être autre que bourgeoise en la qualifiant comme telle.

Bourgeoisie

Je précise de suite, pour les bourgeois en recherche permanente de réfutations par des "raisonnements" en boucle sur l´Histoire décrite et analysée par eux-mêmes, que l´on entend par richesse les moyens qui permettent de s´enrichir. De s´enrichir encore et encore plus par l´appropriation du travail des autres grâce à un capital initial, que celui-ci ait été obtenu par héritage, par vol ou pillage et jamais plus par sa propre force de travail. Pour les démocrates, les catégories marxistes ne valent rien, puisqu´elles sont marxistes et servent à expliquer rationnellement les contradictions antagonistes de classes dont ils ne veulent pas entendre parler. Ils feront n´importent quelles circonvolutions rhétoriques pour éviter d´utiliser pertinemment les définitions marxistes afin de mieux en dévoyer leurs sens. "On sait ce que cela a donné", diront-ils en chœur dans le meilleur des cas à ceux qui osent blasphémer. Et dans les autres, de vous jeter à la face du Pol Pot, du 100 000 000 de morts, du goulag et autres affirmations plus idiotes que tautologiques. Les démocrates ont des raisonnements implacables et n´usent jamais de la langue de bois. Ils usent et abusent des clichés imposés par centaines d´années de propagandes anticommunistes, qui ne sont en fait que de la rhétorique trompeuse acceptée comme joker justifiant l´égoïsme refoulé de gens qui se sentent privilégiés sous le capitalisme occidental. La pensée marxiste motivée par une éthique, celle de la justice sociale, est le véritable semeur de conscience qu´ils redoutent, comme le Vatican qui y voit à juste titre une conception globale du monde, concurrente de la sienne, très sérieuse, scientifique, bâtie sur la connaissance accumulée et non sur l´ignorance crasse. Les démocrates sont donc des petits-bourgeois qui ne pensent que pour la pérennité du capitalisme dont ils essaient à coups de rhétoriques hypocrites de substituer l´appellation à celle de "démocratie", mais sans le dire explicitement afin qu´elle paraisse naturelle, comme venant de soi. Encore quelques années, quelques guerres "pour la démocratie" et la substitution sera entrée dans les esprits, sanctifiée en quelque sorte, et ceux qui s´y opposeront seront des blasphémateurs, des révisionnistes, voire des négationnistes puis des "suppôts des terroristes" qu’il faudra enfermer dans des goulags, pardon, des Guantanamos.

Blasphèmes

Dès lors, quiconque propose la nationalisation des grands moyens de production, de financement et de distribution comme solution à la crise, ne peut être un démocrate car minant le principe du capitalisme, c´est-à-dire de la démocratie. Pourvu que cela dure. Voilà leur doctrine en mal de conscience ; c´est ce qui ressort de la lecture de leurs tentatives vaines de s´en donner une bonne, tant ils font preuve d’un antimarxisme patent en évitant ostensiblement de s´y référer, mais, au mieux inconsciemment, pour sauver le capitalisme d´un effondrement bien réel qui ne peut qu’aboutir à son maintien par un système de gouvernement fasciste occidental sur le reste du monde, par la guerre impériale occidentale dirigée par les Etats-Unis. "Socialisme ou barbarie", disait déjà Rosa Luxemburg. Puisque assassinée par la bourgeoisie de son époque après la première guerre impérialiste capitaliste bourgeoise, elle n´a pas connu la barbarie qu´elle pronostiqua et qui ne fut rien d´autre que le fascisme qui s’ensuivit et qui visait, impulsé par la haute bourgeoisie française et anglo-saxonne, le socialisme naissant et dur à cuire en URSS qui venait de résister à la guerre civile. Le fascisme occidental s´installait pour éviter la solution socialiste des Spartakistes à la première grande crise capitaliste et pour renverser l´URSS. Ce que comprirent Staline et les communistes de l’internationale qui s´alignèrent sur Staline pour la survie de l’URSS. Le fascisme est un système de gouvernement capitaliste, comme nos démocrates oublient systématiquement de le préciser. Ils préfèrent l’appeler système totalitaire pour y englober dans l´opprobre le socialisme qui pour eux ne peut qu’être totalitaire par nature, pas comme le capitalisme.

Questionnement éthique :

1. Quelles peuvent être les causes d’une résurgence aussi vivace, aussi dynamique, aussi exacerbée d’un communisme aussi radical plusieurs années après son effondrement en même temps que celui du mur de Berlin et quelques années avant le renouveau du trotskisme incarné en France par des personnages charismatiques comme Olivier Besancenot tiré par les ficelles de son ancien chef, Krivine ?

2. Quelles sont les raisons pour lesquelles l’auteur de cet article s’acharne à donner le coup de grâce à un capitalisme actuellement moribond, sous réserve de lui redonner vie par des mesures partiellement dérivées d’une intrusion de l’état vigoureuse ponctuellement nécessaire pour redresser une situation catastrophique ?

3. Comment peut-on concevoir qu’une personne capable de rédiger un article aussi intéressant, bien que partisan et sectaire, se laisse aller à rêver de la renaissance d’un régime totalitaire incarné par des personnages aussi dangereux et imprévisibles que l’étaient les gérontocrates alignés comme un jeu de quille sur le balcon du Kremlin pour assister aux grandes fêtes de l’Internationale communiste ?

4. Cet écrit a été sélectionné par notre équipe pour mettre en exergue les outrances d’une idéologie surannée et dépassée qui avait pourtant attiré autrefois des esprits aussi aiguisés que Sartre, Gide, Althusser. Comment se sont-ils laissé prendre dans les mailles du filet de cette idéologie qui a puisé dans une base philosophique ?