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Une histoire écrite sur la neige et le sable

Cavalerie polonaise, chars de Rommel en Cyrénaïque contre Montgomery et Eisenhower

Chavaux contre tanks

vendredi 25 mars 2011, par Picospin

Les informations circulent à une vitesse vertigineuse sans que l’on soit en mesure de saisir les détails des phénomènes qui se passent devant nos yeux et dont l’interprétation est de moins en moins aisée à mesure que se développent les interventions stratégiques destinées à clarifier une situation fort complexe au sein de laquelle les intérêts divergent, les mots perdent leur sens et leur rationalité et les hommes leur espérance.

Notre Président devenu sauveur

Une chose est certaine et particulièrement bien visible et lisible : le camp des « révolutionnaires » attache beaucoup d’importance à la personne de notre Président de la République si bien qu’on se demande si dans son intérêt personnel, il ne ferait pas mieux de se présenter à l’élection du remplaçant ou successeur de Kadhafi que de trainer dans de tristes scrutins nationaux pour grappiller quelques points dans des élections cantonales devenues obsolètes dans un monde qui en a oublié le rôle sinon même l’existence. La situation est certes complexe dans le sens où les divergences sont si nombreuses, les intérêts si divers que peu comprennent le sens de l’intervention et plus encore l’empressement à l’organiser pour les uns, s’y résoudre pour les autres. Cette difficulté à cerner les véritables problèmes est ressentie avec une acuité renouvelée chaque jour qui passe dans cette guerre qui en réjouit certains et en afflige d’autres.

Tout cela est de la faute des Allemands

On a même vu notre Ministre des Affaires étrangères N°1 fulminer contre ses ex partenaires allemands pour ne pas s’être engagés plus rapidement et plus fermement dans un acte guerrier qui les terrorise. On comprend pourquoi. Ils ont reçu tellement de coups depuis plus de 60 ans de la part des « Alliés » quels qu’ils soient pour se méfier de toute initiative hostile trop rapidement engagée à l’instar du « Blitzkrieg » cette guerre éclair voulue et inventée par Hitler pour mettre des peuples à genou devant les forces impitoyables de Wehrmacht et des troupes SS spécialement entrainées à anéantir toute résistance adverse, surtout la plus faible, la plus fragile et la moins capable de se défendre. Ce furent les cavaliers polonais n’ayant que des chevaux à opposer aux hordes nazies lors de l’invasion éclair de la Pologne.

Cavalerie polonaise

Des cavaliers polonais, sabre au clair, qui chargent à toute allure les chars allemands au début de la Seconde guerre mondiale : cette image de Polonais, désespérés et idéalistes, s’attaquant aux envahisseurs nazis super puissants est un mythe, disent certains experts. Comme nombre de légendes, celle-ci a été bâtie sur une histoire réelle. Le 1er septembre 1939, le premier jour de l’offensive nazie contre la Pologne, environ 250 cavaliers polonais ont attaqué l’infanterie allemande à Krojanty. Mais après avoir réussi à disperser l’ennemi, ils ont été surpris par des blindés allemands émergeant d’un bois. Plusieurs dizaines de soldats et de chevaux ont péri. Arrivés peu après sur le champ de bataille, des journalistes allemands et italiens ont saisi l’image de corps de cavaliers et de chevaux abattus en face de deux chars allemands. Cet épisode a été utilisé par la propagande allemande pour preuve de la faiblesse de l’armée polonaise et de l’incapacité des Polonais à mesurer la force de la Wehrmacht. La cavalerie polonaise n’aurait jamais attaqué les chars allemands.

Pégase ou le le mythe des chevaux

Le rôle des chevaux pendant la guerre est loin d’être mythique. En 1939, la Pologne disposait de 320 000 cavaliers mais les chevaux servaient surtout à transporter les troupes. La cavalerie était formée et utilisée comme une infanterie à cheval. Les cavaliers n’étaient pas censés se battre à cheval. Ils en descendaient avant de se lancer dans la bataille ». A l’est, il n’y avait pas de bonnes routes », les chevaux étaient bien adaptés à ces terrains sablonneux. On l’a vu lors des batailles de la guerre polono-soviétique de 1919-1921. Plus tard, la Wehrmacht et l’Armée rouge ont utilisé le cheval après l’invasion allemande de l’URSS en 1941. Où l’on retrouve les chevaux allemands transformés, métamorphosés en chars dans le corps d’élite renommé Afrikakorps, justement dans le désert de Libye plusieurs années après l’aventure mythique de l’armée polonaise. La Deutsches Afrikakorps était le quartier général commandant les divisions allemandes de panzers dans le désert de Libye et d’Égypte occidentale.

Soutien demandé

La DAK fut formée le 19 février 1941 après la décision d’envoyer un corps expéditionnaire en Libye pour soutenir les troupes de Mussolini. Les Italiens étaient bloqués par la contre-offensive du VIIIe corps d’armée britannique, contre-offensive appelée Opération Compass. Le corps expéditionnaire allemand était commandé par le Général Erwin Rommel et avait à l’origine pour seule mission de reconquérir la Cyrénaïque et la Libye. La DAK n’a jamais été accusé de crime de guerre. Lors de l’offensive alliée d’El-Alamein du 23 octobre 1942, les Alliés renforcés peuvent compter sur 1 200 chars, alors que les forces de l’Axe ne disposent plus que d’environ 500 chars allemands et italiens. Les renforts arrivant difficilement, le manque de matériel s’accompagne d’un manque de carburant, de soutien aérien et d’artillerie. Quand la DAK arriva en Libye, le maréchal italien Rodolfo Graziani venait de perdre la Cyrénaïque après une tentative d’invasion de l’Égypte qui a rapidement tourné à la déroute. Rommel réussit à reconquérir le terrain perdu jusqu’à Marsa Matruh (Masah Matrouh), qui se situe à 200 km d’Alexandrie. En juin 1942, il atteignit El-Alamein qu’il perdit le en novembre 1942. En décembre 1942, le maréchal anglais Montgomery s’empara définitivement de Tobrouk.

Montgomery à Tobrouk

Par la suite, le front se déplaça en Tunisie où Rommel gagna le combat de Kasserine face aux Américains du général Dwight David Eisenhower. Ces épisodes de la 2è guerre mondiale sont infiniment plus simples à comprendre que les évènements auxquels on assiste actuellement sur un front insaisissable, des mouvements chaotiques où se confondent les tirs de DCA, les mouvements des chars, les « frappes aériennes qui feraient moins de dégâts collatéraux que les forces à terre, « strictement interdites en l’absence de toute autorisation d’intervention de l’ONU et la fermeture de l’espace aérien dont les manœuvres apparaissent comme étrangement dépourvues d’effets délétères, d’après les commentaires des milieux les plus autorisés. Mais quelle est la nature de leur « autorisation » comme le bienfondé des discours sur la Libye dont la complexité s’accroit et l’entendement devient plus ardu à mesure que les paroles se fondent en un mix dont il convient de démêler les fils et les structures à mesure que de nouvelles voix s’ajoutent au débat initial pour l’obscurcir au lieu de l’éclaircir. La difficulté devient plus épaisse devant l’unanimité apparente ou réelle des forces démocratiques au sein desquelles aucune voix contraire ne se fait entendre, sous peine de nuire à l’unité de la nation, l’entente sur les mesures à prendre, abattre l’ennemi diabolisé aujourd’hui à Benghazi, sanctifié hier à l’Elysée labouré par les pattes impressionnantes des éléphants du"tyran sanguinaire" autrefois caressé dans le sens des poils par ce que l’autorité compte de plus autorisé et rapidement sanctifié.

Pourquoi es-tu venu à Benghazi ?

On peut se demander ce que la France est venue faire dans cette galère d’autant plus qu’elle s’est voulue, sous l’influence d’un Président toujours hyperactif et d’un Ministre content de quitter sa province pour reprendre une partie des rênes du pouvoir à Paris après une longue période de silence forcé pour aider au combat des rebelles inexpérimentés et peu soutenus par leurs propres amitiés de sang, de culture sinon de religion. Peut-être rien de particulier ou une manoeuvre capable de cacher des gestes autrefois inconsidérés et sujets à regret ?

Questionnement éthique :

1. Faut-il considérer comme un devoir le partage de la terre et les obligations d’hospitalité comme un devoir qui relèverait d’un choix éthique qui peut être fondé sur un fondement religieux, imposé dans la Constitution d’un état ou situé au niveau de l’humanité considérée dans l’orbite d’une morale ?

2. Peut-on accepter la position aristotélicienne selon laquelle pour qu’il y ait quelque chose comme le Politique, il faut qu’il soit partout mais qu’in ne soit pas tout ?

3. Quel rôle joue dans le postmodernisme la question de la sécularisation qui est prise par certains comme une illusion ?

4. Est-ce que c’est cette illusion qui a donné tant de poids, de force et de séduction aux idéologies totalitaires qui commencent à montrer actuellement de plus en plus de failles ?

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