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A l’écoute de soi et des autres...

Cessons de nous écouter pour prêter une oreille attentive, accueillante à l’autre

Apprécier le savoir des eutres...

lundi 10 janvier 2011, par Picospin

Tout au moins, peut-il jeter un autre regard sur un monde qui nous dépasse, dont on comprend mal ou insuffisamment le comportement, les orientations, les désirs et le tentations et qui est capable de les cacher sous les couvertures des abstractions comme celles de termes comme les finances, l’organisation sociétale, ou encore les échanges commerciaux, la dignité, le respect ou l’honneur.

Le lâcher prise

En ce cas, il vaut mieux lâcher prise que vouloir s’accrocher à tout prix à des concepts ésotériques dans un territoire investi par des manipulateurs de l’abstraction dont le seul but est de jeter la confusion parmi les capteurs des idées répandues et aussitôt saisies par les cerveaux les moins aptes à décrypter les messages répandus et diffusés. C’est à ce moment que commence le chemin de l’initiation pour un long parcours semé d’embuches et d’obstacles dont tout le monde ne sortira pas indemne. C’est dans cette mouvance, que je tente de m’initier à la pensée d’un sociologue honnête, de renom, dont le nom fait autorité dans les domaines des mouvements sociaux, antinucléaires, de la mondialisation.

A quelle distance le regard ?

Est-ce jeter un regard trop large, de trop loin et de trop haut sur un monde dont les soubresauts se prêtent mieux à l’observation de près que de loin ? Pour un sociologue doublé d’un « humanitaire », l’objectif est moins de décortiquer les mécanismes financiers, économiques ou politiques qui ont abouti à la fameuse crise dont on ne cesse de nous rabattre les oreilles que d’en établir le bilan catastrophique et en tout cas régressif caractérisé par l’augmentation du chômage, du taux de pauvreté et de l’injustice. Cette dernière se traduit par l’enrichissement spectaculaire des milieux financiers et l’appauvrissement des couches les plus misérables de la société. Cet homme c’est Alain Touraine qui officie depuis de très nombreuses années à l’EHESS où j’ai eu l’honneur de soutenir ma thèse de doctorat.

Chantre des injustices

Quand le nouveau chantre des injustices, M. Hessel, recommande de s’indigner sans apporter explications, argumentaire, pensée philosophique ou expertise comptable, M. Touraine prend les problèmes touchant les hommes à bras le corps pour en tenter l’analyse d’un expert rompu aux arcanes astucieusement préparées par ceux qui en ont dessiné le parcours pour faire trébucher les plus désarmés, les plus naïfs et les plus confiants dans la bonne volonté de gouvernements paternalistes proclamant sans cesse leur volonté de protection des faibles, de la femme et de l’orphelin. C’est le silence des victimes qui prévaut là où la pression de l’argent et de la pauvreté s’exerce au plus haut degré comme le projet de restructuration de la « City » de Londres, redoutable « machine à fric qui a ruiné les Anglais obligés maintenant de se serrer la ceinture. »

Plus d’industrie mais de la finance

Car l’Angleterre, qui n’a plus d’autre industrie que la finance, a ce fantasme qu’elle peut retrouver la richesse par la finance. Aujourd’hui, dans les pays occidentaux, si vous voulez gagner de l’argent, ne soyez pas ingénieur ni entrepreneur, soyez financier ou juriste. Les pays européens ont voulu la désindustrialisation : le travail ouvrier, c’est fini, ce sont de vieilles conneries ! Et on fait quoi ? Du jeu spéculatif. J’investis dans de bons logiciels, je fais des équations très simples. Grâce aux moyens de communication modernes, je connais en temps réel le prix du blé ou du café ici et là. Eh bien je fais, en temps réel, des transferts de blé ou de café purement fictifs. » Notre critique féroce du mode de vie de l’occident n’hésite pas à fustiger l’Europe d’avoir organisé, encouragé, opté pour un mode de vie, depuis longtemps dénoncé par des visionnaires comme Engels, Dickens ou Zola. Aujourd’hui, dans les pays occidentaux, si vous voulez gagner de l’argent, ne soyez ni ingénieur ni entrepreneur, mais financier ou juriste pour être licencié à s’investir dans le jeu spéculatif. J’investis dans de bons logiciels, je fais des équations très simples.

Transferts

Comme je connais maintenant en temps réel le prix du blé ou du café ici et là, je fais, en temps réel, des transferts de blé ou de café purement fictifs pendant que de l’autre côté syndicats, sécurité sociale, services publics, sont remplacés par l’argent, le simple argent... Les classes moyennes pensent que leur situation actuelle est due à l’augmentation des charges sociales. Leur déclassement les a conduit à privilégier un objectif purement instrumental comme la spéculation dans l’ordre économique ou la pornographie dans l’ordre privé qui se définissent par l’absence d’objectifs, en termes de normes, de valeurs, de contenu culturel.

Désarmant ?

Être désarmé en face de situations établies dont il est difficile de déloger les acteurs les plus décidés à se battre pour leur seul intérêt est une chose, trouver des alliés ailleurs en est une autre qui permet de regagner un peu de la confiance perdue dans une société de l’égocentrisme et de la disparition des forces sociales dont l’objectif avait été d’utiliser les ressources matérielles pour les transformer en formes d’organisation au service de la compassion ou de l’humanitaire plus que de la justice et de la répartition équitable des richesses. L’écologie est devenue une nouvelle force idéologique qui a du mal à se transformer en action politique pourvue de racines assez solides pour que puissent s’épanouir les fruits attendus par les thuriféraires de ce mouvement dont l’objectif serait le sauvetage de notre planète par la suppression et le nettoyage des déchets produits par l’homme sinon par certains animaux inconscients de leur action néfaste.

Questionnement éthique :

1. Comment peut-on favoriser le bien d’autrui par un acte rationnel ?

2. Est-ce que le bien premier de l’homme est le respect ou l’estime de soi ?

3. Est-ce que le corollaire de cette attitude et de ce jugement envers soi-même implique la confiance en sa propre capacité à réaliser ses intentions dans la limite de ses moyens ?

4. Est-ce que la honte est plus une émotion morale que naturelle ?