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Gigantisme : à quoi ça sert ?

Chasse, cueillette et corpulence de l’homme moderne

Pourquoi tant de muscles ?

vendredi 13 mai 2011, par Picospin

Les raisons de ces bouleversements continuent de faire l’objet de discussions passionnées par un grand nombre de savants intrigués par cette évolution de la nature des humains. Dans la grande majorité du globe, la taille, la morphologie et la longévité des êtres humains se sont modifiés de façon plus radicale et bien plus rapidement pendant les siècles précédents qu’au cours des millénaires passés.

Progrès ou recul ?

La question principale consiste à déterminer dans quelle mesure ces perfectionnements représentent réellement un progrès et si oui, quelles en sont les limites prévisibles ? Un professeur en anthropologie à Harvard intervient dans cette interrogation en ajoutant que la population mondiale a doublé depuis 1964 pour atteindre le nombre respectable de 7 milliards d’individus. Ces changements sont le reflet indiscutable de progrès dans des domaines aussi divers que l’agriculture, l’hygiène, la médecine qui tous ont profondément changé les modes d’obtention de l’énergie et leur utilisation. Comme tous les organismes, celui de l’homme a besoin de dépenser de nombreux efforts pour acquérir de l’énergie que nous transformons ensuite en croissance, conservation et reproduction. Comme bien plus d’homme qu’autrefois disposent maintenant de ressources plus abondantes en alimentation et que nous avons réduit considérablement nos dépenses énergétiques pour lutter contre les maladies et se procurer des aliments, nous disposons de plus d’énergie pour croitre et nous reproduire. Quel que soit l’usage que nous décidions de faire de notre taille plus élevée, de l’accroissement de notre longévité ou de notre corpulence l’appréciation que nous donnons à ces variations dépend grandement de l’optique avec laquelle nous la considérons.

Opinion des économistes

Pour les économistes, le progrès représente un signe plutôt favorable que défavorable si on le fait pencher vers la santé, le bien être ou les loisirs. Ce qui n’est pas nécessairement le cas si on considère ces amélioration dans le sens du progrès dans le domaine de l’évolution car il n’y a aucune signification particulière. L’évolution se produit du fait de la sélection naturelle sans aucun objectif car la nature ne juge pas et surtout n’émet pas de jugements de valeur. Il n’y a pas de raison de pavoiser sur l’idée de progrès. Le bilan des progrès n’est pas nécessairement et totalement positif. Tous ces perfectionnements ne se sont pas produits sans contrepartie. Nous devons payer très cher ces victoires sur la nature à des prix dont certains sont très élevés. En voici les raisons. Nous sommes sur cette terre depuis des centaines de générations qui se sont consacrés ou qui ont été ciblés sinon déterminés pour vivre de la chasse et de la cueillette. De ce fait, notre corps, celui dont nous avons hérité au cours des générations, sot essentiellement adaptés au style de vie propice aux activités de la cueillette et de la chasse. Ces dernières exigent beaucoup d’efforts et un régime riche en fibres et en protéines et pauvre en graisses saturées et glucose. De nos jours, nos enfants bien ou trop bien nourris ont de bonnes chances d’atteindre des tailles très élevées mais aussi un moindre risque de mourir jeune.

Trop grand ou trop gros ?

A mesure que les modes de vie s’améliorent dans la monde, cette évolution se solde aussi par un accroissement de la fréquence des obésités et des maladies inhérentes à cette pathologie, tels que le diabète, le cancer ou les cardiopathies d’origine coronarienne. Les plus optimistes d’entre nous peuvent toujours espérer que notre esprit continuellement en activité se débrouillera toujours pour trouver une solution adaptée à ces questions et ces défis comme nous avons réussi autrefois à maitriser la faim, la polio et la nécessité de travailler beaucoup avec l’énergie mobilisée par notre corps. Espérons qu’ils ont raison même si je doute fort que rien ne vaut l’expérience et le vécu de millions d’années de sélection naturelle. L’avenir du progrès au profit du corps de l’homme évalué sous un regard en provenance de critères économiques est parfaitement capable d’exiger de notre part que nous nous alimentions et que nous utilisions nos muscles comme le faisaient nos ancêtres les chasseurs dont nous avons partagé l’évolution.

Conclusions : Accord ou désaccord ?

Cette opinion n’est pas entièrement partagée par tous les lecteurs du NYT qui sont nombreux à commenter les divers aspects de ces avis. Ils montrent en tout cas que contrairement à une opinion fort répandue en France, la croyance selon laquelle les Américains restent fermement attachés à la théorie du créationnisme est manifestement exagérée si l’on en croit la totalité des commentaires qui s’appuient sur l’évolutionnisme bien plus souvent que sur le créationnisme apparemment devenu désuet contrairement à une opinion trop fortement répandue parmi la population française. Bien que la taille de la population américaine soit supérieure à celle des Européens en général et des Français en particulier, son accroissement parmi les jeunes générations est très marquée sinon aussi importante de ce côté de l’Atlantique que de l’autre. Un commentaire a été hautement recommandé par la rédaction et d’autres lecteurs : il indique que « nous n’avons pas été programmés pour vivre aussi longtemps que nous le faisons en réalité. Cette espérance de vie est surtout artificielle si l’on tient compte des anomalies physiologiques et psychologiques qui surviennent après avoir atteint cet âge. La raison en incombe grandement à la prolifération de nos succès matériels ».

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