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Chassez l’histoire elle revient à grands pas

samedi 21 août 2010, par Picospin

Dans sa résolution, le Parlement constatait que les Roms, première minorité ethnique d’Europe (environ 10 millions), sont victimes, outre les violences de « pauvreté », d’« exclusion sociale », de « ghettoïsation patente », d’« expulsions forcées » et de « conditions de vie déplorables et insalubres ». Il a réclamé à la Commission « un plan détaillé d’action pour l’intégration des Roms ».

Discriminations

Cette action spécifique se justifiait par la gravité des discriminations dont souffrent les Roms et par la spécificité des populations concernées. Les Roms font « traditionnellement partie de la société de nombreux pays européens et y ont apporté leur contribution ». Ils ne sont pas des étrangers en Europe et leur cas ne saurait être inclus dans les politiques européennes d’immigration. Considérant que l’UE disposait des outils, législatifs et financiers, pour agir en faveur des Roms, la Commission européenne a préconisé de les rendre plus efficaces grâce à une meilleure coordination ainsi qu’à une utilisation plus efficace de l’argent. Quatre domaines d’action prioritaire ont été identifiés : l’éducation, l’emploi, la santé et l’habitat. Puisant dans les fonds structurels de l’Union européenne, des actions ont ainsi été menées pour améliorer l’éducation de la petite enfance, l’accès au microcrédit et la sensibilisation du public aux discriminations subies par les Roms. Afin d’évaluer les résultats de cette politique, la Commission a prévu d’organiser des « sommets Roms » tous les deux ans, rassemblant les représentants de l’UE, des gouvernements nationaux et des organisations de la société civile de toute l’Europe.

Des sommets

Le deuxième de ces sommets a été l’occasion d’un bilan des deux années d’action. Bien que des « progrès significatifs » aient été réalisés, la Commission a reconnu qu’ils l’ont surtout été au niveau de la prise de conscience des États. La « situation concrète » des communautés Roms, en revanche, n’a de son propre aveu guère évolué. Reste à savoir si ce sont les politiques mises en place qui sont inefficaces ou si, comme l’avance le président roumain, la faute incombe à certains États en particulier. En France comme de l’étranger, les critiques continuent contre la nouvelle politique française à l’égard des Roms. À la veille de l’expulsion prévue de 79 Roms vers la Roumanie et la Bulgarie, la légalité de la procédure suscite en particulier un concert de réserves. La Commission européenne a ainsi rappelé mercredi à la France qu’elle « doit respecter les règles » concernant la liberté de circulation des citoyens européens. Son porte-parole, a reconnu que les États européens avaient la possibilité de la restreindre à certaines conditions, mais il a averti que la Commission suivrait la situation « très attentivement » pour vérifier si toutes se passent conformément au droit européen.

Réserves à Bruxelles et à l’ONU

Les réserves de Bruxelles font écho à celles exprimées la semaine dernière par l’ONU, et plus récemment en Bulgarie et en Roumanie, deux pays directement concernés par les expulsions de Roms. Le ministre roumain des Affaires étrangères qui s’est inquiété mercredi des « risques de dérapage populiste » et de « réactions xénophobes », « espère » que la légalité sera respectée pour chacune des « expulsions ». En Bulgarie, un journal d’opposition a pour sa part estimé que Sofia et Bucarest n’ont aucun moyen d’empêcher les Roms de circuler en Europe, sauf « par un retour du communisme avec l’exigence de visas de sortie ». A titre de comparaison, un article récemment publié note et rappelle que le Président Obama vient de dégager 600 millions de dollars pour déployer 1500 hommes supplémentaires à la frontière avec le Mexique. Est-ce que cette information sous-entend que la France pourrait faire de même le long de ses frontières avec les immigrants candidats d’un franchissement des frontières en masse à travers une frontière imaginaire située quelque part entre l’hexagone et la Roumanie ?. Faut-il inciter les géopoliticiens à revoir leur manuel de géographie avant de se décider à émettre une opinion quelconque sur la surveillance des frontières entre pays voisins ?

Frontières, limites

En ce cas, ne pourrait-on demander aux élèves de CM1 de bien vouloir dessiner cette limite théorique entre des nations européennes et leur position réelle sur la carte de l’Europe ? Ne pourrait-on s’apercevoir que les limites entre les États-Unis et le Mexique ne présentent pas tout à fait la même configuration que celles existant (sans doute virtuellement …) entre la France et la Roumanie et encore moins entre le territoire entourant l’aéroport de Paris et celui de Bucarest. Il parait que lors d’un récent passage du Président de la République sur le sol américain, il ne s’est pas fait faute – et cela à juste titre – de rappeler à ceux qui n’auraient pas une connaissance exacte de la situation sanitaire que « vu d’Europe, quand on voit les débats américains sur la réforme de la santé, on a du mal à y croire ». Et Sarkozy d’enfoncer la clou « Excusez-moi mais, nous, ça ne fait jamais que cinquante ans qu’on a résolu le problème ! »

De Gaulle avant Sarkozy

Ce que voulait affirmer ainsi haut et fort M. Sarkozy c’est que les réformes qu’il avait promis de réaliser avaient déjà été réalisées avant la date de sa naissance par un dénommé de Gaulle qui venait de libérer la France et qui dans la foulée voulait la conduire avec honneur dans une nouvelle ère après la période pénible de l’occupation au cours de laquelle la régression des institutions et des lois sociales l’avait largement emporté sur la marche en avant d’une République torpillée par la défaite et sur laquelle s’acharnaient les vautours qui voulaient la dépecer à jamais devant l’histoire. L’incident a pris une autre tournure avec l’intervention d’articles du New York Times qui n’hésita pas à écrire que la France mène une politique xénophobe à des fins électoralistes. L’histoire revient à grands pas si l’on en croit les déclarations de certains élus de la majorité, réfutant le terme de « rafles », utilisé par le député UMP Jean-Pierre Grand, proche de Dominique de Villepin. « J’aimerais beaucoup que le vocabulaire spécifique de la Seconde Guerre mondiale, avec ce qui a été son atrocité - l’extermination industrielle, systématique des Juifs et des Tsiganes - ne soit pas utilisé », a-t-il réclamé.