Références anatomiques
En réalité, sans préparation, ils vont à la recherche des points de référence, ceux qui sont susceptibles de les guider dans leur recherche des lésions à détruire, des éléments à découper, tout en s’efforçant de respecter les structures indispensables au maintien de la vie. Sont-ils situés de la même manière chez tous les patients ? N’y a-t-il pas une différence dans la topographie des structures anatomiques entre un obèse mesurant près de 2 mètres et une fille fluette, aux bords de l’anorexie et qui atteint péniblement 1,5 m. Toutes ces particularités n’ont pas toujours été correctement prises en compte dans le passé au moment où l’imagerie médicale était encore imprécise, sinon inexistante et où les interventions étaient pratiquées sans répétition, sans entraînement, sans repérage anatomique préalable. C’est à ces insuffisances que vise à
s’attaquer une nouvelle branche des interventions sur l’homme. Il s’agit de l’utilisation de la robotique dans le cadre des gestes pratiqués en chirurgie, dans ceux appelés maintenant, selon la dénomination américaine, chirurgie a minima, peu invasive ou pratiques interventionnelles. Ces dernières utilisent des instruments miniaturisés que l’on peut manipuler sous guidage et surveillance visuels.
Déléguer à la robotique ?
La question posée est de déterminer si les bons médecins cherchent vraiment à confier leurs gestes les plus délicats et les plus risqués à des robots dirigés à partir d’une console de numérisation ? Déjà, de nombreux urologues considèrent que le fait de manipuler de minuscules objets sans aucun tremblement, avec une précision maximale, offre au patient une bien meilleure chance de guérison, d’efficacité, de sécurité et de convalescence. Il y a une vingtaine d’années, on commençait tout juste à discuter sur le rôle éventuel de la robotique en médecine. Maintenant, cette instrumentation affiche une croissance impressionnante. Cette évolution inattendue et explosive n’empêche pas les investisseurs d’exprimer une certaine réticence et un certain scepticisme envers l’utilisation et les potentialités de la robotique en médecine. Ils attendent manifestement d’autres arguments prouvant que cette technique est capable d’améliorer l’évolution des malades à un coût raisonnable. Beaucoup de personnes se demandent encore si cette nouvelle technique est du ressort de la médecine
ou du commerce. Les opposants affirment que jusqu’ici, aucune preuve n’a été apportée sur sa supériorité par rapport aux méthodes de traitement classiques, d’autant plus que les établissements hospitaliers continuent de perdre beaucoup d’argent dans les investissements pratiqués dans cette direction.
Liaisons par satellites
Pourtant, au début de leurs application, elle avait fait naître beaucoup d’espoirs, même au niveau du Gouvernement américain dont d’éminents représentants n’avaient pas craint de prédire que les robots permettront à brève échéance de pratiquer des opérations avec des gestes et des résultats aussi précis que ceux obtenus par les plus grands chirurgiens du pays avec beaucoup moins de fatigue et de contraintes physiques et à partir de sites situés à grande distance du lieu de l’intervention et reliés entre eux par satellites. Des industriels ont même envisagé de faire faire des interventions chirurgicales à partir de stations techniques fort éloignées, avec l’avantage supplémentaire de pouvoir utiliser des civils pour des tâches relevant du domaine militaire. C’est en fonction de ces éléments favorables et de leur aspect visionnaire qu’une nouvelle société a été créée qui a pu montrer par la suite que les robots étaient capables de manipuler des outils chirurgicaux rigides comme les scalpels et de fermer des incisions par suture en passant par une minuscule ouverture dans la peau du patient. Les indications de la robotique se sont étendues à d’autres spécialités comme la gynécologie ou la chirurgie cardiaque.
De là, elles ont continué leur extension aux différentes formes de cathétérisme par l’introduction de sondes dans une veine ou une artère située à distance du cœur.
Une possible domination planétaire ?
C’est maintenant à une véritable compétition que se livrent les fabricants de robotique et de cathéters dans les domaines de l’urologie ou toute autre voie d’abord. Les promoteurs de ces innovations techniques sont persuadés que ces outils souples et minuscules domineront le marché mondial à mesure qu’ils seront bien acceptés par les utilisateurs potentiels et à condition que ces derniers reçoivent une formation appropriée pour apprendre à s’en servir correctement. Cette étape ne devrait pas se faire
attendre en raison de la qualité des services que cette innovation technologiques est capable d’apporter à tous les professionnels de la santé dont l’habileté et les capacités opératoires sont variables mais dont les moins doués et les moins performants pourraient tirer un grand profit.
Questionnement éthique :
1. Quelles sont les questions que les inventeurs de nouvelles technologies pour l’homme doivent se poser avant de les appliquer ?
2. Comment organiser un projet éthique au moment où Prométhée se déchaîne, si le malaise autour de la terre s’accroît et si nous somme voués à l’impuissance ou aux excès de la puissance ?
3. Comment l’homme sage doit-il considérer la prolongation de la vie et la mort comme source d’énergie ?
4. En fonction de quel modèle, est-on habilité à dessiner la responsabilité contemporaine ?
