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Nuances et complexité...

Circulation en eaux troubles

difficiles à saisir pour certains ?

vendredi 8 juin 2012, par Picospin

Les journalistes ne se sont-ils pas aperçus que le rapport des forces vient de changer ? Il y a quelques mois seulement, ils pouvaient se laisser aller à toutes les outrances, les critiques les plus méprisantes et les plus simplistes à l’écart de membres du gouvernement, d’autorités et d’institutions qui auraient du être respectables mais jamais n’ont été respectés faute de disposer des moyens intellectuels, éthiques et cognitifs pour les assumer et rappeler la nécessité de naviguer entre la critique constructive et l’humour intelligent plus qu’entre des rives noyées entre lesquelles coule une eau tourbe et opaque.

Maintenant, ils ont affaire à des gouvernants qui en savent infiniment plus qu’eux pour avoir reçu, pendant des années, une formation d’excellence dont s’enorgueillit le pays et dont il est désormais permis, sinon encouragé à se servir pour mettre en exécution des idéaux d’excellence, de gouvernance et de gestion rigoureuse, honnête et astucieuse des affaires de l’Etat. Le temps est fini des imitations concernant des épaules agitées plus que des cerveaux en ébullition, des spasmes inutiles plus que des initiatives habiles, des mouvements d’approche manuelle plutôt que des échanges référés aux inventions des hommes et des femmes du passé chez lesquels toujours la culture et la réflexion l’emportait sur des mots qui se voulaient d’esprit et qui n’avaient été que ramassés dans les poubelles de l’histoire. Il ne reste plus qu’aux professionnels qu’à déclencher nerveusement un rire qui tombe à contresens, à se gausser d’une vitesse excessive sur les axes de la République française en oubliant que de nouvelles orientations avaient été données qui cherchaient à rétablir des lois républicaines et non à perpétuer des mœurs de cow-boys imités des médiocres pellicules projetées en séances privées au titre d’un cinéma de pacotille. C’est oublier que l’être humain circule sans interruption entre des pôles qu’il cherche à développer en excellence et que la vie n’est pas faite de défilés au pas de l’oie ni de démonstrations de force ou d’injures mais de négociations et de ce que le philosophe allemand Hans Habermas appelle l’art de la discussion. Il est vrai que pour le lire et le connaître, il vaut mieux avoir quelques notions de langues étrangères, dont les locuteurs sont rares et difficiles à dénicher dans un pays réduit au monolinguisme et encore dispensé avec parcimonie, lourdeur, sans élégance ni fantaisie. Il est vrai que les responsables de l’éducation nationale, à quelques exceptions près, avaient été précédemment sélectionnés plus en fonction de leur position commerciale qu’en accord et référence avec leur expérience de la pédagogie, de la formation didactique ou des années passées dans l’enseignement en dehors des effluves et arômes des parfums et de la teinture capillaire. Ces sentiers s’empruntaient en dehors de ceux menant à la didactique, à la pédagogie, à l’étude des questions posées par l’enseignement et l’acquisition des connaissances dans les différentes disciplines scolaires. C’est pourquoi ont été édifiés des avenues du savoir, développées depuis le début des années 70, des didactiques des mathématiques, des sciences, du français, des langues, et autres routes départementales dont on ne peut que regretter la rareté, l’insuffisance, l’absence de diversité et la difficulté d’accès à certaines catégories de routiers. La didactique se différencie de la pédagogie par le rôle central des contenus disciplinaires et par sa dimension épistémologique, la nature des connaissances à enseigner. À ses débuts, ce sont des spécialistes de chacune des disciplines qui se sont chargés d’initier des recherches dans ce domaine. Des rapprochements ont eu lieu plus tard avec les sciences de l’éducation, qui ont été favorisés par la structure de l’Institut National de Recherche Pédagogique qui a un département de didactique des disciplines, et la création des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM). C’est ainsi que des physiciens, des biologistes ont pu devenir enseignants-chercheurs en sciences de l’éducation, tout en menant des travaux de didactique de leur discipline. Heureusement qu’il en est ainsi, malheureusement, quelques-uns de ces postes sont occupés par des adhérents des dispositifs claniques plus que par de véritables experts en connaissance des sciences de l’éducation.