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Que s’est-il passé ?

Clarifications sur les obscurités ivoiriennes

Massacres en séries ?

mercredi 13 avril 2011, par Picospin

Cet épisode a mis fin à 4 mois d’attente avant la solution des problèmes qui se sont terminés par la mort de centaines de personnes et la reprise de la guerre civile. Avec des hélicoptères au-dessus de sa tête, M. Gbagbo s’est rendu aux forces armées de son rival au moment où elles ont envahi sa résidence privée à Abidjan, capitale commerciale du pays, en dépêchant son chef d’état major auprès du vainqueur pour lui signifier sa défaite.

Passivité ?

Les officiels français ont immédiatement fait état de la situation de leurs forces qui s’étaient contenté de patrouiller dans les rues à bord de véhicules blindés sans jouer aucun rôle direct dans cette arrestation. Par cette déclaration, on a tenté de d’éviter toute accusation concernant une intervention militaire pour remplacer un leader africain par un autre. Cette allusion était destinée à écarter toute reprise historique d’associations plus anciennes concernant le rôle de la France dans l’histoire coloniale de l’Afrique. Ces suspicions ont incité des membres de l’opposition en France à exiger des éclaircissements sur le rôle joué par la France en Côte d’Ivoire, qui comme on le sait est une ancienne colonie française. Ce qui me gêne dans cette histoire, a déclaré Roland Dumas, l’avocat qui avait défendu Gbagbo, c’est la tentative imaginée par le gouvernement pour raconter au peuple une histoire dépourvue de toute signification. En réalité, l’armée française a livré Gbagbo à son ennemi et de plus l’a amené dans la demeure de ce dernier comme on le faisait aux temps anciens, disons dans l’antiquité.

Pas de soldats

Cette déclaration a entrainé la réplique du Ministre de la Défense, qui s’est empressé d’affirmer qu’aucun soldat n’avait pénétré dans la résidence où Gbagbo avait été capturé. Et de continuer en niant toute intervention de « façon coloniale », déclaration qui trouvera rapidement son épilogue par le retrait des force françaises jusqu’à atteindre une petite unité de quelques centaines d’hommes. Pour venir au secours du discours de son Ministre de la défense, le Premier Ministre Fillon a confirmé que si personne n’avait participé en aucune manière à l’arrestation, des hommes avaient cependant été disposées autour de la résidence pour permettre aux « forces républicaines » d’avancer jusqu’au point stratégique convoité. Pendant des mois, le diplomatie internationale s’est empressée de persuader M. Gbagbo de se retirer en assortissant cette exigence de sanctions économiques sévères qui n’ont fait qu’appauvrir le pays sans réussir le moins du monde à le faire partir.

Nuée d’hélicoptères

Tout ce qu’on a réussi à obtenir, c’est le déploiement d’hélicoptères pour aider Gbabgo à arrêter son jeu consistant à défier la communauté internationale, chasser son rival Ouattara et prolonger la direction de la nation de 10 ans. Les Nations Unies et la France s’inquiètent d’être considérées comme des pouvoirs qui outrepassent leur mandat confié par l’ONU et insistent sur le fait que leurs actions n’ont visé qu’à protéger les populations. Cette détermination n’a rien à voire avec l’assaut final perpétré contre M. Gbagbo. A l’appui de cette opinion, vient la déclaration du porte-parole de l’armée française qui affirme qu’il n’y avait pas le moindre soldat français dans la résidence. Ce qui n’empêche pas des officiels de reconnaître que les frappes de missiles ont entamé les défenses de Gbagbo, le laissant à la merci de ses ennemis pour le capturer. Cette opinion est partagée par le sous-secrétaire de l’ONU qui confirme que si les forces de frappe lourdes ont ouvert la voie à la reddition du prisonnier, il n’y eut pas la moindre coordination entre les forces de l’ONU et celles de Ouattara qui toutes deux n’étaient mobilisés que pour protéger la population civile.

Un concert...de louanges

A ce concert de louanges, vinrent s’ajouter celles d’Obama et de l’ONU pour se réjouir de l’issue favorable de cette aventure qui n’aurait jamais du survenir. Cette opinion ne met pas nécessairement un terme au conflit qui a déclenché la fureur des supporters de Gbagbo qui avaient accueilli favorablement ses positions anti occidentales. Maintenant, ils ont encore plus de raisons de voire en Ouattara une élection illégitime dont on considère qu’il a été soutenu par une intervention étrangère. Pire, il est accusé d’avoir massacré des centaines de civils pendant leur fuite à travers le pays ce qui affaiblit sa réputation de moralisateur. Pendant ce temps, M. Ouattara se réjouit qu’une page pénible venait d’être tournée ce qui n’empêchera pas d’intenter un procès à son rival, son épouse et tous ses accompagnants, tout en garantissant un traitement digne et le respect de leur dignité.

Respect et dignité

« Tout sentiment de vengeance, de tentative de violence devra être contenu » contre un homme politique qui pour le moment s’est contenté de disparaître aux environs de la station balnéaire où s’est arrêtée sa carrière.

Ce scénario a-t-il été bien joué par les organisateurs et participants à ce jeu militaro-politique, coloré d’une mémoire colonisatrice qui semble avoir reçu les bénédictions du monde occidental, peut-être en souvenir des bienfaits que sa culture avait apporté en son temps à certaines communautés africaines avant qu’une autre culture, l’asiatique par la voie de la Chine ne vienne se mêler d’une « ingérence » commerciale et technique dans l’économie d’une Afrique dont les richesses sont apportée de qui voudra bien les exploiter à son profit