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Cœur artificiel de France

dimanche 22 décembre 2013, par Picospin

S’agissant d’informations d’ordre médical, on ne saurait traiter autrement ces deux nouvelles parues simultanément et de donner la priorité à celle qui s’adresse véritablement à la santé publique, en nombre de victimes.

La peste ou le choléra ?

C’est naturellement la seconde qui domine la première ce qui ne veut nullement dire que cette dernière est dépourvue d’importance. Sans doute à un degré moindre que la première qui pourra dans l’avenir sauver des vies humaines même si des progrès importants doivent être réalisés dans les domaines des compatibilités biologiques, des incidents ou accidents thrombo-emboliques ou, à l’inverse, hémorragiques. Si vous lisez attentivement la presse, vous y détecterez un certain nombre d’inexactitudes. En premier lieu l’annonce qu’il s’agit « du premier cœur artificiel implanté sur l’homme » alors que chez l’homme correspondrait à une formulation plus correcte. On s’empresse d’ajouter que le malade a reçu une « prothèse française » qui présente la particularité d’être suivie par d’autres procédures du même type ailleurs qu’en France c’est à dire en Arabie saoudite, Slovénie, Pologne et Belgique.

A l’étranger

Certains commentateurs se demandent quelle est la raison de cette diffusion à l’étranger comme si le système était considéré comme insuffisamment fiable pour être utilisé dans le pays où sa conception a été élaborée, réalisée et perfectionnée. On lit par ailleurs que la recherche sur ce type d’assistance cardiaque ne date pas d’hier mais de plus de 25 ans. Ce qui suggère bien la difficulté de sa mise au point pour éviter les complications recensées et dont la maitrise n’est pas encore accomplie, malgré la mise en route de deux types de prothèse, la première étant conceptualisée selon la base de la physiologie c’est à dire le mode pulsé de la circulation sanguine, la seconde l’étant sur le mode continu qui génère moins de turbulences et exige une performance mécanique moins sophistiquée. Quelles sont les chances que le prototype à l’essai parvienne à satisfaire les exigences d’efficacité et surtout de sécurité attendues des performances d’une telle machine destinée à remplacer l’activité cardiaque au pied levé au cours de toutes les catégories de services demandées au cœur, machine centrale de l’organisme sans laquelle ni l’esprit, ni la motricité ne sauraient être mises en branle pour coordonner les actes programmées par les intentions élaborées, conçues par le cerveau.

Une vieille histoire

Les prévisions économiques amorcées par les fabricants de cet appareil sont tellement optimistes qu’elles mériteraient d’être revues à la baisse à moins d’admettre que la facilité d’implantation, préalable à un programme d’utilisation à très large échelle serait telle et les résultats si favorables que la demande de la clientèle exploserait. Dans cette hypothèse, les indications de remplacement du cœur naturel par son clone mécanique augmenteraient de façon exponentielle comme si cet acte équivaudrait d’une dent par son alter ego prothétique.

Des coeurs à la douzaine

On souhaiterait voir la population vieillissante se doter d’un cœur neuf pour le substituer à l’organe d’origine, qu’on ne s’y prendrait pas autrement à condition que cette opération s’inscrive dans une autre programmation sanitaire visant à équiper le pays par les derniers nés de la technologie française pour la hisser au haut du mât du génie français.