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Les parchutistes dorés ont atterri

Colères présidentielles

Sur quel terrain ?

lundi 30 mars 2009, par Picospin

Après quoi, tout le monde regagnait son domicile, embrassait sa femme et ses enfants puis allait se coucher pour se reposer d’une journée particulièrement fatigante, passée à tuer en série en attendant le retour de l’aube.

Un coup d’aile

On avait reproché au Président son bref coup d’aile à bord de l’avion de la présidence qui était tombé en panne ce qui avait obligé cette mission de changer d’appareil pur ne pas prendre de retard d’autant plus que, comme d’habitude, le calendrier était si chargé qu’aucune minute ne pouvait être perdue ou même seulement égarée. La présidence était remontée contre les profiteurs du peuple, les parachutistes dorés, au point qu’il avait retrouvé des accents historiques pour pourfendre les assassins du peuple puisqu’il s’est permis de rejouer Zola dans un rôle qui avait fait sa gloire entre temps sous le pseudonyme de « j’accuse » pour prendre la défense d’un officier français qui avait eu maille à partir avec la justice de son pays sous les dénonciations, calomnies, mensonges et insinuations de certains officiers qui y avaient perdu leur dignité, leur fiabilité et la confiance. On était déjà enfoncé dans la thématique de la moralisation, on allait continuer avec l’histoire pour se charger de la réhabilitation de Dreyfus qui n’était pour rien dans la crise financière actuelle pour des raisons chronologiques évidentes.

"J’accuse"

Pourtant, on ne craignait pas d’utiliser à nouveau le terme de "j’accuse" même si le verbe ne s’adressait plus aux mêmes personnes ni à la même cible politique, journalistique ou militaro-industrielle selon la nouvelle expression inventée par des auteurs américains pour fustiger les agissements délétères de quelques hommes politiques de ce pays considérés comme malhonnêtes et dangereux, sinon nocifs. Raison de plus pour apporter une morale chrétienne à un pays qui y était tellement attaché par ses racines, son histoire, ses traditions et ses croyances. Les victimes de cette colère qui pour une fois n’était pas divine mais venait d’aussi haut, englobées dans les quolibets de « ce n’est pas honnête, ce n’est pas responsable » entendaient sans doute cette opprobre à leur arrivée sur le sol de la République à la fin de leur lente descente en parachute d’où ils sortirent un peu fatigués et émus, mais sains et saufs.

Devoir de moralisation

C’est à ce moment qu’est arrivé, droit à la figure des assistants à toutes ces scènes, le devoir de moralisation du capitalisme, tâche gigantesque s’il en est qui risquait de faire exploser en une unique déflagration toute la dynamique concentrée dans le terme économique vieux de plusieurs centaines d’années qu’on appelle capitalisme. Ce dernier croyait être sorti de l’ornière dans laquelle l’avaient embourbé les soubresauts d’un marxisme à l’agonie qui était en train d’émettre ses derniers gasp après avoir traversé le mur de Berlin qui, pour la circonstance était devenu poreux. C’est alors que parvint aux rédactions des quotidiens du matin, les sites internet, les stations de radio et sur les écrans des téléviseurs la nouvelle extraordinaire qui n’avait encore jamais été émise c’est que le capitalisme ne peut être moralisé car tout simplement il ne contient aucune morale, mais qu’il est amoral par nature, inégalitaire, qu’il enrichit les riches et qu’il ne travaille que pour les intérêts et la satisfaction de l’égoïsme car tel est le destin de cette forme d’économie qui ne peut faire reculer éventuellement la pauvreté qu’en créant des richesses. Ces principes incitent à la réflexion dans tous les domaines entourant cette modalité des échanges commerciaux et en particulier l’éthique d’entreprise, fort à la mode depuis peu comme le suggère le succès du juste prix, et de son équilibrage par des mécanismes de compensation prenant en compte la dureté du travail, les difficultés des conditions du terrain et du climat et les clauses et dispositions du travail. La morale ne saurait en l’état actuel des choses corriger dérives et excès d’une situation qui ne peut dépendre que du droit, des états et de la politique.

Questionnement éthique :

1. La politique éthique présentée dans l’entreprise peut-elle être considérée comme une référence et un engagement envers chacun de ses membres ? Doit-elle pour cela s’engager à animer, donner du sens aux projets et à l’action et écouter les souhaits et aspirations des collaborateurs ?

2. Sous quelles conditions une restructuration proposée ou décidée par l’entreprise peut-elle être considérée comme éthique ?

3. L’énoncé de la responsabilité de l’entreprise envers son personnel résume-t-il sa conception de l’homme au travail ?

4. A quelles conditions les restructurations peuvent-elles être considérées comme éthiques ?