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Quels remèdes ?

Coliques des enfants de France

Sports et gros dodos ?

mercredi 22 septembre 2010, par Picospin

Cette raison pourrait certes être évoquée si l’on tient compte du rôle que peut jouer l’état de santé dans la performance physique et intellectuelle des enfants plus que des adultes au sein des épreuves choisies pour établir un niveau de connaissance, de réflexion, de sagesse et de critique devant une suite de données soumises à l’appréciation des enfants et adolescents confiés par les parents aux enseignants.

Abattoirs

Comment peut-on décemment envoyer à l’abattoir des concurrents au moment où ils se sentent au plus mal pour rédiger, aiguiser leur sens critique, détecter dans les textes les sens et significations éventuellement cachés ? Quel athlète de haut niveau accepterait de concourir dans ces conditions ? Cela d’autant plus qu’on leur adjoint de plus en plus souvent une « cellule de crise » ou psychologique susceptible de redresser leur moral défaillant, leur envie de vaincre coriace, leur appétit de gloire et leur joie déjà pressentie de monter sur un des trois podiums qui s’offre à leur horizon. On aime beaucoup la constitution de ces « cellules » actuellement car on place dans cette unité des espoirs qui sont à la mesure des ambitions des collectivités sinon de l’orgueil de la nation qui n’attend que cette occasion pour jouir de l’occasion unique de monter sur les plus hautes marches de ces structures qu’on appelle podiums et qui signent par leur hauteur le niveau de performance atteint par les plus forts, les plus doués, les plus travailleurs, les plus acharnés à défendre des couleurs nationales même quand cette palette ne correspond pas nécessairement à celle qui s’était dessinée sur leurs maillots au moment de leur naissance.

Compétitions

Dans la dureté des compétitions actuelles, certains états, associations, fédérations n’hésitent pas à « recruter » très largement des transfuges de nations voisines ou lointaines pour redresser le blason un peu terni de la sienne quand il s’agit de faire bonne figure parmi les meilleurs dans la discipline désignée. Est-on certain que la meilleure préparation à une performance sincèrement exprimée et accomplie serait de laisser partir à une compétition des jeunes sous pression par les exigences d’un public qui regarde le reflet de sa propre valeur dans l’équipe sensée les représenter, quelle qu’en soit la discipline. Est-on prêt en haut lieu à modifier ces traditions venues du fond de âges pour faire hisser bien haut ou trop haut le drapeau, le fanion, les couleurs dans des compétitions dont la perspective coupe les jambes et ampute les réseaux de neurones d’un bon nombre de ses éléments les plus indispensables pour assurer la circulation des neurotransmetteurs, ces substances indispensables au cheminement des idées, de l’approche des solutions, avant de poser et de se poser les « bonnes questions », celles susceptibles de conduire à la résolution des problèmes posés aux candidats sous stress.

Vitesse : pour quoi faire ?

Encore, est-il exigé de la part des « compétiteurs » de travailler vite, d’être esclave du temps, cette denrée de plus en plus précieuse qui court vite et parvient à dépasser son propriétaire. Sommes-nous propriétaires du temps, de notre temps alors qu’on impose de le gérer à la microseconde parce que le monde est de plus en plus pressé, anxieux de le voir passer sinon nos dépasser pour aller où, à quelle vitesse, vers quel destin, quelle fin ? Devons-nous nous aligner en permanence sur les records de vitesse des avions, des trains, de catamarans lancés sur des océans démontés pour franchir un cap Horn, désespéré de voir passer avec des spasmes marins et des vagues de haute altitude des monstres de technologie, pilotés par des monstres de savoir, d’habileté, d’expérience et qui n’ont certes pas le temps de contempler le moindre paysage pour peintres et photographes en goguette ? « La façon dont on raconte l’Histoire contemporaine ressemble à un grand concert où l’on présenterait d’affilée les cent trente-huit opus de Beethoven mais en jouant seulement les huit premières mesures de chacun d’eux », raconte Milan Kundera dans son éloge de la lenteur ou encore « La vitesse est la forme d’extase dont la révolution technique a fait cadeau à l’homme. »

Zeus et Prométhée

C’est ainsi que passe, inutile, sans accrocs, le temps donné à l’homme ou dérobé à Prométhée sinon Zeus par lui pour explorer l’univers, y découvrir les joies et les peines, l’amitié et la colère, la béatitude mais aussi les flammes de l’enfer dont se sont emparés prédateurs de tous bords à leur profit et à celui des futiles intérêts qu’ils croient essentiels au bonheur, cette finitude dessinée par les dieux pour conclure la vie des hommes. Attention à ne pas la manquer sous prétexte de résultats dérisoires, de vains objectifs, de sentiments de haine ou de recherche obstinée de plaisirs éphémères. Aller à l’école doit passer par un sentier de libération, de plaisir de l’amitié, de la connivence, du partage des connaissances, des sentiments plutôt que leur strict contraire. Construire des adultes responsables à partir de l’enfance n’est pas une tâche quelconque.
Responsable ou coupable ?

Responsable ou coupable

C’est au contraire une responsabilité de prise en charge de l’angoisse générée par une société de la compétition et de la concurrence. Comment peut-on ressentir le plaisir de s’ouvrir à de nouveaux thèmes s’il faut avaler des flacons entiers de calmants et tranquillisants pour être en situation de déguster les délices de l’appétit de savoir ? Mission impossible pour tout être normalement constitué. A moins d’avoir affaire à des monstres en mesure d’avaler tout crus, comme les crocodiles, des morceaux entiers d’érudition mal digérés et qui procurent lourdeurs d’estomac, cerveaux vides sinon nausées et vomissements. Le stress des enfants français serait à peine inférieur à celui des petits Japonais. A ceci près que ces derniers mangent peu et surtout du riz…

Questionnement éthique :

1. Où est la vie bonne qui représente la vie réussie, heureuse et accomplie dans ce contexte de contrainte, d’angoisse, de crainte de la punition plus que d’attente de la récompense pour soi et les autres ?

2. Faut-il pour autant obéir aux exigences de la morale indépendamment de leurs conséquences sur le bonheur ?

3. Est-ce que l’aspiration à la vertu et la poursuite du bonheur sont deux notions distinctes, voire contradictoires, ou incompatibles ?

4. Est-ce que la vie humaine est bien le cadre du bonheur et si oui, est-ce que cela implique l’exigence d’être heureux toute sa vie, une partie seulement de sa vie ou seulement un instant de sa vie ?

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