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Malthusianisme ?

Combien d’enfants et à quel prix ?

Intrusion dans la vie intime ?

mercredi 18 novembre 2009, par Picospin

Que cette nouvelle exigence des riches envers les pauvres soit susceptible de bousculer les habitudes, le mode de vie ancestral, les croyances d’une population jeune, naïve, encore inéduquée, a de quoi surprendre et interpeller tous ceux qui tentent de respecter l’être humain dans ce qu’il a de plus fondamental sinon de plus primitif et auquel on demande le sacrifice de sa descendance au profit de celle des autres, pour lesquels cette même abnégation, ce dévouement à la cause de l’homme éduqué et riche couterait plus ou moins cher que ceux de la circulation en voiture électrique, voire en vélo, fut-il a bord du veli’b, instrument si prisé dans les capitales européennes.

Idéologies ?

C’est dans cette confrontation idéologique mais parfaitement réelle que se situe un problème éthique qui n’avait jamais atteint un tel paroxysme. Il s’agit de faire une balance juste entre l’investissement dans des éoliennes, des innovations architecturales, la reconquête d’un urbanisme intelligent et le renoncement à la procréation, cette donnée fondamentale de toutes les espèces sur terre et en premier lieu celle des hominidés. Cette tendance, d’inspiration occidentale, du nom de malthusianisme, associée aux pensées de l’anglais Thomas Malthus et du Français Proudhon, à l’origine doctrine hostile à l’accroissement de la population d’un territoire ou d’un État, et préconisant la restriction volontaire de la natalité, désigne par extension toute attitude craintive devant la vie et le développement. Le malthusianisme du XIXe siècle justifia l’égoïsme des personnes et groupes favorisés par la fortune, en paraissant théoriser l’idée que les pauvres étaient responsables de leur état, et que toute entreprise en leur faveur était non seulement inopérante, mais même contraire à leurs intérêts.

Chair à canon

Les néo-malthusiens, d’inspiration libertaire, et soucieux du bien-être des larges masses, ajoutent leur refus horrifié de produire massivement de la chair à canon pour les guerres à venir et leur proclamation du droit à l’avortement, afin de permettre aux enfants désirés de vivre dans les meilleures conditions matérielles, intellectuelles et affectives. Le « comportement malthusien », se fixe sur une restriction volontaire, non seulement de procréation, mais aussi de production. Seule la procréation des familles peu sûres de pouvoir nourrir leurs enfants devait être restreinte, et ceci par une chasteté volontaire fort éloignée des méthodes anticonceptionnelles et antinatales qui seront pourtant désignées ultérieurement comme néo-malthusiennes. A l’appui de ces thèses fumeuses, on argue de l’observation du comportement animal qui, analogue à celui de l’homme, provoquerait un stress causé par la densité et qui serait la principale cause d’incidence de maladies infectieuses chez les boeufs musqués sauvages, constatation confirmée dans des expériences avec des rats, dans le zoo de Philadelphie, à l’origine d’hypertensions artérielles qui affectent les capacités reproductives, provoquent les maladies du cœur et des reins, des comportements sociaux dégènérant alors en maladies physiques avec des mâles fouisseurs qui deviennent hypersexuels, tandis que les cataniques présentent une pathologie mentale extrême.

Extrémismes

Cette vision extrême est contredite par d’autres chercheurs qui mettant en évidence les effets positifs de la croissance de la population sur la production agricole. Selon ses recherches, la croissance de la population conduit les pays en voie de développement à adapter leurs techniques agraires. La croissance de la population pousse à quitter une agriculture itinérante avec des friches de plusieurs années pour s’orienter vers une réduction des temps de friche et finalement pour une culture en continu faisant appel aux engrais et à l’irrigation. À travers l’innovation, les populations réunissent les conditions nécessaires pour une croissance supplémentaire. La boucle fermée de Malthus s’est transformée en une spirale progressant vers le haut. Plus l’agriculture est intensive, plus le temps de travail nécessaire est grand, non seulement pour une surface donnée mais aussi pour un gain donné. En conséquence, avec l’emploi de main d’œuvre supplémentaire, une limite est atteinte quand celle-ci ne peut plus être nourrie.

Maitrises de la vie

Au moment où l’homme commence à maitriser sa reproduction, à prendre conscience des difficultés et problèmes posés par la vie sur notre planète, voilà qu’on lui explique, qu’on explique aux plus faibles, aux plus démunis ce qu’ils doivent faire dans les tranches les plus intimes de leur existence au nom d’une solidarité tenant à la nourriture, au nombre de bouches à nourrir, en résumé au nom d’une logique de planification familiale, de question démographique aussi absente des rapports du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) que des négociations internationales. Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que le ton de l’appel en ait surpris plus d’un et plus d’une, car même si la Terre gagne chaque semaine 1,5 million d’habitants, les démographes conviennent aujourd’hui, après l’alarmisme des années 1960, que la population mondiale va se stabiliser en douceur et que la bombe démographique a déjà fait pschitt. Comme le déclare le coordonnateur pour la santé maternelle à l’Unfpa, "Il ne s’agit pas de réglementer le nombre de naissances, mais d’offrir un libre choix. Dans tous les pays où l’on développe l’égalité des sexes, l’éducation des filles et le planning familial, la natalité baisse durablement de six ou sept enfants par femme à seulement deux ou trois, sans coercition et sans exception."

Questionnement éthique :

1. Est-il raisonnable et éthique de demander à une partie de la population de la planète de se sacrifier à une autre qui se permet de jouir de toutes les richesses qu’offre l’univers et qui n’a guère l’intention de les partager ?

2. Comment peut-on régler l’injustice dans le monde qui consiste à tout demander aux faibles sans rien leur accorder ?

3. Qui peut régler ce problème mondial qui surgit à l’heure où l’homme se rend compte, un peu tard des ressources insuffisantes pour faire vivre correctement toute la population du globe ?

4. Est-ce le principe de précaution, mal interprété qui est à l’origine de cette conception erronée d’une terre laissée à l’abandon, sans ressources pour les générations à venir ?