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L’étau se resserre sur la couverture de santé en France

Comment améliorer le système de soins...et sa couverture financière ?

Que faire quand on est atteint par la grippe A H1N1 ?

dimanche 6 septembre 2009, par Picospin

Heureusement, cette stratégie sera développée parallèlement au débat national sur la réforme de la santé et des soins, d’autant plus qu’aucune mesure de cet ordre ne saurait être prise sans avoir recueilli auparavant les élément clés de la réforme.

Couvrir l’assurance maladie en Amérique et en France

Pendant que le gouvernement américain, sous la houlette du Président Obama, réfléchit à la manière la plus simple, la plus directe, la plus efficace d’initier une politique de santé capable de couvrir tous les besoins de la population, en France c’est plutôt l’inverse qui est soumis à la réflexion des pouvoirs publics. On cherche ici à combler le trou géant creusé dans le budget de la nation par la couverture de l’assurance maladie en augmentant le forfait journalier de l’hôpital, en diminuant les sommes remboursées pour l’achat de médicaments. Parmi ces derniers se trouvent les médicaments dits de confort dont ceux destinés à la prévention et à la suppression de la douleur. Cette catégorie n’entre peut-être pas entièrement dans la catégorie des soins de confort. Le temps est révolu où l’on expliquait au nom de principes religieux ou moraux que la souffrance était le lot naturel de l’homme vivant sur terre et qu’à ce titre il n’avait pas à se plaindre de sa douleur mais essayer seulement de la supporter avec courage et de l’éradiquer en pensant à autre chose. Il ne semble pas que les États-Unis prennent le même chemin, même si un asynchronisme important existe encore entre les avancées sociales de l’assurance maladie entre ce dernier pays et la majorité des pays européens en général et de la France en particulier.

Prévenir et guérir

Cette dernière devra être prévue en fonction des impératifs de la prévention et de l’obtention du bien-être, d’un accès universel aux soins, d’une large information sur les technologies de la santé, des changements dans l’organisation et la couverture financière des traitements et une analyse comparative de leur efficience. Il est clair d’autre part que les risques imputables aux diverses techniques pourraient être largement réduits si l’on veut bien se donner la peine d’atténuer les risques et la vulnérabilité tout en augmentant la résilience. Les gens qui sont plus fragiles que d’autres, parce qu’ils sont pauvres ou souffrent de maladies chroniques accusent les souffrances de façon disproportionnée dans presque tous les cas urgents. On ne citera comme exemples que les conséquences désastreuses pour certains du passage de l’ouragan Katrina qui ont été touchés plus que d’autres en raison de la charge que représentait pour eux le handicap de maladies chroniques car ils ne pouvaient pas être évacués en raison de la sévérité de leur état général.

Vulnérabilité et handicap

C’est ainsi que les malades obèses ont souffert plus que d’autres de cette infirmité en raison de la difficulté de leur évacuation. Pour cette raison, ces patients sont maintenant pris en charge par des organisations spéciales bien équipées pour les héberger. Si les autorités parviennent à augmenter la résilience par l’application d’un système de soins réformé, la population ne s’en portera que mieux si on applique suffisamment tôt les mesures de prévention contre l’obésité, la vaccination, la prise en compte des maladies chroniques. Ces dernières impliquent que les malades aient accès à un système de soins efficace et rapidement disponible. On peut prendre l’exemple de la pandémie de grippe A actuelle dont les voies de contamination se sont rapidement développées au Mexique car les habitants de ce pays ont perdu énormément de temps à chercher des soins, surtout parce qu’ils étaient trop chers. Cette situation ne devrait pas se renouveler si le gouvernement américain réussit à promulguer la couverture universelle des soins.

Modalités des soins

Les soins urgents doivent être disponibles pour les malades sévèrement atteints. Sans une amélioration radicale des conditions d’hospitalisation actuelle, les services d’urgence bondés et les hôpitaux inefficaces vont continuer à se battre pour finalement accueillir des patients qui souffrent d’une maladie aigue mais aussi tous ceux qui sont inquiets de ne pas avoir pu être hospitalisés mais ne sont que légèrement atteints. La grippe actuelle a montré que plus de la moitié des services d’urgence pourraient éviter d’hospitaliser les malades pour peu qu’ils puissent ou aient pu accéder à un médecin généraliste à temps. Seule une organisation de qualité serait en mesure d’augmenter le turn-over des malades, d’augmenter les capacités d’accueil pour les malades graves et de canaliser rationnellement l’afflux des blessés. Les communications sur les dossiers doivent devenir plus perméables, plus faciles à transmettre pour que les informations sur les patients ne soient ni perdues ni introuvables. Une telle mise en place, à condition d’être efficace, est capable de prévenir et de prévoir la survenue des épidémies.

Prévenir, prévoir valent mieux que guérir

C’est notamment les cas lorsque affluent de toutes parts des informations sur un grand nombre de cas recensés. Cette mise en place permet aussi de détecter plus tôt la survenue d’effets nocifs comme conséquence prévisible ou non de vaccinations, nouveaux traitements ou essais thérapeutiques. De telles informations sont impossibles à obtenir en Amérique tant que n’existera pas un système unifié favorisant les échanges de données entre établissements de diagnostic et de soins. Le succès de l’entreprise de la réforme de la santé ne saurait réussir qu’à partir du moment où les dépenses pourront être contenues et les malades « couteux » transférés plus facilement et plus rapidement vers des destinations appropriées. Dans ce carde entrent en particulier la rapidité de diffusion des informations sur les lits disponibles. Ces mesures ne serviront à rien tant que ne sera pas établie une étude comparative des techniques de soins et diagnostics en vue de sélectionner les plus efficaces et les moins couteuses. Ce n’est qu’à ces conditions que pourra devenir efficient le nouveau système de soins prévu aux États-Unis.

Questionnement éthique :

1. Depuis 1964, une loi française sur la responsabilité sans faute réserve le mécanisme de responsabilité de l’Etat aux vaccinations effectuées dans un centre agréé, bénéfice étendu depuis 1975 à toutes les hypothèses de vaccinations obligatoires. Quelles pourraient être les modalités de cette prévention au sujet de la pandémie de grippe actuelle ?

2. Au cas où des vaccins efficaces contre la grippe A seraient disponibles à brève échéance, quels devraient en être les bénéficiaires prioritaires ?

3. Peut-on considérer le médecin, et au delà, les instances administratives comme des auxiliaires de la nature qui serait une instance universelle régie par des principes immuables moins que comme un ensemble de forces en reconstitution selon des schémas temporels au cours desquels, pour prévenir et guérir, on devra intervenir au moment opportun (kairos) pour modifier le cours de la maladie.

4. Quelle est la valeur et l’efficacité pratique des "aphorismes" de la médecine hippocratique : "la vie est courte, le temps est long, l’occasion favorable (kairos), prompte à s’échapper, l’expérience trompeuse, la crise difficile à obtenir" ?